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De Bové à Bayrou : stratégies d’une recomposition de la gauche

La lecture de l’analyse pour le moins pertinente - quoiqu’en pensent les utopistes qui se raccrochent aux vestiges de leurs partis soi-disant de gauche par une nostalgie qui devient aujourd’hui criminelle - de Frédéric Lordon sur Le centrisme comme erreur anthropologique... démontre parfaitement la nécessité vitale et (...)

 

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12 commentaires
  • Il me semble qu’il y a un biais involontaire dans cet article, un effet de loupe. Considérer que la distinction fondamentale se fait entre libéral-antilibéral, droite-gauche, c’est faire peu de cas de ce qui se passe à l’international. L’opposition pertinente aujourd’hui se fait entre ceux (de tous les partis, de l’UMP au PS en passant par les verts, le PC ou l’entourage de Bové), dans tous les pays, qui soutiennent la politique unilatérale des Etats-Unis et ceux qui prônent le multilatéralisme et le respect du droit international comme socle commun (imparfait mais) garantissant à chacun les mêmes droits. Cette opposition impérialiste-antiimpérialiste englobe celle entre libéralisme-antilibéralisme, mais elle est loin de s’y réduire. La seconde permet l’"ingérence démocratique" des plus forts au nom des droits de l’homme que nous pouvons voir à l’oeuvre au Kosovo, en Irak, au Liban, au Soudan et pourquoi pas, bientôt, en Iran...

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  • Il est absolument sidérant de lire encore en 2007 que le P"S" est un parti de gauche ! Non, non, et non, le P"S" n’est PAS un parti de gauche !

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  • d’abord, il me semble que l’article de lordon considère une victoire de bayrou comme moyen, plutôt que de sauver le PS (en le ramenant à gauche), de l’achever (ce qui est plus probable !)

    ensuite, vous remplacez le clivage droite/gauche par le clivage libéral/antilibéral. Je me permets de rappeler un clivage bien plus ancien mais néanmoins toujours pertinent (et le plus pertinent), c’est le clivage issu de la lutte des classes. La gauche, c’est ça, l’expression politique des opprimés dans la lutte des classes. Dès lors, votre nouveau clivage, "révolutionnaire", s’avère en recul par rapport à celui qui a construit les "vieux partis" dont vous vous débarrassez bien légèrement.

    de même, en évoquant le "mouvement citoyen", vous feignez à nouveau de révolutionner, sinon le réel, tout au moins le verbe. Faites le bilan de ce que vous devez au mouvement ouvrier, regardez ce que le mouvement citoyen représente aujourd’hui dans les luttes : un appoint. Rien ne se fera sans les masses exploitées (excusez mon vocabulaire... comment dites-vous encore ? dépassé...)Vous pouvez voir cet appoint comme un aiguillon, une avant-garde, mais alors c’est votre nombril que vous considérez. il suffit de s’écarter un tant soit peu de la réalité objective pour sombrer dans l’idéalisme, même le mieux disposé à l’égard des peuples

    laissez-moi vous parler de sociologie avec des mots anciens : objectivement, la candidature bové rassemble (et ressemble à) la petite-bourgeoisie radicalisée. Dire que "le mouvement citoyen s’est aujourd’hui trouvé un nouveau représentant : Bové", c’est à la fois abusif (quelle unanimité ?) et surtout dangereux : si nous avons besoin de "représentants" (au pluriel), ceux-ci ne doivent pas être une condition, mais une conséquence du rapport de force que nous aurons créé (et je ne le vois pas derrière bové)

    voilà pourquoi, cette candidature me paraît finalement proche de celle de bayrou, car, à une autre échelle, à gauche, elle évacue le rapport de force, la lutte de classe concrète ; elle provient de l’âge médiatique, s’adresse à des "électrons libres", des "individus" - c’est la petite-bourgeoisie, et je vous demande de faire le bilan de ce que vous lui devez.

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  • La candidature Bové : du simple marketing ! 6 avril 2007 17:34, par FredSud37

    Si vous ne l’avez pas encore fait, je ne peux que vous conseiller la lecture de la tribune intitulée "La fausse bonne idée de la candidature Bové", disponible : ICI.

    Salut & Fraternité.

    Voir en ligne : Pour une Gauche 100 % à Gauche !

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  • Je trouve le texte de Frédéric Lordon tout à fait pertinent, même si j’avoue être incapable de voter pour Bayrou au premier tour (mon néo- cortex ne fait pas la loi en regard de mon cerveau reptilien) . Je voterai Marie Georges Buffet, non par enthousiasme (c’est un euphémisme), mais par raison, parce qu’en tant que scientifique de formation les dérives irrationnelles des deux autres B. me laissent pantois. Etre contre les OGM "en général" sur la base de risques souvent fantasmés (pas tous), où le premier bobard internet venu sert de "preuve", et non contre certains développements dont la seule utilité est d’ engraisser les actionnaires de Monsanto , être contre les recherches sur les nano-technologies et non contre certaines utilisations liberticides qui sont faites avec, être contre le nucléaire civil au nom de dangers apocalyptiques fantasmés, en ne proposant que des mythologies pour le remplacer ( 1m2 de cellule solaire permet de récupérer 150W/h et il faut une batterie de 20 Kg de métaux lourds (plomb, cadmium,...) pour stocker de quoi restituer cette maigre énergie quand on en a besoin : sans parler des jours d’hiver sans vent avec les panneaux solaires recouverts par 20 cm de neige !

    Et en plus, tout cela ne figurait pas dans le compromis des 125 propositions élaborés par les comités anti-libéraux, ce qui montre le souci de démocratie animant Bové qui se comporte en électron libre incapable de se soumettre à un minimum de discipline collective !

    Dans la même veine, on pourrait aussi demander l’arrêt de la métallurgie car cela sert à fabriquer des armes, des matraques de flic et des chars d’assaut, ou mettre fin à l’ industrie chimique en invoquant toutes les saloperies qu’ elle peut produire !

    (Au nom de la pureté idéologique, nos camarades altermondialistes " verts" pourraient aussi jeter l’anathème sur Chavez au Vénézuela qui ne pense qu’à vendre son pétrole qui pollue la planète pour payer des bouquins de Cerventès aux pauvres des favellas et sur Morales en Bolivie qui ne pense qu’à faire la même chose avec son gaz )

    Par dessus tout cela, il n’y a aucun projet sérieux de réforme économique réaliste (encore un gros mot !), intégrant la possibilité d’une crise financière de grande ampleur dont la crise actuelle des ARM aux Etats unis pourrait être la mèche qui fera exploser les barils de produits dérivés dont plus personne ne maitrise l’ évolution.

    Encore une remarque qui s’adresse prioritairement au PC, mais aussi à tous les autres qui se disent de la gauche de la gauche, je pense que votre vrai problème c’est de persister dans la logique du matérialisme historique marxiste qui a été une hypothèse philosophique tout à fait pertinente au 19 ème siècle mais qui ne peut plus être soutenue de nos jours au regard de l’évolution des connaissances scientifiques, et qui surtout conduit à une pensée du type : battons nous contre ce qui existe et ce qui doit arriver du fait des "lois" historiques arrivera un jour ou l’autre... Non l’avenir est relativement ouvert, un certain nombre de bifurcations sont possibles (au sens de Braudel) : Ce qu’il faut, c’est proposer un "plan" (le mot "projet" à été orwellisé par le PS) de société dans lequel toutes les catégories sociales vitales pour la marche d’un pays puissent se retrouver et s’investir individuellement. A ce sujet il me semble que les cadres sont les grands oubliés des projets alternatifs, alors que leur adhésion est indispensable à la réussite d’un projet de société alternative viable et non violente.

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  • Sur l’article de Libé que vous citez : en bref, il s’agit de dire que les mouvements sociaux des citoyens "d’en bas" qui n’y connaissent rien en politique doivent rester dans le cadre de leurs quartiers ou leurs champs tandis que la politique doit rester aux mains des politiciens qui "savent faire" ? J’ai la faiblesse de penser que cette distinction aristo-technocratique est suffisamment méprisante pour être éradiquée...et que c’est ce type de candidature qui y aidera...Mais on peut comprendre que la classe politique traditionnelle a du mal à accepter que le peuple n’ait plus besoin d’elle, pis encore qu’il ne veut plus d’elle ! Laisser ceux qu’on appelle les "mouvements sociaux" à l’écart des prises de décisions consiste à les cantonner dans un rôle où le pouvoir sécuritaire et libéral peut les maîtriser (les mépriser)à l’envi...comme il l’a fait pour les mouvements syndicaux aujourd’hui moribonds...

    TB

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  • Je vais essayer de vous répondre point par point, Sam.

    1.Je considère l’article de F. Lordon comme totalement pertinent, mon objectif était davantage d’ouvrir d’autres perspectives « à gauche ».

    2.Si l’on considère le texte précité comme pertinent, nous nous devons de rendre à la politique son caractère conflictuel, donc redonner un sens idéologique à l’opposition droite/gauche.

    3.Sans renier l’apport du mouvement ouvrier (bien au contraire porteur de tous les progrès sociaux et humains du 19ème et du 20ème siècles), force est de constater que d’une part, celui-ci est moribond du fait de la faillite des syndicats orchestrée par le système libéral. D’autre part, il faudrait être aveugle pour ne pas s’apercevoir que les luttes dépassent aujourd’hui le simple monde ouvrier : les chômeurs sont bientôt plus nombreux que les ouvriers et partant de là, pourquoi ne pas penser une lutte des classes où les chômeurs, SDF... considéreraient que les nantis sont les ouvriers... l’époque du plein emploi n’existe plus depuis près de quarante ans ! La lutte des classes existe toujours, elle est même plus actuelle que jamais, mais il est primordial de ne pas opposer les différentes catégories d’exploités (terme que je ne considère pas comme dépassé, au contraire) et d’opprimés. De plus, nul besoin d’une analyse sociologique approfondie pour s’apercevoir de l’appauvrissement des classes moyennes : aujourd’hui des fonctionnaires et des cadres moyens se retrouvent sans logement ! Il serait peut-être temps d’actualiser nos références sociales sous peine d’arriver à un résultat inverse aux objectifs initiaux de nos luttes.

    4.Quant à la « petite bourgeoisie »... n’est-ce pas celle des tenants de nos vieux partis embourgeoisés dans leurs compromissions au pouvoir libéral ?

    5.Enfin, une précision sémantique : il me semble que les ouvriers sont des citoyens à part entière ! De quel droit peut-on opposer les deux termes ? Il s’agit aujourd’hui de redonner du pouvoir politique à tous les citoyens, de manière égalitaire. Cette opposition citoyens / ouvriers me semble assez peu compréhensible...

    TB

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  • Tout à fait d’accord : si l’on considère que l’opposition droite / gauche recouvre l’opposition libéral / antilibéral (et je le pense) : cela fait longtemps que le PS se fiche éperduement d’être de gauche !

    TB

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  • Effet de loupe, oui, ce texte n’avait pas la prétention d’être un traité de politique générale ! Je suis plutôt d’accord avec vos positions à quelques réserves près : D’abord, si l’entourage de Bové comporte des fervents défenseurs de la politique internationale des Etats-Unis, c’est que ceux-ci ont dû se perdre ! Pour prendre juste l’exemple du conflit israélo-palestinien, il est difficile aujourd’hui de trouver un parti politique qui ose prendre publiquement, aussi fermement, position pour la lutte des Palestiniens face à la politique impérialiste et colonisatrice israélo-américaine.

    Par ailleurs, je pense qu’au contraire c’est l’opposition impérialiste/antiimpérialiste qui est englobée par celle entre libéralisme et antilibéralisme : le libéralisme génère l’impérialisme (l’attitude des Etats-Unis est assez éclairante sur le sujet). Enfin, je pense que l’altermondialisme est par définition à la fois antilibéral, anticolonialiste et antiimpérialiste.

    TB

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  • vous faites une erreur en considérant le matérialisme historique sous l’angle marginal et erroné de sa version mécaniste

    le matérialisme c’est justement : tout peut arriver, et tout s’explique ; sans lutte, rien de bon ne peut arriver ; dans la lutte, tout est à faire pour que le meilleur arrive - et notamment il faut insister sur l’organisation et sur le caractère de masse et de classe de celle-ci

    les cadres oui, mais, que vous le vouliez ou non, les revendications des cadres ne sont pas les mêmes que celles des ouvriers et employés. Dans le cadre syndical, il faut se battre sur tous les fronts ; mais dans le cadre programmatique politique, c’est à partir des revendications des opprimés qu’on avance pour de réels changements ( voir l’histoire des révolutions jusqu’à nos jours)

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  • je vais revenir sur les oppositions que vous critiquez, entre citoyens et ouvriers par exemple, et que j’ai évoquées

    mais d’abord : vous-même opposez ouvriers aux chômeurs et sdf... la définition de la classe ouvrière n’est pas : ceux qui occupent un emploi dans l’industrie. Les chômeurs sont des travailleurs privés d’emploi, l’armée de réserve du capital. Voir dans le chômage une "situation nouvelle" est absolument erroné ; la misère, la précarité, l’enchômagement ne datent pas d’aujourd’hui

    la petite-bourgeoisie effectivement est en train de se paupériser ; je ne rejette personne dans la lutte et considère que chacun y a sa place, mais ce que je rejette c’est la construction d’un mouvement dont les revendications obéissent d’abord à cette classe sociale et à sa colère légitime

    que nos vieux partis se soient embourgeoisés, c’est une évidence ; mais par quoi voulez-vous les remplacer, sur quelles bases, avec quelles perspectives ? ce n’est pas le déterminisme dont vous semblez me croire féru qui me pousse à dire que l’aventure bové n’est justement qu’une aventure...

    mes positions sont tout sauf doctrinales, parce que justement elles se construisent à partir des analyses du présent et de l’histoire (et l’histoire est une matière - au sens physique quasiment - sur laquelle j’estime que certains s’assoient un peu légèrement) ; à partir du matérialisme historique dont j’attends que quelqu’un me fasse démonstration qu’il est dépassé. Ceux qui tentent d’imposer cette vision ("le monde a changé", etc...) portent en eux la négation du conflit (la violence dont parle lordon), ou plutôt son atténuation sur un mode plus "supportable" pour leur "clientèle" (la petite-bourgeoisie qui, même radicalisée parce que paupérisée, demeure sous l’influence idéologique de la bourgeoisie)

    je n’ai jamais opposé mouvement citoyen et mouvement ouvrier : jaurès, qui n’était pas le plus orthodoxe des marxistes, indiquait déjà que de la république politique (bourgeoise) le mouvement devait aller vers une république sociale (prolétarienne) Vous prétendez aujourd’hui, par vos innovations sémantiques, inverser le mouvement.

    j’insiste : le mouvement ouvrier, c’est un mouvement de masse qui implique aujourd’hui tous les opprimés et exploités - une immense majorité. Que le travail et sa division aient changé, nul ne peut le nier ; mais les rapports de production restent les mêmes. La gauche historiquement, s’attaque à la racine, c’est-à-dire aux rapports de production.

    avec le "mouvement citoyen", si flou quant à cette exigence, avec la dimension médiatique de l’homme providentiel, avec cette illusion que nous puissions être des "électrons libres" alors que les rapports sociaux nous enserrent tous, je ne peux voir comme seul horizon à cette démarche que du PSU bis ou du sociétal à millie lieux des préoccupations du grand nombre

    je n’évoquerais même pas tous les signes qui vont dans le sens que j’indique : les "thèses" d’onfray, karl zéro, le nombrilisme qu’on peut lire offert sur le site du candidat, l’inorganisation érigée en modèle...

    quand vous pensez élargir je pense que vous réduisez la portée historique de votre "mouvement" à un idéalisme d’autant plus nécessaire - comme bayrou - au besoin de nier le conflit, la violence, ou de les réduire à des affaires "citoyennes" ; de les noyer dans un "alter" sans contours ni substance

    tout reste à faire, mais pas en partant de zéro

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  • @sam,

    Je pense que la remarque sur le matérialisme historique s’adresse à moi, mais justement, si on regarde l’histoire des révolutions jusqu’à ce jour, on constate que se sont toujours les classes sociales qui avaient déja virtuellement le pouvoir du fait de leur position sociale dans "l’ancien régime" qui ont pris le pouvoir et révolutionné le système. Pour paraphraser un célèbre texte de 1848, je citerais les nomarques égyptiens contre le pharaons, les comes (comtes), chefs militaires (ducs), gardiens des marches (marquis) contre l’autorité de l’empereur romain, les bourgeois du 18ème sciècle qui controlaient déja l’économie contre la monarchie... etc

    Dans tous les cas ,les classes défavorisés ont été des classes révoltées qui se sont ralliées à un nouveau dominant. D’autre part,bien des révoltes attribuées traditionnellement à des défavorisés sont en fait des révoltes de riches (je pense aux jacqueries du 14 ème sciècle)

    Faire semblant de ne pas voir que ce que cherchent actuellement la plupart des "défavorisés" c’est un "bon chef", c’est se voiler la face. La seule révolution menée par des opprimés (qui a durée un peu dans le temps) que j’ai actuellement en mémoire est la révolte des esclaves haitiens pendant la révolution française, qui à abouti à ce que le chef de cette révolte se transmue en l’empereur Jean-Jacques 1er, tyran sanguinaire ancêtre de Duvallier et all... Un dominé au pouvoir devientrait il un dominant et génèrerait il la logique qui va avec ? (Ceaucescu, Kim il Song ... ?)

    Il me semble que la vision marxiste de l’histoire dérive fortement de la tradition judéo-chrétienne : Le fait que Marx soit fils de rabbin n’est peut être pas étranger à cette vision. Le bon sauvage du communisme primitif perverti par la propriété privée d’ Engels (Origine de la famille, de la propriété privé et de l’état), n’est il pas le reflet d’Adam et Eve chassés du paradis par le serpent de la connaissance ? Suivent ensuite des perégrinations historiques conséquences de la faute initiale : esclavagisme, féodalisme, capitalisme (les pérégrination des juifs chassés de l’Eden)... et à la fin de l’histoire viendront les chevaliers de l’apocalypse (la Révolution avec un grand R) qui conduira à la parousie finale (le communisme) via le passage par le purgatoire du socialisme.

    Je pense que l’approche antropologique que suggère Lordon mériterait d’ être appronfondie.

    A la lumière des sciences anthropologiques, ethnologiques , neurologiques etc... qui ont progressé de façon phénoménale ces dernières annés. On sait maintenant que les homo sapiens s’ entretuent depuis le début de leur existance en tant qu’èspèce distincte depuis environ 200 000 ans ( lire "Les sentiers de la guerre :" J Guilaine / J. Zamit, éd du seuil, "Les guerres préhistoriques", (L. Keeley, éd du Rocher, etc ) et même bien avant, puisqu’il s’avère que nos plus proches cousins actuellement (encore) en vie, les chimpanzés, se livrent des guerres qui vont jusqu’à l’extermination de la partie adverse (lire "le propre de l’homme" (Pascal Picq et all), ainsi que les références associées à ce livre de synthèse remarquable. Donc l’homme n’est ni bon ni mauvais, il est ce que l’évolution darwinienne en à fait, il ne répond à aucune finalité transcendante, mais le hasard (voir la prose de Stéphen Jay Gould pour comprendre le contexte dans lequel il faut utiliser ce terme) l’a doté d’un néo-cortex qui lui permet d’avoir accès à des considération éthiques qui lui permettent de dominer sa nature animale profonde car sa raison lui permet de comprendre qu’un bon compromis social (oui, je sais, ce terme en choqueras certains, mais j’assume !) est plus bénéfique pour lui que des guerres perpétuelles, qu’elles soient armées ou économiques.

    A ce niveau je suggère une hypothèse philosophique plausible car non contradictoire avec les connaissances scientifiques actuelles :

    "Le respect de considérations éthiques par l’ homme, nécessite qu’il bénéficie d’une justice sociale, d’une nécessaire insertion des individus dans le collectif (emploi,ressources, sécurité...), d’une reconnaissance pour chacun d’une place dans la société etc... En l’absence de ce qui devrait être un droit fondamental, les dissonances cognitives provoquées par les contradictions entre ses cerveaux reptiliens, mammaliens et le contenu de son néocortex le poussent à la réalisation de ses besoins vitaux par sa violence animale refoulée, qui peut devenir révolutionnaire (si le contexte sociétal le permet), réactionnaire (Allemagne 1933, Le Pen, Pologne actuelle...) , ou délinquente (vols, arnaques...)" .

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