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Les tambours de la guerre continuent de rouler.

En cette soirée du 2 février 2005, l’Amérique a parlé vigoureusement et le monde a écouté fébrilement. Le message du Messie rédempteur, George W Bush, fils de son père et ‘’sain’’ d’esprit selon les canons du ‘’Christian New born’’, n’était pas adressé à la nation américaine mais à l’univers dans sa globalité. Bush avait dans la bouche le verbe qui arrache des trémolos à la ménagère de 40 ans du Kansas profond et sur le pupitre l’acte de décès anticipé de milliers de Syriens, d’Iraniens et de Nords Coréens.

Ce rendez-vous annuel qui permet au président d’annoncer les grandes lignes de sa politique nationale et internationale a été sans conteste un succès, pour sa solennité mais aussi et surtout pour sa mise en scène ! Il y avait là tout le gratin de Washington réuni pour une grand-messe toute Hollywoodienne. La fougue était de mise et la foudre résonnait comme une promesse d’enfer pour ceux et celles qui ne font pas acte de repentance ou osent entraver la marche du bras de Dieu en ce bas monde vers le triomphe des valeurs chrétiennes exclusives que l’on tente habilement d’habiller d’un apparat démocratique de circonstance. Et comme un ‘’Soap Opera’’ indigeste, il fallait ce brin d’émotion qui fait toute la saveur du ‘’American way of life’’ : la mère d’un ‘’Marines’’ tué dans le désert Irakien pleurant dans les bras d’une Irakienne anonyme dont le père fut, semble t-il, assassiné par Saddam Hussein. Cette image symbole qui réunit dans le drame, deux femmes que tout oppose, baignant dans les larmes de l’espérance d’une paix à venir est le message quasi biblique que les Think Tank néo-conservateurs ont mis de l’avant pour clouer le bec aux détracteurs du Président. En cela, nous devons reconnaître, à notre grande désolation, que le succès de la manœuvre a été désopilant !
Tout le monde a pu observer à loisir que sous ce Capitole aux lambris dorés, les républicains jubilaient, les démocrates avachis, les militaires stoiques sauf quand il fallait louer la bravoure des troupes et John Kerry triste à en mourir ! Le pauvre bougre (réellement flip-flop pour ceux qui en doutaient encore) applaudissait debout, sous l’œil narquois du nouveau Roi Soleil qui tançait cette Syrie incorrigible donnant asile aux terroristes, cet Iran prétentieux qui tente de développer un programme nucléaire clandestin, cette Arabie Saoudite et cette Égypte Chloroformées qui doivent se démocratiser. Et ma grand-mère de Kabylie qui doit porter des Jeans 501.

Sans aucun doute, les élections Irakiennes ont galvanisé le Président. Il a indéniablement marqué un point mais il ne réalise pas qu’il vient d’en perdre 10. Georges Bush ne voit que le bon côté de la médaille et son peuple aussi ! Le monde voit autre chose. Il voit que l’Irak, élisant une assemblée constituante, doit rédiger, une fois les résultats de l’élection connus, sa constitution, élire ses institutions et ses représentants et demander souverainement à la puissance occupante de quitter les lieux avec armes et bagages. Bush aura alors deux choix : celui de faire fi des demandes expresses de ses ‘’hotes’’ et c’est la guerre qui continuera sous une forme plus sanglante, ou celui de retirer ses troupes avec le sentiment du devoir accompli et la fierté d’avoir instauré la ‘’démocratie’’ dans le premier pays arabe et musulman. Mais que l’on ne s’y trompe pas, George Bush l’a dit et répété, il ne s’en ira pas ! Il a demandé au congrés une rallonge de 80 milliards de dollars pour supporter l’effort de guerre. C’est beaucoup d’argent pour quelque mois de camping de plus dans le désert Babylonien.

Bush restera, bon gré mal gré, car c’est de l’Irak qu’il frappera et envahira la Syrie. C’est de l’Irak qu’il frappera et envahira l’Iran et c’est de l’Irak qu’il frappera les terroristes qui menacent l’Arabie Saoudite et son voisin le Koweit : centres névralgiques s’il en est pour ses besoins stratégiques en énergie .
Bush restera, bon gré mal gré, car c’est de l’Irak qu’il compte assurer la sécurité permanente d’Israél advenant la création d’un État Palestinien virtuel qui étendra sa souveraineté sur quelques Bantoustans de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Quand je pense que depuis 3 ans l’effort de guerre a coûté au trésor américain 300 milliards de dollars, je ne puis m’empêcher de penser aux centaines de milliers d’écoles que l’administration américaine aurait pu bâtir dans les pays du tiers-monde et soulager ainsi l’illétrisme qui mène à tout sauf au bonheur. Je ne puis m’empêcher de penser aux dizaines de millers d’hôpitaux que l’administration américaine aurait pu réaliser pour venir à bout des pandémies récurrentes qui déciment l’afrique. Je ne puis m’empêcher de penser aux dizaines de milliers de petits barages et retenues colinaires qu’elle aurait pu réaliser pour rendre la vie et l’espoir à des centaines de millions d’affamés à travers le monde. Je ne puis m’empêcher de penser qu’avec 300 milliards de dollards, intelligemment investis, L’Amérique aurait eu 6 milliards d’admirateurs .
Il n’en sera rien malheureusement ! Tant pis pour nous et pour eux !

Larbi Chelabi
Canada


 
 
 
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