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[11 Sept - Pentagone] Effroyables expertises

mercredi 21 août 2002 par Eric Bart

L’horreur nous prend en regardant les photos des attentats du 11 Septembre mais regardons les de plus près et l’horreur pourrait encore grandir. Les photographies parlent d’elles-mêmes. Contrairement aux interprétations et autres analyses, le témoignage photographique est irréfutable.

Parmi les affirmations du livre de Thierry Meyssan [1] : "Aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone !". Les journalistes français ont fait bloc pour démentir. Des experts ont voulu expliqué pourquoi le vol 77 s’était bien écrasé sur le Pentagone. Qui a raison ?

L’histoire retiendra t-elle que le Boeing 757-200 du vol 77 s’est écrasé sur le Pentagone le 11 Septembre 2001 à 9H40 ? Elle retiendra en tous cas que la portion de façade touchée ne s’est effondrée que 30 minutes plus tard. 30 minutes pendant lesquelles des photographies ont été prises autant par des fonctionnaires que par des journalistes ou par de simples passants [2]. Après avoir bien regardé ces photos, chacun devrait admettre que très peu de débris sont visibles et que la façade est peu endommagée.

Le seul débris montré comme un morceau de l’avion présente des peintures incompatibles avec celles de la compagnie American Airlines [3]. Les autres débris visibles sont trop peu nombreux et trop petits en regard des 60 tonnes du Boeing. Certains ont dit que le métal s’était évaporé ou consumé en fumées. C’est impossible. De plus les photos montrent qu’il n’y a quasiment pas eu de feu à l’extérieur, les voitures et les tourets très proches de la façade et du point d’impact ont certes roussi mais pas disparu.

Donc l’avion est rentré entièrement dans le bâtiment. L’ensemble des photos disponibles permet de voir l’état de presque toute la façade. Aucun trou béant n’est visible. Un internaute a reconstitué la façade du Pentagone avant qu’elle ne s’effondre en reprenant les parties visibles sur différentes photos puis a ajouté un Boeing virtuel devant [4]. Le résultat est surprenant, difficile de dire par où est passé l’avion.

Ni débris, ni trou. Le bon sens nous dit qu’il est impossible qu’un avion soit passé par là. Nous verrons plus bas que l’expert François Grangier invalide aussi cette hypothèse.

Pourtant des experts ont voulu nous dire que c’était possible, nous verrons 6 théories :

  • la théorie du raccourci
  • la théorie de l’avion plombé
  • la théorie du cormoran
  • la théorie de l’angle fatal
  • la théorie de l’avion creux
  • la théorie de la pilule bleue

La théorie du raccourci

Cette théorie est la moins sérieuse. Elle est rapportée dans un entretien publié par le site Hoaxbuster :

Début de citation :
"Assertion : L’envergure du Boeing est telle (38 m) que les ailes auraient du marquer le bâtiment !

Faux :
D’après les recherches de Paul Boutin / Patrick Di Justo, cet argument repose sur le fait que l’avion se serait encastré de manière parfaitement horizontale dans le bâtiment, or, selon les témoins de la scène, ce n’est pas le cas puisque les différents témoignages rapportent que l’avion a heurté le Pentagone de biais (à environ 45°). Dès lors, la surface atteinte devient beaucoup moins importante en largeur..."
Fin de citation.

Bien sûr, Paul Boutin et Patrick Di Justo n’ont pas pu dire ça. C’est de la géométrie élémentaire, l’ombre projetée de l’avion sur la façade est plus large que l’avion lui-même : 54 mètres au lieu de 38 mètres. Dès lors, c’est le site hoaxbuster qui devient beaucoup moins important ... en valeur.

La théorie de l’avion plombé

Cette théorie a été exposée par le journal Le Monde daté du 21 mars : qui ne précise pas le nom de son expert. Ce dernier veut nous montrer que l’énergie du choc a été si grande que l’avion n’a pu que transpercer la façade du Pentagone. Pour ça, il fait le calcul de l’énergie cinétique de l’avion. L’énergie cinétique dépend de la masse (poids) de l’avion et de sa vitesse. Plus l’avion est lourd plus son énergie est grande. L’expert anonyme a donc besoin du poids de l’avion pour faire son petit calcul : "un avion de 115 tonnes chargé de 75 tonnes de kérosène" soit un total de 190 tonnes, et de sa vitesse : "560 km/h". Comme n’importe quel bachelier, ces chiffres le mènent logiquement à une énergie cinétique de 2,3 millions de kilojoules qu’il arrondi magnanimement à 2 millions.

Nous relèverons seulement que le poids maximum d’un Boeing 757-200 au décollage est de 115 tonnes. Avec ses 190 tonnes, l’avion de notre expert anonyme n’a tout simplement pas pu décoller !

(En fait, son poids à vide est de 57 840kg, transportant peu de passagers et ayant déjà beaucoup volé, on peut penser que son poids aurait du être de 80 à 90 tonnes, soit la moitié.)

La théorie du cormoran

Le même expert anonyme du journal Le Monde, nous dit que "l’avion a pénétré le Pentagone, comme une flèche (...) en perçant trois bâtiments successifs". Rappelons tout de même que cette partie du Pentagone venait d’être renforcée, notamment à l’aide de kevlar. De plus François Grangier compare plutôt l’avion à un tube de carton, ce qui parait plus approprié [5]. En tous cas, chacun comprendra qu’un avion est étudié pour fendre l’air et non des sandwichs béton-kevlar.

Mais admettons que l’avion soit comparable à une flèche, où sont passés les ailes et les moteurs ? Il n’y a pas de débris à l’extérieur, elles sont donc rentrées à l’intérieur. Comment ? Des experts nous expliquent que les ailes se sont repliées sur la carlingue. Jacques Rolland nous dit : "’les ailes’ se détachent de la carlingue et se regroupent sous l’effet de la vitesse", ce à quoi Thierry Meyssan répond : "avec l’énergie cinétique, les portions brisées des ailes se seraient portées vers l’avant et non vers l’arrière, et auraient frappé la façade" [6].

Evidemment le crash d’un Boeing 757 sur une façade en béton n’est pas comparable au plongeon d’un cormoran. Evidemment les débris n’ont pas pu s’envoler comme plumes au vent.

La théorie de l’angle fatal

Compte-rendu d’un "cours de physique" donné par Jacques Rolland, ancien général de l’armée de l’air, ancien pilote de chasse, "passant pour être le meilleur spécialiste français en accidents aéronautiques" :

Il y a deux types d’angles : les « concassants » et les « condensants » !

L’angle est « concassant » quand l’avion se crashe en rasant l’obstacle. Par exemple, lorsqu’un avion tombe au sol en maintenant un angle assez faible avec le sol (plongeon à plat). Dans ce cas, l’avion rebondit, se disloque, se concasse et les débris sont nombreux. L’angle avec l’obstacle est « concassant » lorsqu’il est inférieur à 45°.

L’angle est « condensant » quand l’avion arrive face à l’obstacle, angle allant de 45° à 90°. Jacques Rolland prend pour exemple le cas des avions de chasse tombant en piqué dans le sol. "Dans ce cas, l’engin s’écrase sur lui-même, forme un cratère et il ne reste presque aucune partie de l’avion reconnaissable, ou si peu".

Jacques Rolland évalue "l’angle du Boeing avec la pente de son point d’impact (Pentagone) à environ 80°, angle interdisant tout rebond, l’avion pénètre littéralement dans l’obstacle, qui l’absorbe en formant un cratère". CQFD.

Mais, si l’angle avec la hauteur (verticale) de la façade du Pentagone est de 80°, quel est l’angle avec la largeur de cette façade ? Beaucoup de sources rapportent que l’avion (engin) est arrivé de biais, Dick Cheney lui-même nous dit : "’L’avion’ est ensuite rapidement descendu pour venir frapper presque horizontalement et de biais, avec un angle horizontal de 45°, la façade du Pentagone" [7].

Cet angle de 45° aura malheureusement échappé à l’expert. C’est pourtant bien cet angle qui mesure l’angle avec l’obstacle. L’avion a beau arriver horizontalement, si il arrive en biais, en frôlant la façade, on comprend bien qu’il va se concasser.

On se trouve donc dans un cas intermédiaire (45°) et cette théorie n’est plus du tout pertinente.

La théorie de l’avion creux

Jean-Vincent Brisset, général de l’armée de l’air, explique : "Pour parler simplement, un tel choc transforme l’avion en munition à "charge creuse", produisant ce qu’on appelle une pointe de feu. Dès le choc, l’appareil se désintègre et brûle au fur et à mesure de sa pénétration dans l’orifice qu’il a creusé".

Qu’est-ce qu’une charge creuse ? Tout d’abord le mot "charge" fait référence à une charge explosive [8]. Cette charge explosive peut-être collée contre la cible (mine) ou lancée par un bazooka (roquette).

Une explosion classique disperse violemment ses gaz (résidus de l’explosion) dans toutes les directions, réduisant ainsi son efficacité sur les blindages. L’idée de la "charge creuse" est de concentrer cette explosion dans une seule direction, créant ainsi un dard (ou pointe) de feu, sorte de jet de feu, très fin, très concentré. La puissance de ce dard de feu est phénoménale, vitesse de l’ordre de 40 000 km/h, pression et chaleur énormes. L’explosif est maintenant recouvert de métal pour créer un dard de plasma métallique encore plus dévastateur, transperçant les blindages et enflammant l’intérieur.

Mais comment diriger et concentrer les gaz de l’explosion ? La "charge creuse" bien sûr ! Les anglo-saxons l’appellent "hollow-charge" (charge creuse) mais surtout "shaped-charge" (charge façonnée). C’est la forme de l’explosif qui est déterminante. Au lieu d’être simplement posé en bloc dans une boîte, l’explosif est déposé en couche à l’intérieur d’un cône. L’intérieur du cône est donc uniformément tapissé d’explosif. Au moment de l’explosion, les gaz s’éloignent de la surface du cône et passent par l’axe du cône. La construction étant rigoureusement symétrique, au moment de l’intersection avec l’axe du cône, chaque jet de gaz retrouve son opposé, celui venant d’en face. Les vitesses dans le plan perpendiculaire à l’axe s’annulent en chaleur et seules restent les vitesses dans la direction de l’axe ! Le dard de feu se forme suivant l’axe du cône.

Ainsi le mot "creux" fait référence à la forme creuse de la charge explosive par opposition aux formes classiques cubiques (pain de plastic).

Le rapport avec l’avion ? Je ne vois pas ! Même s’il y a pu avoir un mélange explosif air-kérosène dans les ailes, l’explosion aurait manqué de puissance et il est impossible que ce mélange gazeux ait pu prendre une forme creuse adéquate.

Cette expertise est probablement la plus effroyable.

La théorie de la pilule bleue

François Grangier est l’expert habituel des médias français. Il a naturellement été invité à donner son avis, voilà un extrait de son intervention sur Canal + [9] :

Début de citation :
"François Grangier Pilote de ligne, expert en sécurité aérienne)- Ce qu’il y a de certain, c’est que quand on voit la photo de cette façade qui est intacte, il est évident qu’un avion n’est pas passé par là. Il faut imaginer qu’un avion de cette taille ne peut pas passer à travers une fenêtre en laissant l’encadrement debout. Mais il est évident que si avion il y a eu, il a tapé à un autre endroit.

Daphné Roulier - Donc un Boeing 757 à cet endroit aurait du faire beaucoup plus de dégâts... Vous êtes d’accord en cela avec Thierry Meyssan ?

François Grangier - Précisément sur la façade, oui. Mais je ne vois pas l’importance de la chose. (...) Il ne faut pas voir du machiavélisme là où il n’y a que de l’incompétence. Il ne s’agit pas d’une enquête sur un accident d’avion, il s’agit d’un acte de terrorisme. Comment l’avion est tombé ? pourquoi il est tombé ? on s’en moque totalement."
Fin de citation.

Si la première réponse de François Grangier paraît claire et lucide, la seconde est obscure et inattendue.

François Grangier précisera son expertise plus tard : "Je pense que la trajectoire telle qu’on peut la discerner aujourd’hui ne permet pas de conclure à un impact sur la façade, mais plus vraisemblablement par le toit".

Par le toit ! S’il y a bien une chose de certaine c’est que l’impact a eu lieu sur la façade [10]. D’ailleurs le livre qui rapporte cette seconde expertise le reconnaît aussi par ailleurs ! Mais ce livre n’est pas à une aberration près puisque, par exemple, les expertises qu’il rapporte se contredisent.

Alors, pourquoi François Grangier renie-t-il au dernier moment les méthodes d’analyse critique ? Pourquoi, après avoir été si proche de la vérité, plonge-t-il d’un seul coup dans l’invraisemblable ?

Extrait du film de science-fiction "Matrix" : Morpheus à Néo : « Vous savez quelque chose. Ce que vous savez, vous ne pouvez pas l’expliquer, mais vous sentez (...) que quelque chose ne tourne pas rond dans le monde. Vous ne savez pas ce que c’est mais c’est là, comme une écharde dans votre esprit. (...) Malheureusement, personne ne peut vous aider et vous devrez découvrir la vérité par vous-mêmes. Vous pouvez encore choisir : Soit vous prenez la pilule bleue, l’histoire s’arrêtera là, vous vous réveillerez dans votre lit et croirez ce qu’il vous plaira de croire. Soit vous prenez la pilule rouge et l’aventure continue, vers la vérité, rien que la vérité. »

François Grangier a trouvé l’aventure insupportable (et on le comprend). Il a pris la pilule bleue et s’est réveillé avec la vision d’un avion dans le toit du Pentagone !


Forum

  • > [11 Sept - Pentagone] Effroyables expertises
    29 avril 2004, par François

    Bonjour,

    Je suis tombé sur cet article par hazard en faisant une recherche.

    C’est la théorie que défend cet article qui est effroyable. C’est du négationisme à mes yeux.

    Une question simple : Qu’a t-on retrouvé des avions ayant percuté les tours ?

    En voulant à tout prix discréditer les USA, ce qui est louable à la vue de leur politique, c’est votre cause que vous discréditez. C’est dommage.

    Salutations

    François ;o)

  • > [11 Sept - Pentagone] Effroyables expertises
    25 mars 2003

    Bonjour,

    J’ai vu il ya quelques années un avion s’écraser en Russie. C’était de face sur un immeuble et dans ce cas également il n’est plus rien resté. Tout s’est désintégré du fait que l’immeuble était suffisament solide pour résister, la carling a extrémement chauffé et tout s’est désintégré instantanément . Désolé pour votre théorie anti américaine. Les USA sont suffisaments stupides pour ne pas avoir besoin de leur imputé des conneries supplémentaires qui n’ont pas lieu d’être et discréditent le reste de votre site pourtant intéressant.

  • > [11 Sept - Pentagone] Effroyables expertises
    25 août 2002, par Vincent

    Belle compilation.

    Je me permets d’ajouter l’article de l’Asile Utopique qui prenait Le Monde la main dans le sac de fauses preuves...

    COQUILLE : En jargon journalistique, faute typographique http://www.asile.org/citoyens/numero14/missile/debris_fr.htm

    En passant, j’ai collectionné de nombreuses informations concernant le 11 septembre et les questions en suspens auxquelles les autorités ne répondent pas et qui dérangent encore nombre d’observateurs attentifs.

    Si vous souhaitez recevoir les articles qui me passent entre les main, dites-le moi, je vous ajouterai çà ma petite liste.

    À bientôt

    • > > [11 Sept - Pentagone] Effroyables expertises
      14 novembre 2002, par Stéphane
      "Si vous souhaitez recevoir les articles qui me passent entre les main, dites-le moi, je vous ajouterai çà ma petite liste." Oui, volontiers, si c’est toujours possible... Merci Stéphane
    • > [11 Sept - Pentagone] Effroyables expertises
      4 juin 2004
      Un grand merci de m’envoyer les infos déjà glanées et à venir concernant le 11 septembre et les "points" en suspens.

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