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Bush junior a-t-il peur des fichiers sur le terrorisme Reagan-Bush ?

Une chronique de Jack Forbes publiée par : Wambli Gleska dans sa rubrique "Signaux de fumée".

Le président George W. Bush cherche à éviter la déclassification prévue de quelques 68 000 pages de documents sur l’administration Reagan-Bush (1981-1989), documents qui pourraient bien contenir des informations embarrassantes sur les moyens mis en oeuvre par le gouvernement pour financer, supporter et même créer des groupes terroristes en Amérique Centrale ou ailleurs. Il a émis un "ordre exécutif" pour arrêter la déclassification des documents. Cette déclassification est démandée par le Presidential Records Act voté par le Congrès. Ceci nous ramène-t-il pas à l’infame scandale "Iran-Contra" dans lequel la branche exécutive a audacieusement ignoré une action du Congrès ?

Il est bien connu qu’environ 200 000 à 300 000 personnes, pour la plupart des américains (d’ascendance amérindienne), furent tués, torturés et disparurent pendant les années Reagan et George Bush I. Ils furent assassinés aussi bien par des escouades terroristes (tels que les Contras et les escadrons paramilitaires de la mort) que par les troupes de l’armée régulière du Guatemala, du Salvadore et du Honduras souvent dirigées par des officiers formés à la célèbre École des Amériques (School of the Americas) gérée par le Ministère de la Défense des États Unis. L’immense majorité de ceux qui furent tués, dans les années 80 et 90, était des amérindiens.

Le terrorisme dirigé contre les fermiers d’Amérique Centrale, les organisateurs de syndicats, les ouvriers, les religieux et les dirigeants communautaires était financé directement ou indirectement par les État Unis. Par exemple, les Contras furent essentiellement créés par les USA et étaient utilisés en tant que tueur à gages dans la guerre non déclarée et illicite contre le gouvernement du Nicaragua. Le Congrès des États Unis vota régulièrement des fonds pour la guerre bien qu’elle fut directement une violation de la loi internationale, étant donné qu’il est illégal pour un pays d’essayer de renverser un gouvernement reconnu par les autres pays. Lorsque le Congrès refusait de financer la guerre, l’administration Reagan-Bush continua de toutes façons à fournir des fonds via la fraude notoire Iran-Contra. Ce fut un acte de rébellion contre le Congrès des États Unis, qui reste encore a être entièrement expliqué par la déclassification de tous les documents appropriés.

Il est interressant de remarquer que le scandale Iran-Contra impliqua Reagan et Bush Senior faisant du pied aux militants musulmans iraniens qui venaient juste de détenir des otages américains pendant 444 jours !

Maintenant, en 2001, que G.W. Bush a lancé une "croisade" contre le terrorisme, des questions surgissent alors : se préoccupe-t-il seulement des actions des autres pays et pas du terrorisme dont l’origine provient des USA ? Est-il en train d’essayer de protéger la réputation de son père et des membres de son administration qui fait partie de l’administration actuel de Bush II ?

Le fait que Bush II essaye de bloquer la déclassification des informations fondamentales pose une autre question : peut-être qu’une des raisons pourquoi Bush II a été nommé à la présidence en 2000 par une décision votée à 5 contre 4 de la Cour Suprême, résidait dans une peur répandue parmi les Républicains que Gore, s’il avait été élu, aurait permis au public d’accéder à des enregistrements incriminant les années Bush-Reagan. Ils avaient peut-être peur que les nicaraguyens et d’autres lancent des actions en justice contre ceux qui étaient responsable du terrorisme des années Reagan-Bush, spécialement pendant la période dans laquelle il a été désavoué par le Congrès ?

Les Amérindiens, aux USA, savent que trop bien comment la disparition des secrets gouvernementaux peut porter un immense préjudice. Les Indiens souffrent de la dissimulation, ou de la perte, d’enregistrements du Bureau des Affaires Indiennes ; et l’argent dû aux tribus des Premiers Peuples pourrait ne jamais leur être restitué à cause des facéties, des secrets, et peut-être de la corruption des bureaucrates. Maintenant une population globale affronte le même genre de problèmes de l’administration Bush II.

[...]

Si l’administration Reagan-Bush a violé les lois internationales, a commis des actes terroristes, et a été responsable de l’introduction de drogue dans le pays (parmi d’autres actions odieuses), n’avons nous pas le droit de connaître la vérité ? Y at-t-il quelqu’un ici qui ne désire pas connaître la vérité ?

Nous avons également le droit de demander que les responsables gouvernementaux qui ont autorisé et/ou exécuté des actes illégaux soient punis, étant donné qu’aucune limitation ne peut s’appliquer au terrorisme international. Les centaines de milliers de personnes d’origine amérindienne, dont je fais partie, ne sont pas mortes en 1492 des mains de Christophe Colomb. Non, elles sont mortes il y a juste quelques années et leurs meutriers sont généralement encore libre et vivante aujourd’hui. Cela ne demande-t-il pas des actions de la part des sénateurs ou des membres du Congrès - ou cela fait-il partie des règles d’un jeu à plusieurs niveaux ?

Si des milliers d’afghans meurent dans une campagne anti-terroriste, n’avons nous pas l’obligation d’être absolument intraitable sur nos propres pratiques terroristes ou de support au terrorisme ? Supprimer maintenant les documents publics signifierait un sommet d’idioties ou quasiment un aveu de culpabilité.

Une traduction de Vince d’après l’article de Jack Forbes


 
P.S.

Jack Forbes, indien Powhatan-Delaware, est un historien, critique social, poête et écrivain. Vous pouvez consultez sont site web...

 
 
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