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Présidentielles : Le Pen hisse la voile

A chacun ses jeux de mots. Mais Le Pen l’a promis, juré vomi, il ne se livrera plus à ses calembours. Même si 15 ans plus tard, chacun s’en souvient et si une partie de la France profonde s’en gargarise aujourd’hui encore. Foin des erreurs de jeunesse, Le Pen chante le rap et fume le narguilé.

Les politiques, démocrates s’entend, devraient s’inquiéter. Mitterrand, qui se prenait pour Jepetto a vu sa marionnette prendre un jour la tangente pour flinguer et pomper indifféremment droite et gauche. "Pen occhio" eut son heure de gloire puis tomba quelque temps dans les oubliettes. La pression de la chasse d’eau n’était pas assez violente, et il sut s’agripper aux parois pour réapparaître en 2002 et, à 73 ans, il se présente aux prochaines élections présidentielles. Il aurait obtenu les six cents promesses de signatures nécessaires. Il aurait promis de remercier les dits signataires d’un chèque de 2000 F. L’orgueil n’a pas de prix. L’indignité, si.

Le Pen a vieilli. Il fait à présent son mea culpa et regrette quelques "phrases malheureuses" qu’il a pu avoir par le passé. Exit "Durafour crématoire" ou "les chambres à gaz, point de détail de la seconde guerre mondiale". C’est vrai qu’à cette époque, c’était un gamin. C’était en 1987, il n’avait que 58 ans. En vieillissant, Le Pen se trouve une nouvelle jeunesse. Il chante le rap et fume le narguilé (pour les besoins d’une photo) dans une bar de Pigalle. Il est ouvert, Le Pen qui comprendrait presque les débordements des jeunes Beurs qui, lors du match de foot France-Algérie, avaient, in fine, envahi le terrain, non sans avoir préalablement copieusement sifflé la Marseillaise. Pro-arabe ? un peu si sa pêche aux voix peut lui valoir celles des harkis dont il prend la défense avec une spontanéité touchante.

Il a tellement changé, Le Pen, qu’il n’a jamais changé : "je suis resté l’homme de centre droit que j’ai toujours été". Pas changé non plus lorsqu’il remet, pour la 4e campagne présidentielle de sa carrière, le couvert de la "préférence nationale" dans les domaines de l’emploi, du logement, de la santé etc.. Quid du Français d’origine maghrébine mais bel et bien détenteur d’un passeport français ?

Le Pen et le mouvement qu’il préside constituent un cas d’espèce en France : le front national est sans doute le seul parti qui n’a pour ainsi dire pas besoin de mener campagne : les frustrés de tout poil viennent à lui, comme ça spontanément, vider leur bile dans l’urne. "A vomi !" Ce n’est pas un programme qu’ils veulent lire, ils souhaitent simplement montrer leur cul au reste de l’humanité. Sans prendre la précaution de s’assurer de sa propreté.

Les politiques, les démocrates s’entend, devraient prendre garde : la misère, la frustration, le sentiment de n’être rien, constitue un terreau particulièrement fertile pour le fascisme. De France et d’ailleurs. Laïc ou religieux.

Djam


 
P.S.
 
 
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1 commentaire
  • un fils de harkis 27 janvier 2004 13:29, par Abdel fils de Harkis

    Pro-arabe ? un peu si sa pêche aux voix peut lui valoir celles des harkis dont il prend la défense avec une spontanéité touchante.

    LE PEN on vous le laisse !

    Ils nous a jamais défendu. Vous ne savez pas que
    souvent ce sont les électeurs FN qui traitent aussi les harkis de bougnoule.

    Les arabe qui ont voté le pen espéraient qu’une fois élu, il déclarerai la guerre aux juifs.

    Abdel
    fils de Harkis

 
 
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