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Commémo, bonne conscience et fascisme ordinaire

De Ben Laden à Massoud

La commémo des attentats du 11 septembre nous donne à voir de surprenantes choses.

Tel ce documentaire programmé sur M6 le dimanche 12 septembre et qui tend à démontrer que Ben Laden soi-même n’est pas celui que l’on croit ! Le chef, de ce qui est devenu, un concept, [1] plutôt qu’une réalité objective, à savoir Al Quaeda, n’aurait - selon les auteurs du documentaire - jamais eu de rencontre avec la CIA, ne serait jamais venu en Occident, etc.
En fait, on nous a raconté des salades depuis le début. Ben Laden n’est pas le bras armé, ni le faire valoir, de qui vous savez. Non, non et non ! Et si les USA qui surveillent, depuis leurs satellites, chaque mètre carré de la surface de la terre et qui sont en mesure d’intercepter à peu près toutes les communications qu’ils veulent écouter ou décrypter, n’ont pas pu lui mettre la main dessus, c’est le parfait hasard et nous vous demandons d’en demeurer persuadés pour le bien de l’humanité.
Un reportage qui tend donc à modifier une image stéréotypée de Ben Laden qui ne serait plus - mais ça, il serait peut-être temps de s’en apercevoir - derrière chaque attentat ou agression commise en son nom. Quelle perspicacité !

Auparavant, le samedi 11 septembre, nous avons eu droit aux « dernières heures de Massoud », un documentaire qui conforte la thèse du complot fomenté par Al Qaeda et qui ne pose, à aucun moment la vrai question : à qui a profité ce crime ? La réponse nous paraît évidente, pas à Ben Laden, mais bien évidemment aux Etats-Unis que Massoud gênait un peu aux entournures dans la perspective de l’invasion de l’Afganistan. En effet, la prise de contrôle du pouvoir en Afganistan n’autorisait aucun partage et surtout pas avec Massoud qui n’aurait pas accepté d’être placé à la tête d’un gouvernement fantoche. De là à penser qu’il fallait l’éliminer pour que le plan Etatsunien se déroule comme prévu, il n’y a qu’un pas que nous franchissons allègrement, persuadés d’être dans le vrai. Ben Laden a les épaules larges et peut être mis, aussi et si nécessaire, à toutes les sauces !

Le tourisme sexuel, trafics d’enfants et chaussures de course...

Regain d’attention cette fin de semaine sur le tourisme sexuel et autres déviations pédophiles en direction de la jeunesse des pays les plus défavorisés. En finir avec le tourisme sexuel, tel est l’objet d’un rapport qui avance des pistes pour lutter contre cette forme de ballade des français à l’étranger.

On se réjouit de cette louable initiative tout en se disant que pour que le tourisme sexuel existe, il faut deux facteurs essentiels :
- une demande et des réseaux qui la canalisent pour l’acheminer dans les pays en question ;
- une offre, qui, loin d’être spontanée et volontaire est issue et provoquée, essentiellement, par la misère dans laquelle les pays riches du G8 maintiennent les populations des pays incriminés.

Ce constat étant fait on s’interroge vivement : pourquoi l’Occident toujours très prompt à laver plus blanc et à donner force leçons dans tous les domaines ne s’attaque pas aux racines du mal en proposant de donner les moyens à ces pays de sortir leurs populations de la misère ? Le FMI, l’OMC, L’AGCS, tu connais ? Lutter contre les effets n’éradiquera jamais la cause du mal.
Il est vrai, aussi que pendant tout le temps que l’on dissertera et attirera l’attention du peuple de France et d’ailleurs, sur ce sujet hautement sensible - et qui demeure un véritable scandale - on évitera de parler des gamins qui triment plus de 10 h par jour dans des conditions extrèmes, en Egypte, au Pakistan ou ailleurs pour fabriquer des tapis, des jouets et plus particulièrement des chaussures de sport que ceux-là même qui versent des larmes de crocodile contre la prostitution enfantine en Thaïlande ou ailleurs porteront aux pieds sans état d’âme.

En Amérique du Sud - que le FMI s’acharne à maintenir au dessous du seuil de pauvreté - il faudrait rajouter au tableau de chasse des proxénètes, la traite de chair fraîche entre le Salvador, le Guatemala ou le Honduras dans des conditions qui laissent à penser que la complicité existe au plus haut niveau de certains Etats.

Et revenant en France il serait opportun de dire que les pays de l’Est sont de forts importateurs de jeunes filles, bien souvent mineures et qui finissent sur les trottoirs de nos grandes villes - ou dans des camionettes sordides - sans que cela ne soulève l’ire de ceux qui voient la paille sur les sols exotiques mais ne voient pas la poutre qui encombre le sol Français.

Les droits de l’enfant et de l’adolescent ne peuvent pas être sélectifs. Délocaliser sa production pour pouvoir employer de jeunes enfants, sous-payés et surexploités, dans ses usines constitue, aussi, une forme de prostitution qui doit être condamnée avec la même sévérité.

Bush ou le fascisme ordinaire

Lors de la convention républicaine, il ne faisait pas bon manifester dans les rues de « la pomme ». Les nervis et autre policiers armés jusqu’aux dents veillaient au maintient d’un ordre que ne renieraient pas les régimes totalitaires les plus en vue.

Aux USA, il faut impérativement désigner l’adversaire et le vocabulaire a toujours son importance. Ce jour là, il s’agissait de lutter contre les « anarchistes ». Le terme désignait les manifestants anti-Bush qui étaient présentés comme étant « de redoutables casseurs menaçant la sécurité de l’honnête citoyen américain ».

Le 31 août au soir, passants, touristes, journalistes qui avaient eu la malencontreuse idée de se trouver au mauvais endroit à la mauvaise heure ont fait l’objet d’une rafle à proximité d’Union Square. 1 200 personnes on été arrêtées en expédiées manu militari dans un centre de tri aménagé pour l’occasion - en l’occurrence un garage poisseux. Les prisonniers attendront 24 heurs au cours desquelles leurs empreintes digitales seront prises et ils seront photographiés, avant d’être dirigés vers une vraie prison. 24 heures au cours desquelles ils n’auront pas la possibilité de rencontrer un avocat.

Tout cela est fort bien raconté dans un article de l’Humanité que nous vous invitons a consulter en ligne.
La « plus grande démocratie du Monde » a de plus en plus tendance à prendre un air concentrationnaire depuis que Dobleiou a été visité par Dieu soi-même. Il est vrai que les voix ou les voies du seigneur sont impénétrables !


Notes

[1Al-Qaida, label ou organisation ?, par Olivier Roy, Le Monde Diplomatique, septemmbre 2003.


 
 
 
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