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Indymedia pris en otage par le FBI ?

Communiqué à l’intention des utilisatrices et utilisateurs d’Indymedia Lille

Nous demandons à toutes les utilisatrices et tous les utilisateurs
d’Indymedia Lille de nous excuser pour la fermeture temporaire de nos
services, ceux-ci seront remis en place dès que quelques petits problèmes
techniques (telle que la prise en otage de notre disque dur par le F.B.I,
par exemple) serons réglés.

Ce 7 octobre 2004 en fin d’après-midi, le F.B.I, visiblement à la demande des
polices suisses et italiennes, a procédé à la saisie des serveurs Indymedia
situés en Grande-Bretagne, et gérés par l’entreprise anglo-américaine
Rackspace.

Suite à cette saisie, une vingtaine de sites Indymedia sont réduits au
silence partout dans le monde. Par ailleurs, une distribution Linux et
plusieurs streaming radios, n’ayant aucun rapport avec nous, ont été fermés.

Rackspace a récemment publié un rapport disant qu’ils ont dû céder les
serveurs conformément au Traité Mutuel d’Aide Légale (MLAT). Le MLAT établit
des procédures afin que les pays coopèrent dans les investigations telles que
le terrorisme, le kidnapping, et les blanchiments internationaux d’argent. La
Cour interdit également Rackspace de faire tout commentaire sur cette saisie.
Rackspace considère avoir agit dignement à l’image d’une entreprise
citoyenne.

Extrait de la déclaration de RackSpace :
traduction : « Rackspace a répondu à une citation à comparaître, publiée sous
le titre 28, Etats-Unis d’Amérique, section 1782, dans une enquête qui ne
provient pas des Etats-Unis. Rackspace agit comme une loyale entreprise
citoyenne avec les autorités internationales. La Cour a interdit à Rackspace
d’en dire plus en la matière. »
 [1]
L’état de nos finances n’étant pas extraordinaire (nous n’avons que dix euros
à présenter à une éventuelle commission d’enquête financière), et n’ayant
encore séquestré personne, on nous accuse certainement de terrorisme... Quand
le terrorisme ne sert pas à justifier des interventions militaires ou à faire
voter des lois liberticides, il permet de censurer des sites contestataires.

C’est suite à la publication d’une photo présentant deux policiers
prétendument suisses appartenant à la cellule G8 sur le site indymedia
nantes, que les polices suisses et italiennes semblent avoir porté plainte
contre X. Elles auraient demandé l’assistance du F.B.I dans la saisie des
serveurs hébergeant ce site.

extrait de la dépêche AFP :
« Le procureur général de Genève a indiqué samedi avoir ouvert une enquête, à
la suite d’une plainte déposée par deux policiers qui avaient découvert le
nom de l’un d’entre eux, leurs adresses et leurs photos sur la version
française du site altermondialiste et contestataire Indymédia. " J’ai ouvert
une enquête mais je ne vous en dirai pas plus", a déclaré samedi Daniel
Zappelli, procureur. Les deux inspecteurs genevois appartenaient à la cellule
G8, en charge des enquêtes sur les émeutes qui se sont déroulées à Genève en
marge du sommet du G8 à Evian en 2003, à la frontière franco-suisse. »

Nous précisons que les déclarations des deux policiers concernés ayant
conduit à l’intervention du F.B.I sont fausses. En effet, leurs visages ont
été cachés (suite aux premières pressions du FBI auprès du collectif
Indymedia Nantes) et aucune donnée personnelle (noms, adresses) n’a été
divulguée. Par ailleurs, leur attitude sur les photos incriminées semble
indiquer qu’ils étaient consentants pour poser devant un objectif. Nous
ajoutons qu’il est inutile, s’ils veulent rester dans l’anonymat, de prendre
la pose, tels des top-models militants.

Quelques données supplémentaires d’ordre géographique à l’intention des
enquêteurs du F.B.I : le 51e état des Etats-Unis ne se situe ni en
Grande-Bretagne, ni en Loire-Atlantique...

Cette coopération internationale (plainte des polices suisses, italiennes,
intervention du FBI en Angleterre pour fermer un site français) prouve une
fois de plus que la globalisation passe avant tout par la globalisation
économique et policière. A l’image de nos Etats, le nouvel ordre mondial ne
s’embarrasse pas d’éthique ou de principes, mais s’empresse de museler toute
plainte et tout discours troublant la grande messe économique et politique.
Le capitalisme mondial a un visage, celui de nos dirigeant-es.

Rappelons qu’Indymedia est un vaste réseau de centres de médias indépendants
qui offre un espace d’informations pour et par les mouvements sociaux. Cette
diffusion d’informations s’effectue sous la forme de l’Open-publishing
(c’est-à-dire une publication libre permettant à tout-e un-e chacun-e de
publier une information, dans les limites de la politique éditoriale propre à
chaque site Indymedia).

En fermant ces sites, le FBI s’attaque directement aux mouvements sociaux.
Cette censure arbitraire, si elle reste inégalée au sein du réseau Indymedia,
ne présage rien de bon pour les autres médias indépendants.

Si cette censure est brutale, elle n’est pas inattendue... Ainsi, on se
souvient qu’en Italie (dont la police est co-auteure de la plainte), le parti
d’extrême-droite de la coalition gouvernementale, l’Alliance Nationale, avait
réclamé la fermeture d’Indymedia, pour son opposition à la guerre en Irak.
Plus récemment les services secrets américains ont employé une injonction
afin d’essayer de perturber l’Indymedia NewYork City avant la Convention
Républicaine. Et plus proche de nous, des policier-es calaisien-nes ont
menacé une personne postant régulièrement des photos sur Indymedia Lille..

Nous vous donnons rendez-vous le 30 octobre au C.C.L. (centre culturel
libertaire, 4 rue Colmar) de samedi matin à dimanche pour un week-end
MediaLab.

Au programme : initiation à l’Open-Publishing, initiation aux logiciels
libres, atelier de création de journaux muraux, discutions, bouffe
collective, etc., etc.

Nous apportons toutes et tous notre soutien au collectif Indymedia Nantes, en
espérant revoir bientôt leur site sur le web.

Collectif Indymedia de Lille.


Notes

[1Original : « Rackspace responded to a Commissioner subpoena, duly issued under
Title 28, United States Code, Section 1782 in an investigation that did not
arise in the United States. Rackspace is acting as a good corporate citizen
and is cooperating with international law enforcement authorities. The court
prohibits Rackspace from commenting further on this matter. »


 
P.S.

Site commun temporaire : http://nice.indymedia.org
Indymedia Global : http://www.indymedia.org
Et d’ici quelques jours retrouvons-nous sur : http://lille.indymedia.org

Dossier Indymedia sur ACRIMED

Censure du réseau Indymedia par le FBI : une chronologie pour mieux comprendre.

 
 
Forum lié à cet article

1 commentaire
  • > Indymedia pris en otage par le FBI ? 13 octobre 2004 15:56, par fruit de la passion

    Apparemment la seule vraie faute d’Indymedia est d’avoir fait heberger son site par une compagnie anglo-americaine en angleterre. Qu’en aurait-il ete avec une autre societe ni anglaise ni americaine ou dans un autre pays ?
    J’espere que les magistrats francais liront cet article et l’utiliseront a bon escient afin de simplifier le code penal et de permettre aux nombreuses procedures en attente d’aboutir enfin : remplacer dans toutes les demandes de cooperation internationales les termes : argent sale, blanchiment d’argent, mafia, abus de biens sociaux, detournement de fonds, trafic de drogue (liste non exhaustive) par un seul terme : terrorisme .

    Cela etant bien que ne connaissant pas Indymedia avant cet acte de terrorisme je suis scandalise par la violence et par les moyens illegaux employes pour faire taire ce site.

    Longue vie a Indymedia

 
 
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