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Tu voulais voir Antibes...

Le candidat Jacques Chirac nous a fait le coup de la fracture sociale en son temps. Il s’est tout récemment officiellement déclaré à Avignon, ville dont le festival d’été est l’une des principales vitrines. En poussant un peu plus au sud, il aurait gagné une autre ville qui, elle aussi, a son festival. Antibes a une autre spécialité : les cages à poule dont les dindons sont de pauvres bougres sans défense.

"Tout propriétaire d’un immeuble insalubre on menaçant ruine est contraint d’assurer le relogement des occupants et de contribuer au coût correspondant" stipule clairement la Loi SRU (Loi Gayssot-Liennemann)". Un article paru dans l’Huma du 26 février nous relate la mésaventure que vivent depuis des années les "locataires" de Michel Muratori, ci-devant propriétaire et heureux habitant d’une ville, Antibes, qui outre son festival de jazz et sa baie, possède également la particularité d’être une des villes de la région PACA de "non construction de logements sociaux".

Monsieur Muratori, dont la belle-sœur occupait autrefois le fauteuil très convoité d’adjointe au logement de cette belle ville, se défend d’être un marchand de sommeil. C’est juste un marchand qui connaît apparemment très bien son affaire puisque ses "locataires" versent chaque mois un loyer compris entre 360 et 1000 F. Au nombre d’une cinquantaine, pour la plupart des hommes, ces locataires "vivent" dans de minuscules pièces, non chauffées pour la plupart d’entre elles, et dans des caravanes dont on imagine assez aisément le niveau de confort.

Si on s’essayait à une moyenne basse en estimant que le loyer moyen perçu par ce monsieur s’élèverait à 500 F, on obtient tout simplement des rentrées mensuelles équivalentes à 25 000 F. Ce qui n’est pas rien.

Une visite de la DDASS a révélé que les "pièces sont alignées dans ce qui devait être une remise agricole avec toits de tôle (..) Les murs sont parfois fabriqués avec des morceaux de contre-plaqué. Des grillages à poule font office de fenêtre". Sans doute pour mieux profiter, au matin, du chant du coq. Cerise sur le poulailler, ces "locataires" payent évidemment une taxe d’habitation.

Il semble au dernières nouvelles que le conseil municipal d’Antibes déclarera unanimement le caractère d’insalubrité de la propriété et donc proposera une solution de relogements à ces cinquante personnes.

Comment qualifier l’histoire, longue de plusieurs années, de ces hommes ? Peu importe, ils ne votent probablement pas.

Djam


 
P.S.

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