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La place exorbitante de la finance et la démocratie.

Réclamer des droits est vain lorsque la philosophie du système ne peut en aucune manière générer ses droits. Les subsides octroyés par l’Etat n’y changent rien.
Cet article a aussi pour objet de tenter de répondre au constat inquiétant de Mehr licht sur la disparition de la gauche.

Il n’y a plus de gauche en France et en Europe continentale, car c’est légalement impossible d’être à gauche. Ces soit-disant partis de gauche, spécialement à partir du début des années 80, se sont convertis au libéralisme - le "free-trade". Ce n’est pas la même chose que le capitalisme ; cette confusion est irritante car elle fausse le débat. En effet, le capitalisme n’est ni plus ni moins que la mise en commun des moyens de production ; il peut être privé, public ou mixte. Le free-trade, c’est la manière selon laquelle on va gérer ces moyens. Rien ne nous empêche, en théorie, de réglementer, comme en matière d’urbanisme, ce qui touche aussi à la propriété, il y a des réglementations très strictes en raison d’un intérêt public supérieur.

Mais, qu’ont fait les socialistes depuis 20 ans ? On a vu la Présidence Mitterrand adopter l’acte unique européen, le traité de Maastricht. Sous Jospin, le traité d’Amsterdam porte une innovation juridiquement antidémocratique, c’est la Banque Centrale Européenne, c’est à dire indépendante, de tout contrôle politique et irresponsable. On ne peut pas faire de recours contre ses décisions alors qu’il s’agit d’une institution non élue, à la différence d’autres organismes indépendant comme le CSA en France. Le même gouvernement à signé au sommet de Barcelone l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité et la privatisation d’EDF. En ce moment, un prétendu homme de gauche, Pascal Lamy négocie dans le plus grand secret, au nom de l’UE, l’AGCS qui va privatiser tout les services y compris la santé et l’éducation, et la soumission absolue des Etats à l’ORD (Organe de Règlement des Différent, de l’OMC). C’est un organe créateur de droit, par sa jurisprudence, et dont ses décisions doivent s’appliquer aux Etats. Les parlements nationaux deviennent de simples chambres d’enregistrement. Ce phénomène est curieux. Normalement, le droit international a vocation à coordonner le droit entre différents Etats, ceux-ci restent souverains. Mais, dans le cas de l’OMC, c’est un droit de subordination. Les Etats se soumettent à un droit internationnal, dont la définition ne s’est pas vraiment faite démocratiquement, généralement en catimini, privant les parlements de leurs droits. Ce phénomène s’appelle la "globalization", qui n’est rien d’autre qu’une entreprise de destruction des Etats, en tant que personne souveraine. Cela prive chacun d’entre nous de la pertinence de notre droit de vote. Il s’agit d’autre chose que la "mondialisation", qui est un phénomène aussi vieux que le monde. Tous les peuples ont besoin de commercer avec d’autre, et, plus généralement ont besoin des autres. Ce qui n’est pas admissible, c’est cette subordination à un ordre global.

Les socialistes ont été les artisans de la destruction des services publics et ont pleinement adhéré à l’économie de marché. On ne peut plus leur faire confiance de ce point de vue. Au risque de choquer : De Gaulle, conservateur, était finalement plus socialiste que les socialistes. Actuellement, les étiquettes ne collent plus. C’est un changement institutionnel qui doit être mené pour pouvoir mettre en place des politiques plus humaines et aussi un changement idéologique chez les dirigeants socialistes, et chez tout dirigeant politique prétendant à la démocratie et à la République.

Cela implique :
- 1) Refuser le projet de soit disant "constitution" européenne tant que le principe de banque centrale indépendante y est consacré. La monnaie est normalement régie par la loi, c’est aussi historiquement un pouvoir régalien du "Prince", c’est à dire de la personne souveraine. Dans une société démocratique la personne souveraine c’est la Nation, le peuple en entier. Au niveau européen, c’est l’association des différents peuples qui le compose. Une banque (multi)nationale publique responsable est nécessaire pour être en accord avec ces principes (démocratiques). Si tel n’est pas le cas, un élément relevant de la loi n’est plus sous contrôle du législateur (que ce soit au niveau européen ou national). On ne peut plus prétendre vivre en démocratie dans ces conditions. Si, ce traité est adopté en tant que tel, l’ensemble des politiques économiques est transféré à la Banque Centrale Européenne et à la Commission. Les Parlements ne peuvent se pronnoncer que dans le cadre défini par eux et le "traité-constitution".
- 2) Refuser cette même "constitution", tant qu’elle aura pour effet de déterminer, ou d’orienter,un certain nombre de politiques dans un sens donné ; que soit au niveau international, de l’environnement, économique (largement libéral) ou autre. Une constitution n’a pour objet que d’organiser les relations des trois pouvoirs (législatif, executif et justice) entre eux, ainsi que de garantir un certain nombre de droits fondamentaux. Et je ne vous parle pas de sa longueur : 348 articles incompréhensibles pour un novice, alors que les Etats-unis, Etat-fédéral, ont une constitution de quelque dizaines d’articles et qui existe depuis plus de deux siècles. Il y a manifestement une volonté de tout contrôler et de maintenir le citoyen dans l’ignorance.
- 3)Mettre aux oubliettes la doctrine libérale monétariste, qui confond l’interface du processus économique, la monnaie, avec le processus économique réel, la création de bien et de services. Cela explique en partie l’incompétence de beaucoup d’"économistes" et l’objectif fou de "stabilité des prix" en tant qu’objectif de l’Union, qui n’a d’autre but que de masquer l’hyperinflation (qui est bien visible au sein des circuits financiers).
- 4) Abolir le pacte de stabilité, et notamment toutes règles limitant la gestion des budgets des Etats, la fameuse interdiction du déficit public en dessous de 3%. Politiquement une telle règle signifie : "vous Etat ne pouvait émettre du crédit pour la satisfaction des besoins essentiel de votre population que dans une certaine limite." Cette limitation prévaut même en cas de crise économique. Ce qui pour l’Etat veut alors dire : "si vous avez besoin d’argent, privatisez". Autrement dit, la souveraineté d’un corps légitimement élu est limitée et les choix politiques, qui lui sont offert, sont orientés dans un certaine direction.
- 5) Contrôler et réglementer les flux de capitaux, ce qui permet d’éviter la spéculation, qui ruine l’économie, car cela crée de la valeur sans créer de richesses. Cela permet aussi de lutter contre le blanchiment de l’argent sale et le trafic de drogue, également contre le terrorisme. Cela évite d’avoir à la place des lois liberticides, contre les particuliers, au nom de la lutte contre le terrorisme ou je ne sais quoi.
- 6) Appliquer les principes ci dessus en ce qui concerne le FMI, la banque mondiale, et les paradis fiscaux.
- 7) Restreindre, ou désintensifier, la concurrence par des moyens de douane tout en préservant la libre circulation des personnes. Plus la concurrence est ardue, plus il faut limiter ses coûts pour être « compétitif ».
Question : sur quoi va porter cette réduction ? Elle porte généralement sur l’argent versé au salarié ; le salaire brut (comprenant les charges à la Sécu, etc.). C’est aussi du rôle de l’Etat, bien sûr, d’alléger ses charges qui sont considérées comme étant un frein à l’activité économique. Mais, en faisant cela il se passe deux choses : le salarié dispose de moins d’argent pour consommer, ce qui est embêtant dans une société de consommation. L’Etat a moins d’entrées fiscales pour poursuivre ses missions (attention, l’Etat peut toujours créer d’autre impôts ou taxes portant sur des assiettes différentes). Il faut qu’il privatise pour atteindre un « équilibre budgétaire ». Dans sa grande clémence la Commission européenne lui autorise 3 % de déficit budgétaire. Mieux, maintenant, on peut mettre a disposition des entreprises des salariés gratuitement, une sorte de service de travail obligatoire, grâce à une innovation « sociale », le RMA.
- 8) Rappeler systématiquement le Programme d’action du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944. Alors, que c’était son 60 anniversaire cet année, cela a été a peine évoqué. Pourquoi ? Si on examine son contenu, il est frappant de constater, dans une large mesure, que tout ce contre quoi ces personnes courageuses se sont battus est en train d’être appliqué (depuis un bon moment) au niveau national, européen et international.
Le point 5-a, relatif à l’économie est particulièrement révélateur, il promeut notamment : « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » et « une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle à l’image des Etats fascistes ». De la combinaison des deux, cela signifie en réalité le refus de l’expertise financière (la dictature professionnelle) comme fondement principal de la détermination d’une politique. D’une manière élargie, cela signifie le refus de l’administration des choses (contre l’individu).

Je pense que tout altermondialiste devrait lire ce texte (disponible sur le net ou en fichier joint), s’en prévaloir, car il est très instructif.


 
 
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Programme d’action du Conseil National de la Résistance
 
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