Tom Dispatch, The Nation Institute

Le Triangle d’or du complexe militaro-universitaire

Si la liberté commence par l’éducation et l’apprentissage, que peut-on esperer quand l’appareil éducatif tombe peu à peu aux mains des marchands de canon ? Dans cet article, paru sur Tom Dispatch, Nicholas Turse retrace l’histoire et l’actualité de la prise en main par le Pentagone des centres de recherches universitaire aux Etats unis [1]des plus prestigieux aux plus modestes. A l’heure où l’on s’interroge sur l’élection (possible, espérée) de J.F. Kerry, il peut être utile de connaître ces tendances de fond qui refaçonnent la société américaine d’une manière peut être irréversible.

Depuis 1961, grâce au Président Dwight D. Eisenhower, nous sommes tous conscients "de l’influence sans contrepartie" du complexe militaro-industriel en Amérique. Dans le cours de cette même décennie, le sénateur J. William Fulbright s’est lui aussi élevé contre la militarisation du milieu universitaire, avertissant que, "en se soumettant trop aux besoins du gouvernement, une université échoue à atteindre des objectifs plus élevés." Il a ainsi attiré l’attention sur l’existence de ce qu’il a nommé le complexe militaro-industrielo-académique ou ce que l’historien Stuart W. Leslie a nommé "le triangle d’or" composé "des institutions militaires, des industries de technologies de pointe, et des unités de recherche universitaires."

Alors que nous pouvons intuitivement accepter l’existence d’un complexe militaro-universitaire en Amérique, le définir et le comprendre n’est pas simple - en raison à la fois de sa nature ambiguë et de son caractère duel. Dans la réalité, le complexe militaire-scolaire a deux bras distincts. Le premier est institutionnel, visible et fier, mais souvent ignoré, mélange de militaires et d’universitaires. Depuis qu’en 1802, Thomas Jefferson a ratifié la loi créant l’Académie militaire des Etats-Unis, l’Amérique a formellement pris le parti d’associer éducation supérieure et art de la guerre. Le second est l’université civile militarisée qui est apparue depuis la deuxième guerre mondiale avec l’émergence de la doctrine d’état de sécurité nationale [2] : Les établissements civils d’enseignement se sont de plus en plus engagés dans le développement des aptitudes militaires.

En 1958, le département de la défense a dépensé la somme déjà impressionnante de 91 millions de $ pour soutenir " la recherche universitaire." En 1964, le montant était de $258 millions et en 1970, au milieu de la guerre du Vietnam de $266 millions. Cependant en 2003, tous ces chiffres, (ou même leur addition soit $615 millions), ont été ridiculisés par les attributions de contrats du Pentagone à deux écoles seulement : Le Massachusetts Institute of technology et l’université Johns Hopkins qui ont à eux seuls ratissés un total combiné de 842 437 294 dollars.

La Guerre vous fait ou est ce vous qui faites la guerre ?

West Point, Annapolis, l’académie de l’Armée de l’Air. Ces seules mentions vous font imaginer des cadets aux épaules larges, pressés, aux mâchoires carrées, bien lacés dans des uniformes repassés (à moins que ce ne soit plutôt le spectre ombragé du harcèlement et du viol effréné). Mais si, quand on en vient à l’éducation militaire, vous ne pensez qu’à ces trois premières en ajoutant la Merchant Marine Academy, la Coast Guard Academy, et une école privée comme The Citadel thrown pour faire bonne mesure, réflechissez !

Il s’avère que l’armée et le département de la défense (DoD) ont un système entier d’établissements d’enseignement et de formation ainsi que des organismes propres à eux, y compris les nombreuses écoles du National Defense University system(NDU) : Le National War College, l’Industrial College of the Armed Forces, le School for National Security Executive Education, le Joint Forces Staff College, et l’ Information Resources Management College aussi bien que le Defense Acquisition University, le Joint Military Intelligence College (ouvert uniquement aux "citoyens des ETATS-UNIS dans les forces armées et dans le service services fédéraux s’ils disposent d’une habilitation de type "très secret-défense" pour l’accès au informations sensibles) le Defense Language Institute Foreign Language Center, le Naval Postgraduate School, le Naval War College, l’Air University, le Air Force Institute of Technology, le Marine Corps University et le Uniformed Services University of the Health Sciences, entre d’autres.

En fait, le chercheur Chalmers Johnson a noté dans son nouveau livre sur le militarisme américain, The Sorrows of Empire, qu’il y a approximativement 150 établissements militaires éducatifs aux États-Unis.

Pendant que les académies militaires forment les officiers militaires de demain, les écoles de la National Defense University forment des sous-officiers choisis parmi ceux qui ont à peu prés 20 ans de service et des fonctionnaires civils des diverses agences, y compris le Département de la défense. Ces derniers étudient dans le cadre d’un programme qui souligne "le développement et l’exécution de stratégies de sécurité nationale et de stratégie militaire, la mobilisation, l’acquisition, la gestion des ressources, l’information et la technologie de l’information pour la sécurité nationale, ainsi que la planification des opérations communes et combinées." De plus, le bon vieux NDU (National Defense University system) soutient les agences militaires du triangle d’or, l’industrie de la technologie de pointe et les universités de recherches en " promouvant la compréhension et le travail d’équipe entre les forces armées, les agences du gouvernement et les industries qui contribuent à la sécurité nationale." À cet effet, Le NDU s’ouvre également aux "industriels visiteurs" du secteur privé qui, dit M. Michael Dunn président du NDU et lieutenant Gen.de l’Armée de l’Air, " irriguent le Département de la Défense des idées de l’industrie."

Comment l’université de M. Tout le monde a été enrôlée

En 2002, le budget du NDU s’est limité à $102.5 millions — ce qui équivaut à ce que le MIT a reçu du DoD ? en 1969. Tandis que le complexe militaro-universitaire formel des académies et des établissements du DoD est un appareil éducatif massif, sa taille, sa portée et sont coût sont bien pâles en regard de celui des structures universitaires civiles de plus en plus militarisées.

Pendant la deuxième guerre mondiale, comme l’a relevé l’historien Roger Geiger, les établissements éducatifs effectuant des recherches sur les armes ont reçu les plus grands contrats de recherche et de développement de gouvernement.Six d’entre eux, en particulier, le Massachusetts Institute of Technology, le California Institute of Technology, l’université de Harvard, l’université de Colombie, l’université de la Californie à Berkeley et l’université Johns Hopkins, ont reçu des sommes alors massives de plus de $10 millions.Après la guerre, les entités militaires comme le bureau de la recherche navale (ONR) ont cherché à établir, renforcer, et cultiver des rapports avec les chercheurs des universités.Avant que l’ONR ait officiellement reçu l’autorisation légale de commencer son travail en août 1946, il avait déjà établi des contrats portant sur 602 projets académiques employant plus de 4000 scientifiques et étudiants.Le milieu universitaire ne s’est jamais retiré de cette voie.

Par exemple, à l’issue de la deuxième guerre mondiale, le Massachusetts Institute of Technology était le plus grand contractant universitaire pour la défense. En 1962, le physicien Alvin Weinberg a ironiquement remarqué qu’il devenait difficile de comprendre si le MIT était une université reliée à une multitude de laboratoires de recherches du gouvernement ou "un faisceau de laboratoires de recherche du gouvernement auquel serait attaché un très bon établissement d’enseignement." En 1968, une année après que Fulbright ait inventé l’expression "complexe militaro-industriel-universitaire," le MIT était déjà le cinquante-quatrième parmi les titulaires de contrat de défense aux ETATS-UNIS. En 1969, ses principaux contrats militaires ont atteint pour la première fois $100 millions.En 2003, ce chiffre avait atteint $514.230.083. Suffisant à faire du Massachusetts Institute of Technology le quarante-huitième plus important titulaire de contrats de défense des Etats-Unis.

Mais le MIT est loin d’être le seul dans cette situation.Aujourd’hui, l’échelle d’interpénétration des projets militaires et du milieu universitaire est aussi vertigineuse que rapide.Selon un rapport de l’association des universités américaines (AAU) datant de 2002, près de 350 universités conduisent des recherches financées par le Pentagone. Les universités reçoivent plus de 60% des budgets de recherche fondamentale de la défense.Et le DoD est le troisième plus grand bailleur de fonds fédéral de la recherche universitaire (après les National Institutes of Health et National Science Foundation).

Les AAU notent que les financements provenant du département de la défense représentent 60% des financements fédéraux pour la recherche en électrotechnique, 55% pour l’informatique, 41% pour l’ingénierie métallurgique et celle des matériaux, et 33% pour l’océanographie.Avec un budget du DoD pour la recherche et le développement qui monte en flèche, pour ainsi dire, et atteint $66 milliards pour 2004 — une augmentation de $7.6 milliards par rapport à 2003 — il n’est nul besoin d’être un spécialiste des fusées pour comprendre que le Pentagone peut souvent décider des types de recherche qui obtiennent des financements et de celles qui n’en obtiennent pas.

Le pouvoir du Pentagone va au-delà d’une capacité à encadrer ou à dicter des objectifs de recherches à des parties significatives de notre établissement civil d’éducation. La dépendance des universités à l’égard de l’argent fédéral autorise le DoD à les soumettre encore plus facilement à sa volonté. Par exemple, comme le note Chalmers Johnson, jusqu’en août 2002, la Harvard Law School "était interdite aux recruteurs de l’armée pour la justice militaire parce que des étudiants qualifiés qui souhaitaient y servir étaient rejetés s’ils étaient ouvertement gay, lesbien ou bisexuels." Cependant, grâce à une ré-interprétation rapide de loi fédérale, le Pentagone fut en mesure de menacer Harvard d’une perte de tous ses financements fédéraux, quelques $300 millions, si son école de droit refusait l’accès aux recruteurs militaires.Incapable d’envisager une vie sans le financement fédéral, Harvard se plia, initiant ainsi une nouvelle ère d’autonomie réduite pour les universités et de commandes militaires croissantes.

Mais le département de la défense ne pratique pas que la politique du bâton.Comme vu plus haut, il passe la majeure partie de son temps à diriger des recherches en distribuant une abondance de carottes, sous forme d’argent et, parfois indirectement, sous forme de "qualifications" (qui mènent à l’argent). Prenez l’agence de sécurité nationale (NSA), l’organisme de renseignement allié au DoD. Elle finance le National Cryptologic School qui "sert de ressource de formation au département de la défense tout entier." En plus d’écouter le monde et d’avoir sa propre école, la NSA distribue des labels de qualité, sous forme de certifications CAE (""Centers of Academic Excellence in Information Assurance Education") qui permet à d’autres écoles de prétendre aux lucratifs " programme Information Assurance de bourse et de prix." du Département de la défense (Dod). En 2003-2004, environ 36 écoles civiles et 4 centres d’étude militaires ont gagné les honneurs du CAE.Celles-ci incluent des fidèles de toujours du DoD comme Stanford University, des écoles d’état comme l’ University of California at Davis et l’ University of Nebraska at Omaha, et des institutions moins connues comme New Mexico Tech, West Virginia’s James Madison University et Vermont’s Norwich University ("autoproclamée l’université militaire privée la plus ancienne des Etats-Unis").

Le NSA, cependant, doit partager les feux des projecteurs avec une foule d’autres agences et sous agences militaires, militarisées ou de renseignements, quand il en vient à l’action militaire-académique. Le credo de l’Army Research Laboratory (ARL) à Adelphi dans le Maryland, par exemple, "est de fournir des solutions scientifiques et technologiques au guerriers". Ils tâchent de le faire "en invi[tant] les meilleurs et les plus intelligents à résoudre [les problèmes de l’armée ]" et en utilisant "une variété de mécanismes de financement pour soutenir et exploiter des programmes dans les universités et l’industrie."

Le Space and Naval Warfare Systems Command (SPAWAR)est lui aussi bien placé du point de vue des "relations avec les universités" qui lui fournissent "une excellente source de recrutement en étudiants diplômés ou d’étudiant préparant une licence de haut-calibre." Son SPAWAR Systems Center à Charleston, S.C, à lui seul, a des accords de coopération avec Clemson University, l’University of South Carolina, The Citadel, le College of Charleston, le Old Dominion University, la North Carolina State University, le Virginia Tech, le Georgia Tech, l’University of Central Florida and North Carolina A & T State University.

Folie de Mars (et d’avril et de mai et de juin et ?)

Maintenant que la "folie de mars" de la NCAA [3] est derrière nous, peut-être est ce le bon moment pour réfléchir sur les championnats nationaux des universités. Comme toujours, la couronne du basket-ball a été attribuée après un tournoi d’élimination simple qui nous a donné un gagnant clair (à la différence de la saison du football de 2003 en première Division NCAA qui a fini par une décision de majorité).En accord avec l’esprit des champions des universités, Tom Dispatch offre sa propre série nationale de championnat, la Coupe du DoD !

Les tournois d’université sont toujours remplis d’un peloton de Cendrillons et de figurants (...).Dans un tournoi Tom Dispatch ceux ci pourraient être les écoles du "programme historique de soutien aux infrastructures des écoles, des universités et des institutions des Minorités" du DoD. De tels établissements n’obtiennent pas les gros billets des centrales électriques nationales, mais ils obtiennent des récompenses modestes visant à "renforcer les programmes et les possibilités de ces établissements de minorité dans des disciplines scientifiques critiques pour la sécurité nationale et le DoD." Dans le cadre de ce programme, des chercheurs d’Oglala Lakota College, de Si Tanka University (chartered by the Cheyenne River Sioux Tribe), de Sitting Bull College et du College of Menominee Nation, entre d’autres, ont été désignés pour des bourses allant de 76.000 à $400.000.

Naturellement, les bourses de cette taille sont des cacahuètes pour le DoD. les grandes écoles obtiennent beaucoup plus. En tant que tels, la coupe du DoD semble être le meilleur endroit pour régler des questions qui n’auraient pas été résolues sur le terrain les saisons précédentes. Alors quel est le champion national, la LSU ou l’USC ? L’année dernière trois unités d’université de l’Etat de la Louisiane — son centre pour les microstructures et des dispositifs avancés, l’institut de recherche avancé sur les matériaux à l’université de la Nouvelle-Orléans, et le centre de neurologie du LSU Health Sciences Center, ont reçu les premiers acomptes des $7.5 millions, projet de cinq ans commandité par le Defense Advanced Research Projects Agency. Mais même avec un gros paquet d ?argent du DARPA, la LSU ne peut rivaliser avec l ?USC Si le championnat national du football pouvait être décidé par l’argent comptant du DoD, l’université de Southern California le gagnerait les poings liés . l’USC est d’abord le site de l’institut pour les technologies créatrives (Institute for Creative Technologie), une entreprise commune de $45 millions entre l’armée et l’USC commencée en 1999. L’entreprise est conçue pour lier les militaires toujours plus étroitement au milieu universitaire, aux industries du jeu de divertissement et de la vidéo et l’USC a reçu l’année dernière près de $35 millions d’attribution de contrat du DoD pour la recherche, le développement, l’essai, et l’évaluation (RDT&E). Même ainsi, l’USC n’est qu’au 74éme rang sur la liste des 100 principaux contractants du DoD pour la RDT&E, alors que la pauvre LSU ne fait même pas partie de la liste.

Presque $35 millions de dollars de recherches ne sont pas de la monnaie de singe, mais ils sont loin de permettre de gagner la coupe du DoD. Alors que l’USC surpasse sa rivale l’université California system qui ne ratisse que $29.8 millions en attributions de RDT&E, il ne peut pas lutter contre les $59.8 millions de Carnegie Mellon et les $86.6 de Texas system. Aucune de ces écoles d’ailleurs n’approche Penn State laquelle, 27éme sur la liste, les dépasse toutes avec un total de $149 millions en attributions de RDT&E .Mais même Penn State a beaucoup de chemin à faire pour remporter le lot.

Deux écoles sont constamment au top des attributions de RDT&E et ont, dans le passé, rivalisé pour la première place ?.En 2002, l’université Johns Hopkins ($363.342.491) a dépassé le MIT ($354.932.746) de moins de $900.000, (.En 2003, pourtant il n’y eut même pas concours.Le MIT a ratissé l’année dernière $512.112.618 battants à plate couture les $300.303.097 d’attributions de RDT&E franchement faibles de Johns Hopkins et devenant le véritable champion national !Sans même qu’il y ait besoin de voter !

Les chiffres du MIT étaient assez bons pour faire de lui le 11ème sur la liste des 100 premiers bénéficiaires du RDT&E du DoD en 2003. Mais même ce rang ne lui permet pas de dominer pleinement le championnat. En 23éme position se trouve le MITRE Corporation, un organisme à but non lucratif composé de plusieurs centaines d’employés du MIT et formé en 1958 pour créer des nouvelles technologies pour le département de la défense. Aujourd’hui, le MITRE fournit des technologies et des services techniques au gouvernement à travers trois centres financés par l’état fédéral de recherches et de développement(FFRDCs) -l’un d’entre eux le DOD Command, Control, Communications and Intelligence FFRDC étant au service du département de la défense. D’ailleurs, le MITRE, lui-même, est complètement intégré dans le complexe militaire-universitaire. Il fournit un soutient à une "large base de clients au sein de la communauté du DOD et des renseignements," pendant qu’il "organise et contrôle le premier centre régional de recherches (NRRC) pour les recherches et les activités de développement," qui inclut entre Brandeis University, Brown University, Columbia University, Cornell University, Dartmouth College, Harvard University, Johns Hopkins University, the Massachusetts Institute of Technology, Princeton University, the State University of New York-Buffalo, the University of Massachusetts, the University of Pittsburgh, the University of Rochester and Syracuse University.(...)

Avec tout ce travail pour le DoD, Le MITRE ratisse $186.389.105 d’attributions en RDT&E.Et si les dollars de des financements de la progéniture du MIT sont ajoutés au total des financements du MIT, les $698.501.723 qui en résultent le font sortir du championnat des universités pour le faire entrer dans le cercle magique des 10 principaux entrepreneurs de défense, qui comprend les géants de l’industrie de défense tels que tels que Général Dynamics et Lockheed-Martin.

la Crise d’identité imperceptible du milieu universitaire

Même sans l’argent du MITRE, les recherches du MIT financées par le pentagone le font plutôt ressembler à un géant militaro-industriel qu’à un établissement éducatif — une crise d’identité bien plus grave que celle évoquée par Alvin Weinberg en 1962. Mais le MIT a beau être le champion, ce n’est là qu’une toute petite partie de l’histoire - son 1/350éme.Aujourd’hui, non seulement le Pentagone dispose d’un appareil éducatif massif bien à lui, mais avec ses énormes capacités de budget et de pression, il peut de plus en plus plier l’éducation supérieure civile à sa volonté. Il y a cependant, peu de prise de conscience de cette influence, encore moins de tollé à ce sujet.Au lieu de cela, la militarisation du milieu universitaire atteint de nouveaux niveaux — inaperçus et inchangés.

Le complexe militaro-universitaire n’est que l’un des exemples perceptibles mais largement ignorés de la militarisation croissante de la société américaine.Tandis que le Pentagone a longtemps cherché à exploiter et exercer de l’influence au sein des établissements culturels civils, du milieu universitaire à l’industrie de divertissement, les budgets massifs d’aujourd’hui rendent sa puissance de plus en plus irrésistible.Le Pentagone a maintenant l’argent et les muscles pour changer le paysage de l’éducation supérieure, manipuler les ordres du jour de recherches, modifier le cours des programmes d’études et pour forcer les écoles à jouer selon ses propres règles.

De plus, la recherche militaire en cours dans les campus d’université à travers l’Amérique a des implications très réelles et dangereuses pour l’avenir. Elle permettra ou augmentera les aventures impériales dans les décennies à venir. Elle mènera à de nouvelles technologies mortelles utilisées contre les peuples à travers le globe. Elle alimentera une course aux armements, ne pouvant qu’augmenter l’asymétrie militaire déjà vaste entre les Etats-Unis et les autres pays. Pour les ennemis de l’Amérique, elle fera des soldats toujours fortement armés, suréquipés, blindés des adversaires moins attrayants que les civils américains et leurs alliés.Rien de tout cela ne fait pourtant débat. .Au lieu de cela, le Pentagone fait son chemin, donnant de l’argent aux universités grandes et petites, augmentant et renforçant le complexe militaro-universitaire, et rechapant les institutions civiles selon ses désirs de militaires comme si c’était là l’ordre naturel des choses. [4].


Notes

[1] Article original en anglais :The Military-Academic Complex

[2] Note du Traducteur :National_Security_State

[3] "March Madness" est le nom des finales de Basket aux états unis organisées par la NCAA. Il en existe aussi une version pour play station. NDT

[4] NOTE :Si tu veux t’enrôler dans le complexe militaro-universitaire, regarde ces liens ils t’enverront en tête de classe :The National Defense University ; Air University ; et le Marine Corps University.Or, for those with "top secret/Sensitive Compartmented Information clearances," why not apply for a spot in next year’s freshman class at the Joint Military Intelligence College. Already have your PhD in war-making from NDU and a certificate in [information deleted] from JMIC ? Then why not check out the job opportunity page at MITRE ? They’re currently looking for an intelligence analyst with "Intelligence Community and Joint experience" for the recently much-maligned FBI (unless another faithful TomDispatch reader has already accepted the post)


 
P.S.

Nicholas Turse n’est pas étranger au complexe militaro-universitaire puisqu’il est doctorant à l’université de Colombie (où le Général Dwight D. Eisenhower a passé certains de ses jours entre le moment où il fut chef de l’armée des ETATS-UNIS et celui où il devint président des Etats-Unis).Il couvre le complexe militairo-industrielo-divertissemento-scientifiquo-universitaro-[mettez votre propre mot ici] pour Tomdispatch.com.

 
 
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