{id_article}
 

Aznar ou les leçons de l’histoire.

Il aura suffi d’une seule journée pour anéantir l’image de José Maria Aznar aux yeux des Espagnols et du reste du monde. Mais si beaucoup n’ont vu dans cette affaire qu’une illustration de plus du terrorisme, il faut d’abord et surtout y voir plusieurs leçons de l’histoire.

Aussi ennuyeux qu’un éditorial d’Alain Genestar, Aznar est un individu terne et bouffi d’orgueil. C’est un laborieux sans éclat, qui n’a dû ses succès qu’à une ténacité à toute épreuve. Sa tête a enflé démesurément dès son deuxième mandat, et si les économistes ont reconnu le miracle économique espagnol, il s’en est attribué l’intégralité du mérite en claironnant : « le miracle, c’est moi ». On lui concèdera que son gouvernement a fait progresser l’Espagne, mais ce va t’en guerre s’est rangé auprès de la maigre coalition de Bush et ce, au mépris de 90 % de son opinion publique. Pour en tirer plus de poids en Europe face à la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Encore un qui a oublié que son pays se trouvait en Europe et pas sur les rives du Potomac ou au Texas. Non content d’avoir méprisé les signaux très forts de son opinion publique, il leur a menti après le 11 Mars en se défaussant sur l’ETA, avec la plus méprisable malhonnêteté intellectuelle et le plus grand cynisme. Première leçon de l’histoire : le peuple, quand il se mobilise, fait le ménage en une seule journée. Exit Aznar, qui est brisé politiquement et à jamais. Les politiciens ne sont rien quand 10 millions de gens descendent dans la rue et votent la sanction le lendemain. Que les électeurs français en prennent de la graine.

Il y a d’autres leçons que celle-là à tirer. Nous ne ferons pas, bien sûr, l’apologie du terrorisme. Et pas plus de celui-là que du terrorisme israélien à l’égard des Palestiniens ou de celui de l’impéralisme américain à l’égard des faibles qui ont le malheur de se trouver sur le chemin de leur convoitise. Mais force nous est de constater, comme il est apparu à la face du monde, qu’une attaque qui frappe au cœur d’une démocratie paisible et vulnérable, à un moment soigneusement choisi, peut être une arme politique redoutable qui vaut tous les budgets militaires pléthoriques et la guerre des étoiles. Il y a fort à parier que les vas t’en guerre irréfléchis s’abstiendront à l’avenir de prêter leur concours, même symbolique, à la super puissance colonisatrice mondiale, dans l’accomplissement de ses basses œuvres. Bien leur en prendra car, à défaut de se tenir cois, ils mettront en péril leurs innocents nationaux sur leur propre sol : deuxième leçon amère mais catégorique et sans appel.

Ce troisième millénaire est dominé par le conflit protéiforme et sanglant, issu du détournement de la puissance politique, diplomatique et militaire américaine au profit de l’extrême droite sioniste et de ses noirs desseins au Moyen Orient. Les gouvernements du monde entier se voilent la face, complices ou abusés. En attendant, l’histoire continuera à donner des leçons. L’Espagne en est une illustration, le coq Aznar a perdu ses plumes. La page de couverture du magazine « The economist » montrait cette semaine les 4 as de la coalition (Bush, Aznar, Blair et le premier ministre australien), avec une croix rouge sur la photo d’Aznar, en titrant « Who’s next ? ». À qui le tour parmi ceux qui continuent à faire une guerre illégitime et sans justice au monde arabe et musulman ? Il est probable qu’une croix rouge est déjà réservée à chacun d’entre-eux. Reste à savoir comment, et combien d’innocents en feront les frais.

Algarath.


 
 
 
Forum lié à cet article

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes