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VG€ : VERY GROS €GO

Le vieil homme aimait les honneurs. Las ! La République et ses roturiers lui ont botté le cul en 1981 pour lui substituer un autre prince. Il but le calice jusqu’à la lie en 1985 quand son ex premier ministre devint Président de la République. A l’instar de la monnaie dont le tintement joli décorne les oreilles les plus rétives, l’heure de la revanche sonna en cette divine année 2002.

Le vieil homme végétait, s’ennuyait, tuait le temps en "assassinant", via la presse, son ennemi intime, celui qui occupe actuellement le trône que lui-même avait honoré de ses fondements entre 1974 et 1981.
Dans sa campagne auvergnate, le vieil homme maudissait le cours d’un destin qu’il avait rêvé historique et qui se trouvait encombré, entre autres turpitudes, de cailloux africains, d’un ministre supposé suicidé, d’un autre assassiné. De dépit, il rédigea un roman à l’eau de rose qui lui valut davantage de quolibets que de reconnaissance littéraire.

Il ne se tut jamais vraiment. Quelques journalistes miséricordieux vont parfois lui demander son avis sur telle ou telle question de politique étrangère. Des moments inoubliables que le vieux savoure avec la même délectation qu’il savourait naguère l’omelette paysanne dont il disait à la France entière que c’était son plat préféré. Aristocrate par effraction, aristocrate tout de même, le vieil homme savait aimer et goûter la simplicité des gens du peuple chez qui, parfois, il s’invitait. Quand cela ne l’amusa plus, il convia à l’Elysée quelques éboueurs maliens, en tenue de travail et quelques journalistes pour immortaliser ce conte de fée. Le lendemain, les éboueurs maliens retournèrent ramasser les poubelles de Paris, et le vieux continua à regarder la France les yeux dans les yeux avant d’être chassé, comme un vulgaire démocrate, du palais élyséen.
Rongeant son frein, il se retira sur ses terres auvergnates et entrepris de mettre en chantier Vulcania. On croit savoir qu’il s’agit d’un parc d’attraction. On sait, et cela est sûr, que le budget initial a, au bout du compte, littéralement explosé. Quand on aime..

Le frein étant définitivement rongé, le vieil homme regarda l’Europe. Il intrigua, fit jouer des quelques relations qui lui restaient pour briguer et obtenir le poste de Président de la Convention sur l’avenir de l’Europe. Reconnaissons, même si tout le monde s’en fout, que ça en jette.

Le poste lui étant revenu, le vieil homme entendait bien faire naître une adéquation entre une fonction hautement prestigieuse et des avantages matériels qui ne le seraient pas moins.

Aussitôt investi, il dressa un inventaire de ce qu’il considérait comme étant du : il réclame dans un premier temps des indemnités d’un montant de 13 000 euros par mois osant même les 20 000. L’Auvergnat est non seulement près de ses sous mais quand l’occasion le permet il peut l’être de celui des autres. Bon sang ne saurait mentir. Le traitement demandé n’est jamais égal qu’à celui dont bénéficient un Commissaire Européen (13 000 euros) ou le président de la Commission Européenne (20 000 euros).

A Bruxelles, on se dit gêné par la demande de VGE. Qui n’en a cure puisqu’il exige la location à l’année d’une suite dans un grand hôtel bruxellois alors qu’il ne sera présent que deux ou trois jours par semaine dans la capitale belge. De l’audace, de l’audace, encore de l’audace. Alors le vieil homme, campé sur sa Légitimité, exige la prise en charge des frais de fonctionnement d’un bureau permanent à Paris. Pour lors, il dispose d’ores et déjà d’un secrétariat (pris naturellement en charge par la Commission Européenne) d’une douzaine de personnes.

Pour l’aider à rédiger un nouveau roman ?

DJAM


 
 
 
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