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22 février 2005

A peine les lumières éteintes des festivités de son investiture acte II, en qualité de Commandant en Chef des USA, G.-W. BUSH s’invite à une réunion de l’OTAN à Bruxelles le 22 février prochain. Au programme : opération de séduction.

G.W. BUSH est inquiet. Malgré des signes d’apaisement après les dissensions sur l’Irak, le clan des rebelles européens à l’invasion US ne baisse pas les bras.

Lors de sa tournée d’adieu et de passage à Bruxelles au siège de l’OTAN, Colin POWEL s’est déclaré déçu du peu d’enthousiasme des membres de l’Alliance à envoyer des officiers en mission en Irak. Mission essentiellement basée sur la formation des officiers irakiens nouvelle mouture.

Du bout des lèvres, l’OTAN avait pourtant accepté cette mission. En pratique, le groupe des quelques 300 formateurs n’est pas prêt.... par manque de volontaires. On peut comprendre.

A ce jour, huit pays (France, Allemagne, Grèce, Turquie, Canada, Espagne, Belgique et Luxembourg) ont opposé une fin de non recevoir à la demande US. Pas très content, Colin POWEL a laché : "dès lors que des unités ou des personnes sont affectées à un organisme international, elles doivent travailler pour cet organisme". Exact, mais pas dans le cas de l’Irak. Le but de l’Alliance (signée le 4 avril 1949)est de sauvegarder la sécurité commune des pays membres par le biais d’une coopération politique et militaire.

Si, dans le passé, l’OTAN est intervenue, en différents endroits du monde , elle ne l’a fait que dans le cadre d’une résolution de l’ONU pour le maintien de la paix.
Le contexte irakien est totalement différent.

En trainant les pieds, les Pays-Bas et la Hongrie ont accepté de participer à la mission de formation. Paradoxe lorsqu’on sait que, dès le 31 décembre 2004, la Hongrie retirera ses 300 hommes en place en Irak et que les Pays-Bas se sont engagés à rapatrier ses 1 500 soldats stationnés dans le sud de l’Irak, en mars prochain.

La visite de G.-W. BUSH à Bruxelles est importante ; elle déterminera la ligne de conduite des membres de l’OTAN pour les années à venir.

Connaissant la volonté des Européens à règler définitivement le problème israélo-palestinien, G.W. BUSH pourrait exercer une politique du donnant-donnant. En promettant de s’impliquer dans le processus de paix au Moyen-Orient, il pourrait ainsi rallier à sa cause les membres récalcitrants de l’OTAN.

Seule la France qui ne fait pas partie du commandement militaire intégré pourrait tirer son épingle du jeu.

Le ministre allemand des Affaires Etrangères espère que la visite de Bush donnera l’occasion de "trouver un nouveau consensus transatlantique". Lequel ?

En acceptant d’envoyer des officiers issus de tous les pays membres, l’OTAN signerait un blanc seing pour toutes les futures aventures guerrières du cow-boy texan.

Ensablé en Irak, G.-W. BUSH fera tout, quitte à mentir une fois de plus, pour rallier à sa mauvaise cause des européens décidément lents et pas très coopérants.


 
 
 
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1 commentaire
  • > 22 février 2005 14 décembre 2004 10:22, par bert

    b’jour

    L’OTAN est en Afghanistan avec l’ISAF. La ligne éditoriale étant de dire que Karzai est l’espoir du pays, et la menace venant des supposés "seigneurs de la guerre", l’OTAN en Afghanistan passe le plus clair de son temps à tenter de désarmer ceux qui avant 2001 étaient LES SEULS à combattre le terrorisme réel qui existait dans ce pays sous les taleban.
    Pourtant, si des régions comme Hérat, le Pandjshir ou autres sont en relative sécurité, ce n’est pas grâce à l’OTAN, qui ne s’y risque pas, ni à Karzai qui s’y ferait lyncher. Cela tient, qu’on le veuille ou non, au fait que les dirigeants locaux, issus pour la plupart de la résistance aux soviétiques et aux taleban, ont maintenu leur pouvoir dans ces régions.

    Or, plutôt que de s’appuyer sur ces chefs régionaux pour réunifier le pays pas à pas, l’OTAN cautionne la méthode US qui est de centraliser le pouvoir et l’imposer, si besoin par la force, à ces régions, sans tenir compte du passé et des réels centres d’autorité.

    La situation peut paraître étrange : les pays du "pacte Atlantique nord" assurent la sécurité d’un gouvernement imposé par les USA dans un pays d’Asie centrale...La raison serait que ce pays aurait été une menace pour les USA, voire le monde "dit libre". Que l’on sache, pas un afghan ne se trouvait dans les avions du 9/11, et les taleban n’étaient en Afghanistan que grâce aux combinaisons pakistanaises, pays allié des USA. Les seuls à avoir souffert du terrorisme talebano-pakistanais sont les afghans eux-mêmes. Si d’autres étaient installés sur le territoire, ils ne s’agissaient pas d’afghans, et ils bénéficiaient de facto de la protection pakistanaise, pays qui était déjà allié de ce monde libre si cher à nos orwelliens médias.

    Que fait donc l’OTAN en Afghanistan ?

 
 
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