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Les liaisons dangereuses

Remue-ménage en France autour des "amis" de l’ex-golden boy algérien Rafik Khalifa. Réfugié dans un palace londonien depuis août 2003, R. Khalifa, "Moumen" pour les intimes, soupçonné pour "blanchiment","abus de biens sociaux" et de "banqueroute franduleuse" (par la justice française), attend son extradition (Alger a lancé un mandat d’arrêt international à son encontre) vers une geôle algérienne nettement moins confortable.

L’affaire Khalifa a dépassé les frontières algériennes et a atterri sur le bureau d’une juge d’instruction française.Entre-autres motifs : la rémunération de stars françaises pour leurs apparitions dans des soirées organisées par le flamboyant R.Khalifa.

Un empire éphémère.

Au début des années 90, R.Khalifa, jeune pharmacien issu de la nomenklatura algérienne se lance dans le commerce des médicaments. L’essor est fulgurant. Ne s’arrêtant pas là, il crée la compagnie Khalifa Airways. Forte d’une flotte de 30 avions, cette compagnie est également partenaire d’Air Liberté. En 1999, elle obtient l’autorisation de s’implanter sur les aéroports français.

A la même époque, R.Khalifa s’invite à l’Olympique de Marseille en qualité de sponsor. Khalifa Airways s’affiche sur les maillots. Dans la foulée, cette compagnie achète à Cannes une somptueuse villa d’une surface de 5000 m2 : "Bagatelle" pour la très modique somme de 37 millions d’euros à un promoteur parisien ; lequel l’avait acheté quelques mois plus tôt... 16 millions d’euros.

L’argent coule à flots : création de la Khalifa Bank en Algérie. Création de la Khalifa Rent a Car en France : société de location de voitures luxueuses : Maserati, Ferrari, Jaguar et Mercédès.

Cerise sur la gâteau, R.Khalifa lance la chaîne Khalifa TV.Sans attendre l’autorisation d’émettre du CSA, il émet tout de même et fête l’évènement dans sa villa de Cannes lors d’une soirée pharaonique, qui aurait coûté 20 millions d’euros, où l’on retrouve pêle-mêle : Depardieu,Deneuve, Bruel, Jack Lang, Hervé Bourges, Besson et quelques grandes célébrités américaines.

Argent, champagne, sourires sur de belles photos souvenirs.

Au sommet et sa brève gloire, le groupe Khalifa employait 14 000 salariés.... tous au chômage aujourd’hui.

La chute

En 2002, des questions (sans réponse)se posent sur la provenance des fonds du milliardaire algérien. En février de cette même année, lors d’une soirée mondaine, où participaient C. Deneuve et G.Depardieu, le Président algérien Bouteflika et le tycoon ne s’échangent pas que des sourires. Leurs relations sont devenues glaciales.

En juillet 2003, Khalifa Airways dépose son bilan et la faillite est déclarée. Quelques jours auparavant, la fameuse villa de Cannes a été revendue à une mystérieuse société immobilière pour la moitié de son prix, soit 15 millions d’euros qui se sont... évaporés dans la nature.

Khalifa Bank ferme ses portes délestant au passage les épargnants de 50 millions d’euros qui se trouvent probablement aujourd’hui placés dans une banque de Sâo Paulo.

Khalifa Rent a Car met la clé sous le paillasson. Une partie des voitures de luxe ont fait la belle dans la nature.

Khalifa TV n’engrange pas un seul euro. Elle avait "oublié"de créer une régie publicitaire. De cette chaîne, il ne reste qu’un camion dans un hangar des douanes.

La justice française

Les employés du groupe Khalifa en France ont déposé plainte contre leur ancien patron. Leur avocate a déclaré : "ce groupe était géré d’une façon totalement irrationnelle, avec l’assentiment, au moins tacite, des autorités algériennes et françaises".
L’instruction de l’affaire permettra peut-être de révèler la provenance des fonds et de répondre aux interrogations sur les liens de R. Khalifa avec certains généraux en Algérie.

C.Deneuve et G.Depardieu sont soupçonnés d’avoir largement profités des largesses de "Moumen".
Interrogé par la justice française, l’homme de confiance de Khalifa a avoué avoir remis quelques enveloppes à l’actrice. Pour figurer au match OM-Algérie : 45 000 euros ; pour sourire à la soirée "Bagatelle" : 40 000 euros.
D’autres personnalités auraient également "touchés" des enveloppes pour participer aux soirées. Le montant alloué variant de 300 à 40.000 euros selon la réputation de la personne.

Dans son livre "Vivant !" G. Depardieu nie avoir touché le moindre centime. Selon lui, ses apparitions aux soirées, ses interventions auprès des autorités françaises et canadiennes pour l’ouverture de nouvelles lignes aériennes à la faveur de Khalifa Airways, il l’a fait gracieusement.
Il a toutefois pu effectuer quelques voyages à bord du jet privé de son "ami". Belle compensation tout de même...

Toutes ces sommes n’ont évidemment pas été déclarée au fisc. La juge d’instruction chargée de l’affaire ne manquera pas d’en connaître un peu plus en interrogeant tout ce beau petit monde.

Si les faits se révèlaient exacts, les bénéficiaires de ces petites enveloppes pourraient être poursuivis pour fraude fiscale, voire de "recel de biens sociaux".

A l’avenir, ces "stars" se méfieront de leurs "liaisons" qui peuvent s’avérer "dangereuses".


 
P.S.

Illustration : Avion.

 
 
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1 commentaire
  • > Les liaisons dangereuses 21 décembre 2004 07:35, par Essaid

    Bonjour,

    Je rajouterais pour complément, un empire se batit en 25 ans, en Algérie en 5 ans vous êtes milliardaire, Pourquoi et comment ?
    Le consortium Khalifa s’est bati sur la duplicité et la complicité des autorités Algériennes de l’époque.

    Il s’est perpétué sous le régne de Boutef , il a suffi que les "pompes à Phynance" s’arrêtent pour qu’on lui cherche des poux dans la tête d’où la chute de ce pseudo empire (plus de carte noire pour Said Boutef par exemple).

    CQFD.

    Cdt.

    Essaid.

 
 
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