@sam,
Je pense que la remarque sur le matérialisme historique s’adresse à moi, mais justement, si on regarde l’histoire des révolutions jusqu’à ce jour, on constate que se sont toujours les classes sociales qui avaient déja virtuellement le pouvoir du fait de leur position sociale dans "l’ancien régime" qui ont pris le pouvoir et révolutionné le système. Pour paraphraser un célèbre texte de 1848, je citerais les nomarques égyptiens contre le pharaons, les comes (comtes), chefs militaires (ducs), gardiens des marches (marquis) contre l’autorité de l’empereur romain, les bourgeois du 18ème sciècle qui controlaient déja l’économie contre la monarchie... etc
Dans tous les cas ,les classes défavorisés ont été des classes révoltées qui se sont ralliées à un nouveau dominant.
D’autre part,bien des révoltes attribuées traditionnellement à des défavorisés sont en fait des révoltes de riches (je pense aux jacqueries du 14 ème sciècle)
Faire semblant de ne pas voir que ce que cherchent actuellement la plupart des "défavorisés" c’est un "bon chef", c’est se voiler la face. La seule révolution menée par des opprimés (qui a durée un peu dans le temps) que j’ai actuellement en mémoire est la révolte des esclaves haitiens pendant la révolution française, qui à abouti à ce que le chef de cette révolte se transmue en l’empereur Jean-Jacques 1er, tyran sanguinaire ancêtre de Duvallier et all... Un dominé au pouvoir devientrait il un dominant et génèrerait il la logique qui va avec ? (Ceaucescu, Kim il Song ... ?)
Il me semble que la vision marxiste de l’histoire dérive fortement de la tradition judéo-chrétienne : Le fait que Marx soit fils de rabbin n’est peut être pas étranger à cette vision.
Le bon sauvage du communisme primitif perverti par la propriété privée d’ Engels (Origine de la famille, de la propriété privé et de l’état), n’est il pas le reflet d’Adam et Eve chassés du paradis par le serpent de la connaissance ? Suivent ensuite des perégrinations historiques conséquences de la faute initiale : esclavagisme, féodalisme, capitalisme (les pérégrination des juifs chassés de l’Eden)... et à la fin de l’histoire viendront les chevaliers de l’apocalypse (la Révolution avec un grand R) qui conduira à la parousie finale (le communisme) via le passage par le purgatoire du socialisme.
Je pense que l’approche antropologique que suggère Lordon mériterait d’ être appronfondie.
A la lumière des sciences anthropologiques, ethnologiques , neurologiques etc... qui ont progressé de façon phénoménale ces dernières annés.
On sait maintenant que les homo sapiens s’ entretuent depuis le début de leur existance en tant qu’èspèce distincte depuis environ 200 000 ans ( lire "Les sentiers de la guerre :" J Guilaine / J. Zamit, éd du seuil, "Les guerres préhistoriques", (L. Keeley, éd du Rocher, etc ) et même bien avant, puisqu’il s’avère que nos plus proches cousins actuellement (encore) en vie, les chimpanzés, se livrent des guerres qui vont jusqu’à l’extermination de la partie adverse (lire "le propre de l’homme" (Pascal Picq et all), ainsi que les références associées à ce livre de synthèse remarquable. Donc l’homme n’est ni bon ni mauvais, il est ce que l’évolution darwinienne en à fait, il ne répond à aucune finalité transcendante, mais le hasard (voir la prose de Stéphen Jay Gould pour comprendre le contexte dans lequel il faut utiliser ce terme) l’a doté d’un néo-cortex qui lui permet d’avoir accès à des considération éthiques qui lui permettent de dominer sa nature animale profonde car sa raison lui permet de comprendre qu’un bon compromis social (oui, je sais, ce terme en choqueras certains, mais j’assume !) est plus bénéfique pour lui que des guerres perpétuelles, qu’elles soient armées ou économiques.
A ce niveau je suggère une hypothèse philosophique plausible car non contradictoire avec les connaissances scientifiques actuelles :
"Le respect de considérations éthiques par l’ homme, nécessite qu’il bénéficie d’une justice sociale, d’une nécessaire insertion des individus dans le collectif (emploi,ressources, sécurité...), d’une reconnaissance pour chacun d’une place dans la société etc... En l’absence de ce qui devrait être un droit fondamental, les dissonances cognitives provoquées par les contradictions entre ses cerveaux reptiliens, mammaliens et le contenu de son néocortex le poussent à la réalisation de ses besoins vitaux par sa violence animale refoulée, qui peut devenir révolutionnaire (si le contexte sociétal le permet), réactionnaire (Allemagne 1933, Le Pen, Pologne actuelle...) , ou délinquente (vols, arnaques...)" .
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