Et s’ils étaient « D.Cheney » ?

Depuis le 11 Septembre 2001, le Vice-président des Etats-Unis ne quitte que très rarement le bunker où il se terre pour pouvoir assurer la continuité du pouvoir et la direction des opérations militaires au cas où Bush serait victime d’un attentat.
Sa récente tournée en Europe n’en prend donc que plus relief. A Davos il a pu rencontrer beaucoup de beau monde de façon informelle c’est-à-dire sans protocole façon de prendre la température et de sonder les uns et les autres. Il s’est ensuite rendu en Italie où il a visité deux importantes bases aériennes de l’armée US. Cette visite risque de ne pas être une simple « tournée des popotes » mais pourrait annoncer une nouvelle aventure guerrière qui débuterait par des frappes aériennes déclenchées depuis ces bases italiennes (qui ont beaucoup servi pour les bombardements de la Yougoslavie en 1999). La cible la plus probable est la Syrie. La date avancée coïncide avec la mise en place annoncée d’un gouvernement irakien « autonome » qui, avec ou sans la couverture de l’ONU ferait sa propre police et allégerait d’autant la tâche de l’armée US.
Une nouvelle guerre, la troisième du mandat de Bush junior, alors que les deux précédentes ne sont pas achevées et menacent de durer, sera considérée comme une folie par l’opinion mondiale, par de nombreux gouvernements et probablement même par les généraux US eux-mêmes qui ne verront pas sans inquiétude leur armée s’enfoncer dans un nouveau bourbier.Mais une folie n’est une folie qu’avant d’être commise. Après elle devient un fait. La commettre maintenant, on parle d’une attaque en Juin, c’est faire un acte irréversible : renverser le gouvernement syrien, quel que soit le coût politique, humain et financier de l’opération c’est peut-être hypothéquer les chances de réélection de l’équipe Bush/Cheney mais si jamais un démocrate était élu fin 2004, il pourrait faire beaucoup de choses, arrêter les hostilités, rapatrier les troupes mais sûrement pas aller rechercher Bachar el Assad pour le remettre au pouvoir et encore moins le ressusciter.
Militairement il s’agirait d’une opération moins lourde que l’invasion de l’Irak puisque les forces US sont déjà de l’autre côté de la frontière et que les forces spéciales pourraient également se déployer depuis le Golan sous l’œil bienveillant et complice des israéliens.Il est d’ailleurs très probable que ces forces spéciales fassent déjà très régulièrement des incursions en territoire syrien.
Politiquement, les préparatifs sont en cours : le congrès a déjà voté le Syria Accountability act qui permet des sanctions économiques et financières contre la Syrie et les discours officiels de l’équipe Bush insistent à nouveau sur le transfert en Syrie d’armes de destruction massive irakiennes. La propagande fait ainsi d’une pierre deux coups : si rien n’a été trouvé en Irak c’est que tout avait été transféré en Syrie. Il se crée ainsi un univers de mensonge totalement morbide et irréel où chaque mensonge en engendre un autre.
Dans ce contexte la partition de Sharon, pour qui le renversement du régime syrien est un immense rêve caressé depuis longtemps est de faire patte de velours et de jouer les innocents. Les négociations avec le Hezbollah et l’échange de prisonniers s’inscrivent dans ce jeu.
Les hypothèses détaillées de cette nouvelle guerre ont été révélées récemment par la très respectable revue de défense anglaise « JANES INTELLIGENCE »
Mais tous ces projets pourraient bien être contrariés par la décapitation des deux partis kurdes irakiens qui ouvre probablement une période d’extrême instabilité dans le nord de l’Irak. En effet le soutien des kurdes irakiens à la coalition anglo/étasunienne en échange d’une promesse - fallacieuse - d’indépendance était la condition indispensable à la pacification du pays. Cette condition ne peut plus être remplie, les équipes dirigeantes des deux partis UPK et PDK ayant été décimées dans l’attentat d’Erbil.
Et pourquoi pas le Pakistan ?
Le Président pakistanais, arrivé à la tête du pays par un coup d’état et conforté ensuite par une élection sous haute surveillance militaire à laquelle les opposants exilés comme Benazir Bhutto n’ont pas pu participer, est sorti miraculeusement vivant de deux attentats dont les circonstances (il circulait en voiture blindée sur des itinéraires secrets) laissent penser que ceux qui voulaient sa mort ont des postes importants dans l’armée. Les Etats-Unis ont, depuis le début de leur guerre contre le terrorisme, fait le pari de soutenir Musharraf contre les terroristes, talibans Al Qaida et autres, qui hantent les confins de l’Afghanistan et du Pakistan et bénéficient d’appui dans les services secrets pakistanais.Ils vont devoir passer du soutien politique au soutien militaire et intervenir directement sinon le pauvre Karzai dont la constitution n’a été approuvée que par 3% des électeurs afghans devra bientôt plier bagage et regagner sa deuxième patrie : les Etats-Unis.
La menace d’intervention militaire US au Pakistan a eu un premier résultat : l’aveu par le patron du programme nucléaire pakistanais de transferts de technologie nucléaire à la Libye, à l’Iran et à la Corée du Nord. Vrai ou faux, cet aveu, obtenu sous la contrainte, tombe à point pour justifier la politique guerrière de Bush. Les plus sceptiques sur les capacités nucléaires coréennes sont aujourd’hui les chinois qui en tant que voisins amis et excellents connaisseurs de la région se demandent si le régime Nord coréen n’a pas beaucoup bluffé pour éviter les bombardements US.
Il est possible de s’interroger sur la santé mentale des stratèges qui ont pour politique la généralisation du chaos et l’enchaînement d’agressions et de renversements de gouvernements. A bien les observer, la réponse s’impose : ils pensent que le chaos écrase les faibles, peuples et gouvernements confondus, et profite aux forts.
Dans le désordre de la jungle instituée, seuls survivent les grands fauves ! C’est Schwarzenegger, gros biceps, petit cerveau, maître du monde !





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4 septembre –
7 septembre –