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LA RAISON DU PLUS FORT...

Ce soir, je suis tombé sur un article... [1] Il vous relatera comment la raison du plus grand nombre est finalement digne d’intérêt et pourquoi nos grandes multinationales dépensent des milliards pour influencer les masses. Il semblerait qu’à partir du moment où celles-ci sont libérées de la pression financière par le chaos, elles retrouvent les systèmes D qui ont permis la survivance de l’homme. Par contre, je ne jurerai pas de l’avenir de notre monde d’aujourd’hui.
L’Argentine est un cas d’école qui, je le crains, nous concernera à plus ou moins long terme.

Pour ceux qui ont lu mes interventions sur les forums, vous avez peut être remarqué à quel point je suis attaché à la notion de pouvoir. Qu’est ce que le pouvoir ?
Personnellement, je le définis comme la possibilité d’une ou d’un groupe de personnes à avoir une influence sur la vie d’un individu ou d’un groupe d’individus.
La notion me semble devoir être prise au sens large mais on constate dans nos médias que le sens en est galvaudé. Pour les métiers de l’information, le pouvoir se résume principalement à un concept politique ; or si tel était le cas, nous aurions, lors des périodes d’alternance, des modifications substancielles de la politique d’un pays. Prenez la France, par exemple, avez-vous distingué une quelconque modification dans la gestion du pays lorsque celui-ci était gouverné barre à droite ou alors barre à gauche. Pour ma part, non, je n’ai pas vu de différence. Nous sommes toujours aussi englués dans les procédures administratives, les grèves sont toujours présentes et les citoyens ne semblent pas plus heureux avec les uns qu’avec les autres. En bref, avoir la gauche au pouvoir (parti communiste compris) n’a eu aucune influence sur la mondialisation (sauvagisation ?) des échanges et vice versa.

Cela confirme donc le fait que le pouvoir est là et que nous sommes tous victimes d’un vaste mensonge consistant à dire que le droit de vote est source de liberté. Le droit de vote actuel permet de nous sentir libre mais pas de l’être réellement. C’est un peu comme si avant de vous trucider, un psychopathe vous demandait si vous préfèreriez le couteau ou la corde. Le résultat sera le même. La meilleure preuve de ceci est le pourcentage d’abstentions que nous constatons et qui est toujours plus important d’élections en élections. Je ne pense pas que cela se redressera aux prochaines régionales.
Regardez, même nos syndicats, dans l’état actuel des choses, ils devraient être puissants et forts de millions de cotisants, eh bien non ! Nous avons le plus faible taux d’Europe trés loin derrière un pays comme l’Allemagne qui n’est pourtant pas franchement le dernier des capitalistes. Je pense que nos revendications (citoyennes !, je n’ai jamais été syndiqué) sont adressées aux mauvaises personnes d’une part, et, plus grave, se trompent de cible d’autre part.

On nous parle d’insécurité, de terrorisme, de racisme, de drogue, d’accidents de la route, de pollution et nous répondons... insécurité, terrorisme... etc., alors que nos préoccupations sont tournés vers le simple fait d’avoir le droit de vivre décemment sans chantage à l’emploi ni épée de Damoclès banquière au dessus de la tête. Mais il y a le terrorisme alors... ne nous plaignons pas.
Il vient quand même à point nommé ce terrorisme dans la continuité de la guerre froide et grâce à lui nous nous sommes découvert un nouvel ennemi en oubliant ainsi toutes les libertés que nous perdons petit à petit.

Toutes ces démarches alambiquées pour vous poser la question suivante : est-ce un crise politique qui
a déclenché la dépression argentine ?
Non, c’est une catastrophe banquaire avant tout due à la dette de ce pays .
Qui a déclenché cette catastrophe ? Le FMI en refusant a l’Argentine tout étalement supplémentaire. Alors, me direz-vous, ils sont dans cette situation parce qu’ils l’ont cherché en oubliant d’appliquer une gestion saine des finances. Oui, vous répondrais-je mais avaient-ils le choix ? Bien sur que non ! Et pour bien des raisons.

Revenons à nos certitudes occidentales...
Connaissez-vous le montant de la dette française ?
1 500 milliards d’euros pour être leader européen incontesté. Savez-vous que déjà en 1999, 60% des impôts versés à l’état ont servi à payer uniquement les intérêts de cette dette ? Que le capital est toujours aussi colossal et que les intérêts ne font que s’accroître d’années en années....
Alors, me direz-vous, l’état ayant le pouvoir de battre monnaie ou celui de créer de l’argent n’a qu’à en produire pour rembourser cette dette. Oui dans le cadre d’une économie créditiste nous n’aurions même pas eu à nous poser cette question car l’état serait le seul maître d’un argent non générateur d’interêts ni d’inflation mais là il n’a même plus ce pouvoir de décision car cet abruti l’a perdu au profit des banques privées ou semi-privées qui détiennent la dette donc nos vies [2]
_J’en reviens donc à ma notion de pouvoir. Croyez-vous décemment que le pouvoir appartient aux politiques ? Pour ma part, non, je ne le crois pas une seconde. Ils sont eux-même dépendants du bon vouloir de ces majestés les banques et des organismes qu’elles détiennent comme le FMI, l’OMC, la réserve fédérale américaine et tant d’autres mais souvent les mêmes.

Par ailleurs, en ce moment, nos médias fustigent courageusement les industries multinationales et les accusent de délocalisations, de licenciements abusifs ou d’une automatisation irresponsable mais ils ont malheureusement oubliés d’expliquer une petite chose, oh, juste un détail.
Ces mêmes multinationales se sont, pendant des decennies, autofinancées. Elles utilisaient leurs bénéfices pour, rémunérer leurs salariés, investir dans de nouveau équipement ou de nouvelles structures et, enfin, rémunérer leurs actionnaires. Une années de perte et se sont les investissements qui s’arrêtent et des licenciements certes difficiles, mais compréhensifs par l’état de forme de l’entreprise. Aujourd’hui, de multiples odieux exemples infirment cette logique. Michelin qui fait des milliards de bénéfices et qui licencie 3500 personnes, souvenez-vous de Danone, rappellez vous les agissements pervers de certains chefs de sociétés qui n’hésitent pas à fermer leurs usines pendant la nuit laissant leurs employés prendre le petit-déjeûner dans des ateliers vides le lendemain matin. Bien sur que dans le lot, il y a des ordures qui n’ont aucune estime pour la vie humaine, mais je ne peux pas croire que ce soit systématiquement le cas alors pourquoi ?
Les entreprises se sont faits elles-aussi avoir car elles n’investissent plus sur leurs fonds propres mais elles empruntent comme tout le monde, elles en viennent donc à ajouter un autre larron à partager le gâteau et que croyez-vous qu’il arrive au final une fois que l’on a payé les intérêts et les actionnaires ? Et bien, on vire les salariés... Vous ne me croyez pas ? Alors, expliquez moi pourquoi à chaque vague de licenciement d’une entreprise bénéficiaire la bourse réagit par une envolée de la valeur des actions, tout simplement parce que les actionnaires auront la certitude d’obtenir leurs dividendes. Pourtant, en perdant une partie de son savoir faire humain, cette même entreprise s’appauvrit, paradoxal, non ? Mais, elles n’ont pas le choix, les intérêts n’attendent pas et vous qui avez un crédit-habitation à rembourser savez de quoi je parle.
Nous assistons donc à un appauvrissement général en compétence, en capacité d’autofinancement, en infrastructures au profit d’une seule institution : la banque. Vous cherchez toujours qui a le pouvoir au final ? Parce que la situation est bien plus ironique que vous l’imaginez.
Lorsque vous empruntez 100 à votre organisme de crédit (appellez le donc comme cela), admettons qu’il va falloir que vous remboursiez 120. Dans ce cas, on devrait assister globalement à une augmentation générale tenant compte de la masse globale des emprunts de chacun ainsi que des intérêts. (Ne rêvons pas, je vous disais que c’était ironique)Et dans ce cas, il y aurait production d’argent afin que chacun ait la possibilité de pouvoir s’acquitter de sa dette. Or, ce n’est pas le cas, alors d’où viennent ces sommes ? De rien, tout simplement. Lorsque vous empruntez, votre "chargé de clientèle" ne fait juste que passer une ligne d’écriture sur votre compte et, enfin, quand tout est terminé le capital souscrit disparaît et ne reste que les interêts. Au final, il vous a tout simplement fait croire à un prêt alors qu’il n’a rien donné sans oublier de vous prendre... l’usure. Tout cela ne repose que sur du vent et une preuve simple de ceci. Allez chez votre banquier, demandez lui un prêt, il vous l’accorde, maintenant dîtes lui de vous donner l’argent en liquide directement. Il ne vous le donnera jamais. Pourquoi ? Parce qu’il ne l’a pas réellement. Si vous le voulez, il faudra d’abord en passer par ce petit jeu de stylo pour que vous puissiez le récupérer ensuite en liquide à partir de votre compte. Voilà, le tour est joué, vous voilà pieds et poings liés. Vous n’arrivez plus à rembourser vos échéances pour quelques raisons que ce soit, vous prenez un autre crédit (toujours aussi fictif) pour réapprovisionner votre compte (temporairement) et petit à petit vous terminez sous les ponts comme l’atteste les dernières statistiques en hausse.
Appliquez maintenant cela à tout un pays, au hasard, l’Argentine en cessation de paiement. Pressurez le fermement et vous obtiendrez un crash national. Qu’on fait les Argentins quand le séisme est arrivé ? Ils se sont rués dans leurs établissements financiers pour récupérer leur bien. Qu’on fait ces même établissements ? Ils ont fermés leur porte car ils n’avaient rien à rendre, cet argent, ils ne l’avaient pas. Bienheureusement, le 11 septembre est arrivé avant le cataclysme et a occulté aux yeux du monde la terreur verte (le dollar). L’Argentine a bien essayé de demander des crédits supplémentaires auprés du FMI mais c’était peine perdue. On a laissé un pays sombrer dans l’indifférence générale à l’ombre des tours de NY.
Heureusement, il y a toujours de l’espoir et l’intelligence collective a de la ressource et pour ceux qui ne seraient pas déjà aller voir l’article en question revoici le lien : [3]

Enfin, tout cela pour dire que, si, demain, le FMI (donc, les banques, pour ceux qui n’auraient pas suivi) propose aux Argentins d’effacer cette dette mais en contrepartie d’une grande braderie de son économie donc de la liberté d’action de son peuple. Je suis prêt à prendre le pari que les gens accepteront pourvu qu’ils retrouvent un certain confort matèriel et une certaine sécurité.Qu’ont fait les Allemands dans les années trente ? Et nous que ferions nous ?

ARAGORN


Notes
 
P.S.

Illustration : OLT

 
 
Forum lié à cet article

5 commentaires
  • > LA RAISON DU PLUS FORT... 28 mars 2004 11:47, par Michel

    Bonjour,

    Vous écrivez "Elles utilisaient leurs bénéfices pour, rémunérer leurs salariés,".

    Depuis quand les bénéfices servent à rémunérer les salariés. Les salaires sont considérés comme une charge et donc plus ils sont bas plus il y a de bénéfices pour.... les actionnaires.
    Ainsi, si je fabrique des boulons, le prix de revient de fabriquation d’un boulon sera toutes les charges (y compris les salaires bruts) et la différence avec le prix de vente sera le bénéfice.
    Ce qui amène à écrire que les fameuses charges patronales tant décriées par le MEDEF ne sont pas des charges puisqu’elles sont en fait une partie du salaire non versée aux salariés.

    Bien à vous.

    Michel

    • > LA RAISON DU PLUS FORT... 31 mars 2004 01:08, par aragorn

      Bonjour,

      Effectivement, la phrase est maladroite mais je maintiens qu’une entreprise en bonne santé distribue plus de rémunération sous formes de participations, d’interessements, ou de primes qui ne dépendent que des résultats des entreprises en question. Autrement dit, une rémunération plus importante pour un salarié dans une entreprise bénéficiaire.(en théorie, bien sur... ;o)
      Ceci dit, les intérêts à rembourser pour ses entreprises est tellement important car on parle ici de sommes si colossales que même une entreprise assise sur des bases solides a une espérance de vie prévisible limitée à un court ou moyen terme qui dépend directement des résultats d’une année sur l’autre. Ceci explique certainement la course effrénée à la rentabilité par des délocalisations massives, les licenciements abusifs de Michelin ou Danone qui rassurent les actionnaires ainsi que les baisses d’investissement dans la recherche (je prends l’exemple de l’industrie pharmaceutique où les budgets de recherche énormes servent souvent à acheter des molécules qui, elles, sont créées par des labos spécialisés).
      En tous les cas, je tenais à vous remercier de votre participation au forum de cet article qui, je vous l’accorde, n’apporte pas toutes les précisions nécessaire mais qui a pour but de faire comprendre que la situation n’est pas aussi compliquée qu’on veut bien nous le dire et qu’il existe une solution simple mais à la fois difficile à mettre en application de part l’imbrication des économies européennes. J’ai d’ailleurs bien peur qu’un homme politique mettant en place une politique créditiste (rêvons un peu) soit obligé de faire sortir la France de la CEE afin de parvenir à ses fins .
      Bien cordialement

      Aragorn

  • > LA RAISON DU PLUS FORT... 28 mars 2004 17:05, par Scepticus

    Tarik Ramadan a fait quasiment la même analyse subtile et logique et on lui a répondu...en l’attaquant de tout bord. Les médias sont l’opium d’un peuple se sentant malin.

  • > LA RAISON DU PLUS FORT... 29 mars 2004 21:26, par bab

    Le cas de la crise en Argentine est plus subtil que ce que vous laissez entendre.

    IL ne s’agit pas d’une simple mauvaise gestion sanctionnée par le FMI, mais bel et bien d’une bulle spéculative (semblable à celle des nouvelles technologies) qui a éclaté en décembre 2001.

    Les courtiers qui vendaient les actions argentines et l’organisme qui établissait les prévisions du marché argentin, n’étaient en fait qu’un seul et même cabinet. Si bien que l’optimisme de l’un faisait la richesse des autres. Ils ne se sont donc pas privé de faire preuve d’un optimisme irrationnel afin d’écouler leurs actions au prix fort.

    Soyez tranquilles, ce cabinet a reconnu ses torts, a fait son méa culpa et a dit qu’il ne recommencerait plus...du moins pas tout de suite.

    Bab

    Voir en ligne : La raison du plus fort

    • > LA RAISON DU PLUS FORT... 31 mars 2004 01:22, par aragorn

      Bonjour,

      Je ne suis absolument pas d’accord avec vous et ce pour plusieurs raisons :

      - Si la crise argentine était due à un problème de boursicotage, je n’ose même pas imaginer le sort de l’occident quand la bulle technologique a explosé dans les bourses européennes et américaines où la spéculation sur les start-up a atteint des sommets.
      - Peut-on m’expliquer clairement pourquoi la spéculation de quelques sphères privilégiées entraîne la faillite de tout un pays ?
      - Lorsque la crise s’est déclarée, le FMI avait la possibilité de l’enrayer devant les demandes incessantes de l’état et du peuple argentins, or, lui qui a aussi pour vocation le développement des pays, c’est un euphémisme, dans des situations difficiles, n’a absolument rien fait et les a laissé se démer... seuls.
      J’avoue que ma subtilité est certainement limitée mais que dire des instances financières de nos beaux pays.
      Bien cordialement
      Aragorn

 
 
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