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Imposer les OGM au monde

"La promotion des OGM par le gouvernement américain est si agressive
qu’elle cherche à renverser les lois des autres pays"

Friends of Earth International (FoEI) accuse les USA et d’autres pays
favorables aux OGM tels que l’Argentine de persécuter les petits pays
qui essayent d’adopter des lois interdisant les organismes
génétiquement modifiés (OGM).

FoEI a pu présenter des documents provenant officieusement des USA et
d’Argentine menaçant ces petits pays d’une action de l’OMC s’ils
prévoyaient d’adopter des règles limitant l’utilisation des OGM. Des
pays comme le Sri Lanka et la Croatie ont subi de ce fait une pression
énorme. La Bolivie, qui avait adopté une résolution interdisant les
OGM en janvier 2001, a été forcée d’annuler cette loi du fait de la
pression de l’Argentine et de ses sociétés d’agrobiotechnologie.

La décision bolivienne d’interdire l’importation des produits sous
produits et denrées alimentaires dérivant de cultures génétiquement
modifiées était prévue pour un an, de janvier à décembre 2001. Le
gouvernement bolivien s’était engagé à étendre cette interdiction
aprés décembre 2001 et à lui donner force de loi. Cette promesse avait
été faite au terme d’un accord écrit signé par le gouvernement
bolivien et la FOBOMADE, association de travailleurs et de petits
exploitants agricoles.

Une organisation écologiste bolivienne vient d’apprendre que ce même
gouvernement a pris en octobre une décision révoquant cette
interdiction, sans en informer le public et sans aucune annonce
officielle.

Cette annulation montre bien la faiblesse de notre gouvernement devant
les pressions de l’Argentine et des sociétès "agrobiotech", a déclaré
Maria Luisa Ramos, de la FOBOMADE. Il est révoltant qu’un petit pays
comme le nôtre soit obligé d’accepter des OGM malgré l’opposition
publique.

FoEI a pu obtenir officieusement une copie d’une note envoyée par la
mission bolivienne à Genève au ministère des Affaires étrangères
bolivien, qui prétend que les producteurs de soja argentins sont à l’
origine de ce revirement législatif, du fait qu’ils exportent 5
milliards de dollars de soja génétiquement modifié en Europe et aux
USA.

Dans cette note, l’ambassadeur de Bolivie à Genève donne en effet l’impression de céder à la pression argentine en soulignant auprès de
son ministère que la décision bolivienne semble pouvoir être rejetée
par l’OMC. Il y déclare que "la situation actuelle est très délicate
étant donné que la mission bolivienne considère que du point de vue
des règles de l’OMC, les raisons fournies par la mission argentine
sont tout à fait valables et notre pays ne peut justifier le maintien
des décisions prises". Par ailleurs, ainsi que le révèlent d’autres
documents de FoEI, les Argentins ont menacé la Bolivie des sanctions
de l’OMC pendant des mois.

Les pressions sur les pays qui décident d’adopter une législation
stricte contre les OGM sont devenues la règle.

Au début de l’année, le Sri Lanka préparait un projet de loi sur les
produits alimentaires interdisant les OGM. Le conseiller agricole de l
’ambassade des USA en Inde a alors menacé le Sri Lanka d’une sanction
de l’OMC de 190 milions de dollars s’il ne suspendait pas cette
interdiction. Cette loi devait entrer en vigueur en septembre 2001,
mais suite à la pression des USA et de l’Australie, elle n’a jamais vu
le jour.

En Croatie, à l’occasion d’une table ronde organisée le 10 décembre
par le ministère croate de l’Environnement, FoEI et l’ONG européenne
ANPED ont dénoncé les persécutions américaines contre le gouvernement
croate en vue de lui faire abandonner ses projets de moratoire contre
les OGM. Dans une note que Green-Action-FoE Croatie put obtenir
officieusement, l’ambassade américaine disait que "si une telle
interdiction entrait en vigueur, les USA feraient valoir leurs droits
auprès de l’OMC".

Le ministre croate l’Environnement, Bozo Kovacevic, a déclaré le 12
décembre qu’il ne répondrait pas à la lettre de l’ambassade
américaine.

La note affirmait par ailleurs que "il a été démontré que les produits
alimentaires traités biotechniquement sont aussi sains que les
produits alimentaires traditionnels originaires des USA ou d’ailleurs". Mais des groupes américains ont affirmé, dans une lettre adressée au
ministère croate de l’Environnement en réponse à cette note, que le
cadre réglementaire et les politiques de contrôle actuelles sont
incapables de démontrer que les OGM sont sans risquesÉ

"La promotion des OGM par le gouvernement américain est si agressive
qu’elle cherche à renverser les lois des autres pays", déclare Larry
Bohen, de Friends of the Earth US. "Nous en appelons à notre
gouvernement afin qu’il cesse d’imposer unilatéralement ses volonté au
reste du monde."

L’Union européenne fait l’objet d’une pression similaire.

La note américaine à la Croatie décourage également les autres pays d’
adopter des législations sur les OGM similaires à celles de l’Union
européenne.

L’ambassade américaine "suggère la prudence dans l’application des
directives européennes sur les biotechnologies car leur mise en oeuvre
requiert des infrastructures et une administration importantes".
Actuellement, les USA cherchent à miner le projet de législation
européen sur l’étiquetage et la certification d’origine et font
pression sur l’Union européenne pour qu’elle lève son moratoire.

L’Union européenne a notifié à l’OMC ses nouvelles règles d’étiquetage
et de certification d’origine en matière d’OGM.
L’OMC pourra faire tous commentaires voulus à ce sujet jusqu’au 28
décembre et la Commission européenne s’est engagée à rendre publics
ces commentaires ainsi que les questions posées.
Les USA, quant à eux, sont fondamentalement opposés à cette
réglementation. Allan Larson, sous-ministre à l’Economie et à l’
Agriculture, a déclaré la semaine dernière à Bruxelles qu’il n’était
"pas prêt à accepter le préalable qu’il n’y aurait pas de progrès en
matière d’accords dans les deux années à venir".

Les spéculations sur une éventuelle "attaque" de l’Union européenne
par les USA à l’OMC vont bon train. "L’OMC est l’instrument que les
USA et les grands groupes de biotechnologies utilisent pour obliger
tous les pays du monde à accepter les OGM", déclare Juan Lope,
conseiller en ingéniérie biotechnologique à FoEI. "Nous en appelons à
tous les gouvernements du monde afin qu’ils résistent à l’OMC. Chaque
pays devrait avoir le droit d’établir un moratoire sur l’introduction
des OGM jusqu’à ce qu’un cadre réglementaire et un système de contrôle
de l’application de ces réglements soient mis en place afin d’assurer
une bonne sécurité (alimentaire)".


 
P.S.

Pour plus d’informations sur la décision bolivienne sur les OGM et les documents de l’ambassade et de la mission argentines ainsi que de la mission bolivienne :

Pour plus d’informations sur le projet de loi croate et la note américaine ainsi que la réponse de l’ONG américaine sur cette note et sur d’autres points retenus :

Pour plus d’informations sur la loi du Sri Lanka sur les produits alimentaires et d’autres points :

Contacts :
- Bruxelles. Friends of the Earth International. Juan Lopez, tel
++3225420187, tel cellulaire ++32 477391496
- Friends of the Earth Europe. Gill Lacroix, tel ++3225420182
- La Paz. FOBOMADE. Maria Luisa Ramos, tel ++591 22310547,
++59122422105
- Washington. Friends of the Earth US. Larry Bohen, tel ++12027837400

 
 
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