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On prend les mêmes ....

... et on recommence ? Mr Chirac était le 1er avril sur France 2 et TF1 - comme pour le 14 juillet - sur la défensive, l’air anxieux. Il faut dire qu’il a du mal - et son intervention n’aura rien changé - à faire croire aux Français qu’il a "entendu le message". Et il faut dire qu’il ne nous donne pas beaucoup de raisons d’espérer.

"Oui, j’ai écouté attentivement et j’ai entendu le message de nos compatriotes, beaucoup d’entre eux ont exprimés des inquiétudes, des impatiences, des mécontentements, c’est un fait. Encore plus que d’habitude il faudra mener une offensive sur deux domaines : l’emploi et la justice sociale [je ne savais pas que c’était une habitude du gouvernement l’emploi et la justice sociale]. Et marquer très clairement l’ouverture et le dialogue." Ca commençait plutôt bien - bien qu’un peu démago - avec la priorité accordée à l’emploi et la solidarité. Mais pourtant, ça se gâte vite : "Ce gouvernement a fait beaucoup de choses. On avait repoussé beaucoup de réformes auparavant. Le gouvernement Raffarin a assumé. L’exemple typique, c’est les retraites. Sans rien faire on les aurait divisées par deux". Mr Chirac ne semble regretter en rien sa politique passée depuis deux ans. C’est pourtant bien cette politique que les Français ont voulu sanctionner. Et il dit qu’il a "entendu le message" ?

On cherche en vain un peu d’espoir d’un petit changement de politique. "C’était essentiel de libérer les énergies. [ et avec Sarkozy, l’ultra libéral à Bercy, ça va pas s’arranger ]. Il y avait un découragement des forces vives, beaucoup de capitaux et de travailleurs partaient à l’étranger". On cherche encore : "Il fallait une décision pour faire face au déficit considérable d’un régime [ celui des intermittents ] chômage en faillite". Ce n’est pas là non plus.

L’assurance maladie ? "Le niveau des déficits et la non maîtrise des dépenses conduisent à la mise en cause même de l’assurance maladie. ... Les mesures de redressement, essentielles et difficiles [ comprenez pour les plus pauvres ] ne sont pas encore décidées, elles se feront dans la concertation". La concertation justement, qui, c’est le moins que l’on puisse dire, a vraiment fait défaut dans la politique du gouvernement. "En France, on n’a pas la culture du dialogue, nous avons spontanément une culture d’affrontement". Mr Chirac a raison. La manière avec laquelle il a mené pendant deux ans la politique du pays s’apparente bien à de l’affrontement ; voyez les retraites.

Il ose même annoncer de futures baisses d’impôts, je ne sais pas où il a entendu que le peuple voulait des baisses d’impôts. "La baisse des impôts n’est pas un cadeau aux uns ou aux autres, c’est une nécessité. .... Si on décourage les gens, on décourage l’emploi, les entreprises, l’investissement. Il faudra continuer à baisser les impôts parce que c’est vital". C’est Bruxelles - et Sarkozy aussi - qui ne vont pas être contents. Moi je n’en veux pas de la baisse des impôts. Si c’est pour avoir une éducation nationales aux mains des patrons, une Poste ouverte deux heures sur la semaine, je n’en veux pas de la baisse des impôts.

"La pauvreté et l’exclusion n’ont pas diminué depuis 30 ans [ elles ont mêmes augmentées depuis deux ans]. Petit à petit se sont renforcés des ghettos de la misère [on ne dit rien d’autre depuis deux ans ]. C’est bien beau, mais il annonce quoi pour remédier à ces problèmes ? Rien ( je ne parle pas de ce "ministère de la cohésion sociale", de la poudre aux yeux ).

Quelques lueurs d’espoir ? "Aussi ai-je demandé au gouvernement de suspendre la réforme de la mesure d’Allocation spécifique de solidarité". On pourrait s’en réjouir. Et pourtant. Il a bien dit "suspendre", pas supprimer. Les "suspendre", il les reprendra sûrement après les européennes.

Pas de promesses - elles ne seraient pas tenus de toutes les façons - sur les enseignants, la précarité, le SMIC, le RMA, l’hôpital, les services publics, le logement,... Et il dit avoir entendu le message du peuple. Mais le message que lui a envoyé le peuple, c’est celui du chômage des jeunes, de la pauvreté, du climat de tension pour les salariés, de la casse du peu d’acquis que le peuple a pu obtenir depuis des années. Rien ne sera dit, promis. Que des paroles, du vent. Je ne suis pas plus confiant pour l’avenir, je vous le dis Mr le Président. Votre gouvernement "nouveau" ne m’a pas convaincu. Il ne représente que 20 % de la population française, alors je doute que vous ayez entendu le message. Alors je vous le dis, n’essayez pas de refaire pendant trois ans encore la politique que vous avez menée depuis deux ans. C’est un conseil ...

... mais je doute que vous l’entendiez.


 
P.S.

Illustration : OLT

 
 
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