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Outrances

Du définitivement ridicule mais prospère Jacques Attali tressant sur LCI une couronne au sinistre Ronnie Reagan que voilà vingt ans il détestait à raison au batteur d’estrade Mamère soudainement rallié à la cause des gays les plus conformistes en passant par les belles âmes qui finiront par agrandir le lit de l’antisémitisme en France à force de lui donner infiniment plus d’importance qu’il n’en a, les jours écoulés n’ont pas failli à nous rassasier de notre dose de spectacle.

Aux Etats-Unis, des dizaines de milliers de débiles ont participé aux funérailles d’un vieillard sénile, ennemi du peuple notoire, ancien acteur fadasse de la série B, dont le principal titre de gloire, lorsqu’il était président du vaste studio avec décors en trompe-l’œil que sont les USA, fut de licencier tous les aiguilleurs du ciel grévistes afin de les remplacer par des militaires le temps qu’on en formât de plus dociles ; on lui doit aussi, déformation professionnelle, le scénario de « la guerre des étoiles » (des satellites « tueurs » qui aujourd’hui encore épatent Gorby, le russkof alter ego du cow-boy en moins stupide), d’avoir popularisé pour les besoins de la télévision les homeless en les multipliant, rétréci les programmes sociaux en les faisant bouillir durant des heures, fait fuir par centaines artistes et intellectuels vers les rivages de la vieille Europe, raté Kadhafi mais buté sa fille, armé l’extrême droite anti-sandiniste au Nicaragua, ouvert la voie à la bondieuserie simplette mais néanmoins affairiste qui prévaut toujours chez son actuel clone dégénéré et entretenu une relation incestueuse avec Maggie Thatcher, qui lui ressemblait comme un frère.
A sa décharge, on remarquera que la taille des frigos des nantis a grossi d’un bon tiers durant son pontificat.
Se souvenant que le convoi funèbre de Mozart était suivi par un maigre chien, on se dira que, décidément, aux hommes on préfère les bêtes.

Au procès d’Outreau, le juge Burgaud qui a instruit cette affaire avec une clairvoyance psychologique assortie d’une intuition subtile dont une bonne vingtaine de vies détruites -les prévenus innocents et leurs proches- mesurent tous les jours l’ampleur, estime n’avoir rien à se reprocher.
On aime les animaux, certes, mais pas au point de confier la responsabilité de rendre la justice à qui possède autant de perspicacité et d’humanité qu’un jeune lézard dont tout le vécu se résume à des bonnes notes à l’école.
Sachant que c’est ce genre de "décideur" que nous fabriquent tous les grands instituts de formation de la République, notre avenir est dans un vivarium.

Au quart de tour, vive émotion, mobilisation puis manifestation de toutes les organisations qui espèrent l’attentat raciste comme le tronc l’aumône, après l’agression d’un jeune juif clairement identifié comme tel via les signes distinctifs dont tous les communautarismes font leur miel ; au demi-tour, on s’aperçoit que l’agresseur est un déséquilibré qui poignarde au nom d’Allah tout ce qui bouge (même ou surtout pour un cinglé, ça fait plus sérieux qu’au nom d’Auchan ou de Perrier), pourvu sans doute que cela lui agite sous le nez un signe distinctif (on en profitera, proximité des vacances oblige, pour déconseiller aux amateurs de sang frais de bovins le port de la cape rouge durant les corridas et aux touristes américains les débardeurs aux couleurs de la Star spangled banner).
Moralité ? avant de crier au loup antisémite, s’assurer qu’il est là ; comme il aime la publicité, la prochaine fois, il viendra.

A Bègles, mariage ultra médiatisé de Zaza Napoli et de Renato (ceux qui ont vu l’immortel « La cage aux folles » comprendront, les autres le visionneront pour des raisons sociologiques) ; Noël Mamère, qui est l’intégrité faite homme, ainsi que s’en souviendront ceux à qui il jura qu’il ne présiderait jamais au grand jamais aux destinées des Verts vu qu’ils lui avaient préféré un vague Lipietz, Noël, donc, n’a aucunement cherché à attirer sur lui des projecteurs qui lui manqueraient un peu, surtout à une enjambée des élections européennes, en scellant juridiquement la liaison de deux hommes, mais, avec beaucoup d’émotion sincèrement sincère dans la voix, à faire « avancer les choses ».
Puisqu’il semble entendu que les choses avancent grâce à l’événementiel, comme disent les chargés de com’, les partisans de la peine de mort en tiendront vraisemblablement compte afin d’exécuter devant les caméras un type qui l’aura bien cherché, de sorte que la loi emboîte ensuite le pas du fait accompli.
Plus sérieusement, les vrais rebelles s’inquiéteront que l’union bourgeoise devant un élu municipal soit le nouvel empyrée auquel tout le monde aspire, même si le rebelle à la mode est un réactionnaire rêvant d’embrigadement communautaire, d’uniforme civil et d’onction divine.

Pour clore sur une note de légéreté, il a sans doute échappé aux auditeurs de droite de Radio France qui se réjouissent de l’éviction de Messieurs Hess et Bouteiller tout en réclamant avec force claquements de mâchoires celle de l’odieux gauchiste Daniel Mermet, que deux des précédents présidents de cette honorable institution, Michel Boyon et tout récemment le flamboyant Cavada, étaient eux-mêmes du syndicat Raffarin.
Doit-on considérer qu’ils furent trop tendres au gré de boutiquiers pour qui toute pensée à gauche de celle du flaubertien Claude Imbert (époque Dictionnaire des idées reçues) est subversive ou bien que la future privatisation de l’audiovisuel public -prochaine « réforme » du pouvoir chiraco-sellièrien- nécessite l’emploi d’une tout autre poigne ?


 
P.S.

Photo : René BALME, Rome 2004.

 
 
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