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La ville lumière s’illustre !

Une journée ordinaire au pays des droits de l’homme

Il n’a pas arrêtée de pleuvoir, même pendant la manif des sans-papier.
La nuit de vendredi à samedi a été particulièrement froide et humide et la journée a été aussi pire. Pas de répis.

Sur le campement plusieurs matelas en mousse sont gorgés d’eau et les familles qui sont sur place restent sous le porche plus sec. Même les mômes n’ont pas envie de jouer sous la pluie.

Comme les jours précédent, un car de police veille au grain, les policiers (dont à chaque fois au moins une femme) ont reçu un ordre très clair : pas de bâche !!!

La bataille de la bâche

Depuis qu’elles se sont fait expulsées de l’immeuble, le préfet, la mairie du XIème, la mairie de Paris, ont refusé tout contact avec les famille et le DAL
 [1].
Le premier jour, le commissaire a essayé d’empêcher Emmaüs d’apporter des sandwichs, devant l’émeute d’indignation, il a fini par laissé faire.

Par contre pendant ces 3 jours, la police a constamment refusé que Médecin du Monde apporte des couvertures chauffantes. Quand le DAl a voulu mettre en place une bâche pour protéger les familles de la pluie et du vent, la police est devenu hystérique. Il n’en était pas question. Pourquoi ? "Les ordres viennent d’en haut".
Les familles ont fini par obtenir que la bâche soit abaissé pour la nuit de vendredi à samedi.
Résumons, les "ordres d’en haut" étaient clairs : pas de nourriture, pas de couverture chauffante, pas de bâches.

Samedi, 3 jours après l’évacuation, la presse commence à parler du campement, Le Parisien, Libé, Le Monde. Vers 14 h une équipe de télévision arrive. Les policiers en faction demandent leurs papiers (une première parait-il). Il s’agit de journaliste de France 2. Des images des familles sous la pluie dans le journal de 20 h à quelques semaines des présidentielles et des législatives... C’est pas bon pour le morale de Georges Sarre (pitoyable maire MDC du 11ème, et du PS). Une heure après, pour la première fois depuis le campement, les policiers s’en vont !
Du coup, le DAL parle de réinstaller une bâche. Vers 17 h une nouvelle bâche, plus solide et plus grande, est en place. A ce moment, une voiture de police fait une ronde sur le boulevard, voyant cette dernière, les policiers pilent, viennent sur le campement et exigent que la bâche soit enlevée. Pourquoi ? "C’est les ordres".
Tout le monde refuse. Cris, slogans... Les policiers téléphonent, préviennent que des "gradés" vont arriver, comptent le nombre de manifestant. Et au bout d’une heure, la queue entre les jambes, s’en vont. Ha oui, l’équipe et la caméra de France 2 est toujours là... Apparemment, cela calme les "ordres d’en haut".

Un début de négociations

Entre temps, Liliane Capelle, maire adjoint du 11ème, bras droit du Maire Georges Sarre, qui semble t’il s’est étranglée à son petit déj en lisant le reportage de Libé sur le campement, s’est pointée samedi avec une proposition "généreuse". Clairement affolée par la dimension médiatique que commence à prendre cet événement et alors que pendant 3 jours la maire d’arrondissement a refusé tout contact avec le DAL et les familles, elle a expliqué qu’elle avait passé toute la journée à téléphoner au préfet, à des associations caritatives et à l’hôtel de ville pour trouver une solution. Noter qu’elle a fait cela un samedi, en plein week-end, il faut vraiment qu’elle soit affolée pour faire d’un seul coup, pendant un week-end, ce qu’elle aurait pu faire 3 jours avant !!!

Sa propositoin est la suivante : les familles arrêtent de camper, acceptent un hébergement dans un hôtel jusqu’à mardi, pour attendre une réunion avec la préfecture, les services sociaux afin de trouver une solution de relogement.

Parmi les familles qui campent, certaines ont déposées un dossier et attendent depuis 10 voir 14 ans un logement social...

Les familles refusent l’hôtel car elles n’ont pas confiance et décident de rester sur place jusqu’à cette réunion. Elles demandent la réouverture de l’immeuble pour avoir un abri en attendant.

Ce que refuse l’adjointe au Maire. Il lui aurait suffit d’un coup de fil au propriétaire de l’immeuble, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, pour obtenir le départ des 4 maîtres chiens à l’intérieur et d’offrir un toit pour quelques jours. Mais bon... Le campement continue donc au moins jusqu’à la réunion.

A Paris, aujourd’hui dimanche,(10 février 2002. NDLR) il pleut toujours.

Les suites

Il devrait donc y avoir, enfin, une réunion lundi ou mardi prochain pour trouver un hébergement pour les familles. Lundi, les familles sont convoquées en référé au Tribunal par la Chambre de Commerce et d’Industrie qui avait portée plainte contre le squat... Avant d’obtenir l’évacuation.
Le Dal, maintient le mot d’ordre d’un rassemblement de soutien tous les jours à 17 heures devant l’immeuble. Une réunion du comité de soutien est prévue mardi à 19 h (lieu à préciser)... Les précisions seront donnés sur le site dès que possible.


Notes

[1Le DAL a réquisitionné un immeuble à Paris (entre la station Père Lachaise et Saint Maur).

17 familles sans domiciles y sont logées. Il s’agit de familles nombreuses (jusqu’à neuf enfants) qui étaient à la rue auparavant. Malgré les demandes de logements, et alors qu’elles pourraient régler leurs loyers.

Mais, à Paris, les majorités changent, le racisme reste. J’ai oublié de préciser, ce sont des familles africaines. Et quand on est africain, et pauvre, on dort dans la rue.

Le plus dégueulasse dans cette gestion municipale de la précarité, c’est que les service de la mairie payent des nuits d’hôtel à des sans domicile (quand les dossiers sont acceptés), au prix 4 étoiles dans des hôtels sordides.

Cela reviendrait nettement moins chèr à la collectivité de faire des logements sociaux. Mais les pauvres surtout quand ils sont étrangers, ne votent pas.

Une carte postale de cette réquisition :

2 familles ont du quitter les lieux. Car elles n’étaient pas prévus, et il n’y avait pas de place pour elles. Ce sont les militants du DAL, qui ont du leur demander de sortir. Gentiment, mais on arrive à ce paradoxe effarant, que la gestion de la misère est déléguée à ceux qui essayent de la combattre. La dernière personne de ce groupe à partir était une femme. Elle pleurait. Elle avait un enfant (1 an, 2 an ?) avec elle. Il était 8 heures du soir...

Le DAL a ouvert ce lieu parce que la mairie de Paris n’assume pas le droit au logement. 17 familles ont trouvé un toit précaire. Ce sont des familles nombreuses (environ une soixantaine d’enfants en tout).


 
P.S.

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