Leila,
J’ai lu rapidement votre message croyant avoir compris dès les premières lignes que vous vouliez blanchir et dédouaner le GIA et les islamistes intégristes d’Algérie dont plusieurs revenaient au pays après avoir guerroyé en Afghanistan aux cotés.... des USA contre cet axe du mal qu’islamistes féodaux et impérialistes combattaient et combattent toujours : le socialisme.
Mais la suite de votre lettre m’a rassuré quand vous mettez en cause la campagne d’évangélisation entreprise par les pasteurs américains ; je rentre d’un voyage au Guatémala où je n’ai pu évidemment ne pas mesurer l’ampleur des efforts des missionnaires yankis pour capter la confiance (et l’argent ) des mayas.
Comme dans votre pays, les Etats-Unis s’efforcent de récupérer le mécontentement des couches laborieuses, des exploités, en dénonçant la corruption du pouvoir et aussi de l’Eglise officielle dans le but de détourner les masses de la révolution socialiste ; au Guatémala l’ancien dictateur del Montt, qui réprima sauvagement la rebellion communiste au prix de massacres et de regroupement de populations dans des "villages" stratégiques tente aujourd’hui, se convertissant au protestantisme, de se refaire une virginité auprès des opprimés, spécialement auprès des mayas.
Vous dénoncez l’opération de division entrepris par les missionnaires américains qui flattent les identités Kabyles ou Berbères pour désigner les autres algériens et le régime tout entier comme responsable de leur situation ; les missionnaires américains n’agissent pas autrement au guatémala comme ils l’ont fait au Nicaragua, qui n’hésitent pas à dénoncer les latinos et l’église catholique comme les exploiteurs des indiens.
Il y a cependant une différence entre l’Algérie et le Guatémala comme l’ensemble des pays de l’Amérique centrale (Cuba excepté) : tous ces pays sont sous le joug des Etats-Unis qui exploitent économiquement les paysans, possèdent les sociétés industrielles et commerciales, mettent en place les dirigeants politiques qui protègent leurs intérêts, conservent des bases militaires pour parer à toute crise grave.
Votre pays s’est émancipé du joug colonial et a déjà pu faire la preuve qu’en choisissant le socialisme il s’est émancipe de la domination des puissances impérialistes devenant un pays phare pour les pays dits du Tiers-Monde.
Je crois que c’est bien ce choix de la révolution algérienne que les islamistes, les opposants au régime actuel (par exemple Aït Ahmed) et les puissances impérialistes veulent anéantir dans la foulée de la destruction de l’URSS.
Vous souvenez vous de ce dirigeant du FIS qui trouva asile à New-York (dans les Twin Towers ?)et au plus fort des massacres commis par le GIA exhortait à la charia sur les ondes américaines ?
Je me garderais bien de vous dire qu’il faut absolument soutenir inconditionnellement les dirigeants, le FLN et l’appareil étatique car ce serait ignorer que l’appareil d’état est traversé de contradictions comme l’est la société algérienne avec une bourgeoisie, certes asservie au grand capital et ne pouvant se prévaloir d’un rôle dirigeant dans le passé, une bourgeoisie donc qui tente de conquérir le pouvoir pour s’approprier les moyens de production et d’échange.
Mais, comme dans toute lutte, il nous faut désigner l’ennemi principal et je suis bien d’accord avec vous que la religion ne peut être cet ennemi que nos laîques impénitents de France aiment s’inventer au gré des campagnes électorales pour diviser le peuple entre croyants et incroyants quitte à se pamer plus tard pour ce renouveau de l’église orthodoxes mère de toutes les Russies !
Rassurons nous : Marx démontrait combien dans l’histoire la religion, telle l’opium, était l’expression de l’oppression et en même temps la protestation contre cette oppression ; avec, ajoutait-il, qu’à la différence des adeptes de l’opium, des peuples croyants menèrent des luttes de libération au nom de leurs idéaux religieux.
Je vous prie de croire à ma profonde conviction que, comme votre message l’atteste, le peuple algérien fera triompher la cause d’une Algérie libre, souveraine et débarrassée des séquelles du colonialisme et du capitalisme.
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