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Elections : La droite s’affole, la gauche rigole

Quelle bonne suprise ! la gauche socialiste n’en revient pas. Avec ses petits muscles, elle a terrassé le bon petit père de la France d’en bas. Elle peut bomber le torse. Reste que les torses, comme la nature, ont horreur du vide. Alors, la gauche, prête cette fois pour un nouveau challenge ?

On ne se lasse pas de le voir, se frotter les mains l’épaule basse, comme s’il était dans sa nature profonde de faire des coups tordus. C’est en lui, c’est génétique. Le regard est en-dessous, et au fond de la pupille, on lit bien que l’homme est sournois. Cela a payé. Cà ne paie plus. La France d’en bas a les fondements douloureux. Elle ne joue plus. Elle qui s’est tant penchée a les genoux cagneux et les muscles fessiers comme atrophiés. Mais elle se redresse, difficilement mais elle se redresse.

L’ingratutude de la France d’en bas

Le bon chanoine Raffarin qui nous assurait, rondouillard, que les élections régionales n’étaient, selon une définition circonstancielle, qu’une élection régionale, n’a cependant pas craint d’envoyer au feu près d’une vingtaine de ses ministres s’abaisser et se risquer au jeu d’une consultation électorale mineure.
Parallèlement, les journalistes rantanplan nous prévenaient : le taux d’abstention aux régionales comme aux cantonales allait atteindre des sommets.
Résultat des courses, le premier tour de ces consultations inflige un camouflet à la droite qui commente, assommée, l’ingratitude de ces Français d’en bas assez stupides pour dire non à la régression sociale, au mépris, à la répression, à la déconsidération..

Qu’es-ce donc à dire ? Le peuple de gauche se serait-il réveillé ? les atermondialistes auraient-ils touché au coeur et aux cerveaux anesthésiés de la France laborieuse ?
La sonorité de Porto Allegre serait-elle parvenue jusqu’aux oreilles douloureuses des fidèles de Pujadas ou de PPDA ?
Il est hélas à craindre que ce prétendu "sursaut" de l’électorat de gauche ne soit qu’une réponse à l’insupportable et que le vote exprimé ne procède ni plus ni moins que d’un vote sanction.
Autrement dit, penser que la gauche aurait gagné ces élections serait moins vrai que penser que la droite les aurait perdues.
Les Français n’adhèrent pas, ils sanctionnent.
Les socialistes en ont fait l’expérience lors des dernières présidentielles.
Les Français ne croient plus à la politique -si tant est qu’ils y aient cru un jour.
La faute à qui ? Sans doute à l’absence de conscience politique dont il ne faut pas rêver qu’elle puisse être lisible dans les médias mais aussi à cette mollesse d’une gauche dont un certain nombre d’entre nous a de plus en plus de mal à saisir les contours.
D’aucuns, charitables, rappellent non sans vérité que l’ensemble des acquis sociaux depuis 1936 ont été mis en place par des gouvernements de gauche. Mais, à y regarder de près, c’est tout de même le minimum que l’on puisse attendre de ceux qui se prétendent (souvent abusivement) les héritiers de Jaurès. On a surtout le sentiment que cette gauche qui a gouverné a surtout saupoudré quelques mesures sociales par ci, quelques autres par là. Mais rien qui fondamentalement puisse inspirer l’espoir et le goût de l’engagement politique. Cette gauche a-t-elle l’envie d’inverser la tendance ? Ou plutôt en a-t-elle le pouvoir ? Rien n’est moins sûr et se profile à l’horizon un bipartisme français, jumeau de ses modèles américain ou anglais, qui ne laisse rien présager de bon.

Les Français sont peut-être des veaux, comme disait De Gaulle, mais ce sont des veaux qui ont aussi de la mémoire. Et ils se souviennent d’un certain Mitterrand qui prétendait les faire rêver. Ils se souviennent qu’ils se sont réveillés après 14 ans, avec une gueule de bois mémorable.
Et un sale goût de vide dans les idées.
Il leur a juste fallu deux ans pour rappeler à Chirac qu’il disputa le second tour des élections présidentielles avec moins de 20 % des voix au premier.

Dans ce marasme politique où le dépit des uns le dispute au "revanchardisme" des autres, le Pen et sa cohorte de fascistes surnagent véritablement.
Ils ont leurs groupies pour de longues années encore parmi ces Français d’en bas qui se saignent aux quatre veines pour payer les traites de leurs pavillons de banlieues et accessoirement pour les croquettes de leurs pittbulls.
Cette France larguée, abrutie d’insécurité, d’immigration ne trouvera pas dans ses émissions de télé favorites un journaliste leur prouvant que la prétendue insécurité d’aujourd’hui n’est ni plus brutale ni plus importante en termes de chiffres qu’il y a 30 ou 40 ans ou qu’au Moyen-Age !
Personne à TF1 pour leur rappeler qu’un Français sur quatre a au moins un grand-parent d’origine étrangère. Personne encore pour leur souligner qu’un citoyen français est Français, fusse-t-il d’origine maghrébine et qu’il ne saurait être comptabilisé dans la colonne "étrangers"’.

Et ainsi près d’un électeur sur 5 vote pour précisément ce qui l’effraie ou le terrorise : le chaos, le désordre, l’iniquité fiscale, on en passe et des pires. Sans comprendre que c’est le chemin de l’enfer que trace devant lui le FN et autres fascistes. N’ayant pas de cerveau, le beauf’ ne peut pas se souvenir non plus que lire l’histoire contemporaine. Alors, il aboit.

Il est vrai aussi qu’il n’a en face de lui qu’une gauche qui n’en finit pas de se chercher et qui, quand elle s’exprime, déploie autant de conviction que la marionnette de Hollande aux Guignols de l’infos, timide et incertaine comme une jeune rosière.
Que cette gauche gagne les élections régionales et cantonales est, à ce jour, quasi certain.
Qu’elle parvienne à faire souffler sur la France le souffle dont elle est originellement animée est une autre affaire.
Qu’elle sache cependant qu’elle tire là une de ses dernières cartouches. Qu’elle prenne garde de ne pas se la tirer dans le pied : Quand la France ne sanctionne pas, elle sectionne.

DJAM


 
P.S.

Illustration : Yves Olry

 
 
Forum lié à cet article

4 commentaires
  • Il y au moins une chose que Mitterand, Jack Lang, Jospin et quelques autres nous on fait oublier durant presque deux décénnies, c’est la France de De Gaulle, de Pompidou et de Giscard. Cette France de la bienséance, conservatrice, colonialiste et raciste, celle qui est justement revenue s’accaparer tous les pouvoirs il y a deux ans.

    Alors je ne sais pas si les gens ont voulu préserver tant que faire se peut les régions de ces empafés, se défouler le temps d’une élection contre un gouvernement abject ou construire autre chose. C’est sans doute tout cela à la fois.

    Mais si cela se concrétise Dimanche, ce sera une bonne nouvelle.

  • > Elections : La droite s’affole, la gauche rigole 25 mars 2004 14:02, par doc_danath

    Je suis francais, je n’habite pas en france , je n’ai donc pas pu(voulu) voter dimanche dernier, et je ne pourrais(vais) donc pas voter dimanche prochain. votre article est intéréssant et reflète bien la politique en france c’est a dire qu’il dit beaucoup de choses , souvent juste et pose beaucoup de questions mais n’apporte,malheureusement, aucune reponse... je pense que les francais en ont assez d’acquiesser constament a l’ecoute des ces gens de la politique, des journalistes et autres "diseurs de morale" , il serait temps que quelqu’un "balance" ce qu’il faut dire, dire où on en est , c’est a dire faire le point , et ensuite, dire ce qui pourrait remedier a cela. En resumé, on connait LES questions maintenant on veut LES reponses...
    Merci.

  • Bonjour Djam,

    Votre article est bon, la droite je n’ai rien à attendre d’eux, la droite MEDEF et casseuse d’espoir, je n’en veux pas.

    La gauche parlons en, une gauche caviar et qui se plait dans les dorures de la république, oui il faut voter à gauche car c’est ce qui nous reste autrement c’est les facistes et les révolutionnaires qui ne veulent rien faire.

    Mais n’oublions pas le passé avec les 110 propositions de Miterrand, NADA, les promesses non tenues, la parole non tenue et ensuite la gauche droitière style DSK ou Fabius qui nous aurait mené nulle part.
    Mais restons toujours dans le fond de l’article, la gauche n’a rien gagné mais seulement les électeurs veulent une POLITIQUE de GAUCHE réformiste un brun mais ne les oubliant pas dans leur quotidien.

    Amicalement.

    Essaid

  • > Elections : La droite s’affole, la gauche rigole 26 mars 2004 11:46, par doc_danath

    je voudrais ajouter que, quelque soit le resultat du deuxieme tour des elcetions regionales, la politique francaise n’en sera pas moins pire ni mieux... que les uns se rejouissent et que les autres pleurent, tout cela fait parti du spectacle, cela fait plus de 20 ans qu’on y est habitué...
    show must go on ...