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De Dieu et des hommes.

Il est grand temps de remettre en cause sérieusement ce concept passablement éculé qu’on appelle Dieu, ou si vous préférez, de juger Dieu pour ses crimes et de le flusher du monde moderne et de nos héritages culturels. Les dégâts de cet individu peu fréquentable que personne n’a jamais vu, bien que beaucoup soient persuadés lui avoir parlé et prétendent tirer leur légitimité ou celle de leurs actes de lui en personne, sont considérables. Dieu est plus que jamais un frein essentiel à l’amour et la compréhension entre les hommes, l’héritage empoisonné d’un passé révolu, primitif et archaïque, dont il convient de se débarrasser. Direction : les musées, les bibliothèques poussiéreuses, la foire aux curiosités, ou la benne à ordure.

Si on ne sait pas trop quand l’homme a inventé le concept de Dieu, on peut sans doute expliquer ce besoin par le désir de calmer son angoisse existentielle, d’expliquer l’origine de la vie sur terre, et lui faire croire à la possibilité d’une vie éternelle. On n’a aucune preuve tangible de son existence, et pour cause, et pourtant des milliards de gens croient mordicus à leur version de Dieu, alors qu’on côtoie la nature tous les jours, dans ses multiples expressions, et que peu admettent leur appartenance intime à ses cycles et à ses lois. Avec Dieu, on est dans le domaine de l’irrationnel complet, du « faut y croire sans aucune preuve », ce qu’on appelle la Foi, avec un grand "F" pour la rendre plus intouchable et sacrée. Et les religions fustigent les « hommes de peu de foi » en les vouant aux pires supplices de l’enfer. Dieu et la religion ont divisé le monde en bons et en méchants, envoyant les uns au paradis et les autres en enfer, dans une dichotomie radicale. Dieu fait perdre la tête aux hommes et les dispense de s’en servir. J’ai des amis ou des membres de ma famille qui ont découvert Dieu tardivement, et ont reçu de ce fait un monumental coup de bible sur la tête. Ils ont subitement perdu leur identité, constellant leurs argumentations de paroles de l’évangile, en faisant de ces textes des références sacrées, indiscutables et incontournables, des lois immuables universelles, en perdant au passage et ce faisant leur personnalité et leur plus élémentaire bon sens.

Les puissants se sont servis de Dieu et de la religion pour manipuler les gens ordinaires. Avec des principes comme « les derniers seront les premiers », on les a fait patienter et mieux fait passer la pilule de leur piètre existence sur terre, achetant de ce fait et à peu de frais une paix sociale. Dieu est le complice des puissants, des rois et des reines qui en tirent leur légitimité, ce qui leur permet de placer leur petite personne sans intérêt, et leur descendance, au-dessus de la masse crédule, parce que croyante. Jésus-Christ, super star des chrétiens, n’était personne d’autre qu’un individu ayant une compréhension extraordinairement lucide de l’amour universel, et qui savait à merveille diffuser son message. Quand il se prétendait fils de Dieu, il le disait au deuxième degré. Les gens, à l’intelligence limitée, ont pris son affirmation au premier degré. Ce fût l’origine d’un malentendu qui dure encore. Jésus-Christ a été le prétexte d’une distortion mentale et d’une aberration logique qu’on appelle la fausse récurrence. Certains se sont dit que puisqu’il prônait l’amour et se prétendait fils de Dieu, c’est que Dieu existe et qu’il est amour.

Que de crimes a-t-on commis au nom de Dieu ! Aucune guerre n’a été évitée par Dieu, la religion, ou l’application de ses principes. Au contraire, beaucoup de guerres ou de conflits trouvent leurs sources-mêmes dans la religion. Le slogan « Dieu est mon droit » a servi de caution à toutes les barbaries, à tous les crimes et à tous les abus. Facteur indéniable de division entre les hommes, Dieu est le plus grand criminel de tous les temps, par la procuration qu’il délivre à ceux qui tuent en son nom. Personne ne tue pour défendre sa langue ou les spécificités de sa gastronomie, de ses danses folkloriques et de son costume national mais, dès qu’il s’agit de son Dieu, c’est « touchez-pas à mon Dieu, ou je tue sans scrupules ». La croyance inconditionnelle en leur Dieu est une tare qui colle à la peau des hommes, dont ils héritent de leurs pères, dans leur culture. Ce qui devient le conflit numéro-un de tous les temps, celui entre les Juifs et les Arabes et les Musulmans, c’est-à-dire entre la religion juive et l’Islam, trouve sa source dans la religion. Le symbole en est, plus que la lutte pour la Palestine, la ville-sainte de Jérusalem.

Ce réquisitoire sans complaisance contre Dieu n’est en fait qu’un réquisitoire pleinement justifié contre la crédulité et la faiblesse des hommes qui l’ont inventé de toutes pièces, puisque Dieu n’existe pas. Pourtant, aussi longtemps que l’homme ne s’affranchira pas de ses Dieux, il ne pourra regarder sereinement son avenir et celui de ses semblables. Plus qu’aucune autre chose, Dieu est un obstacle à l’amour et interdit aux hommes de vivre sans conflits, sans guerres et sans pogroms. Ce préalable indispensable à un vrai dialogue entre les hommes doit être réalisé, en désacralisant ce qui n’a jamais été sacré, en dénonçant les chimères de la religion, en renvoyant le concept de Dieu là où il le mérite, c’est-à-dire au néant. La seule raison d’être, c’est d’être. Il n’y a pas plus de vie éternelle qu’il n’y a de Dieux, et l’homme doit s’entendre avec ses semblables pour vivre un bonheur le plus parfait possible sur cette terre, pendant l’éphémère période de sa vie. Et, pour avoir une chance d’y parvenir sans encombres, il y a suffisamment de sujets de discorde, de l’avidité à l’égocentrisme, sur fonds de bêtise, sans y rajouter Dieu.

On peut concevoir qu’il y ait un principe créateur au monde auquel nous appartenons, mais il est universel, unique. Ce n’est pas Dieu qui existe en autant de versions différentes que les modèles de la dernière bagnole à la mode. C’est à ce créateur-là que je pense quand j’admire la nature et que je m’émerveille devant ses lois, qui nous donnent la vie et nous animent. Et c’est peut-être à ce créateur génial que je penserai sur mon lit de mort. La mort, d’ailleurs, n’est pas du domaine de Dieu mais fait partie des lois de la nature, tout simplement. Il n’y a aucun mystère de la mort, les organismes usés y sont voués, au même titre que la rouille détruit les carrosseries de voiture et que l’usure fait pêter les moteurs qui ont trop servi. J’ai déjà dit sur une autre page de ce site que je crois à certains aspects de l’astrologie, convaincu au fil des ans par des corrélations qui présentent plus de vraisemblance qu’aucune pseudo manifestation de l’esprit divin.

Si l’homme survit, ce dont je doute fortement, à ses monstrueuses conneries à répétition et dont les conséquences sont de plus en plus graves et irrémédiables, ses structures mentales iront en se complexifiant et il s’affranchira progressivement de son caractère animal, au fil des prochains millions d’années. Au cours de ce processus, sa croyance en Dieu disparaîtra pour de bon, et à son plus grand profit. Tout comme il disparaîtra lui-même quand le soleil aura cessé de briller, dans quelque cinq milliards d’années, si les prévisions des scientifiques s’avèrent. D’içi là, il y a fort à parier, hélas, que Dieu sera le prétexte et la cause majeure de ses avatars malheureux. Je doute d’ailleurs que l’humanité survive bien longtemps. L’apocalypse effacera d’un coup les principes erronés qui sont la base de nos fausses croyances et qui auront raison de l’homme issu de l’évolution de ce cycle de vie. Il est certain que la nature, elle, survivra avec ses lois immuables. Un autre homme pourrait alors apparaître sur cette bonne vieille terre. J’ai la désagréable intuition, sans que cela soit obsessionnel, que le conflit entretenu par les fanatiques religieux actuels, que chacun reconnaîtra sans qu’il faille les citer, précipitera l’humanité dans un chaos fatal. C’est donc bien Dieu, et la zizanie qu’il engendre, qui menace la survie de l’homme.

Je suis conscient que cet article heurtera la sensibilité de certains lecteurs et il s’en trouvera qui crieront au blasphème. Mais la diffusion d’idées et leur partage ne s’apparente en rien à un "popularity contest", où la règle est de plaire et non de traiter un sujet épineux. Je ne m’intéresse qu’à servir de catalyseur pour un développement personnel mutuel de ceux qui établissent un dialogue avec moi et, partant, l’amélioration des relations entre les hommes. Je le fais sans prétention d’avoir raison, même si mon ton est parfois péremptoire. Comme nous tous je cherche avec humilité, et je doute que la réponse soit Dieu. Depuis le temps ça se saurait !

Algarath


 
 
 
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