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Insécurité : mythes et réalités.

L’insécurité est la première préoccupation des Français », c’est dit et répété comme une évidence et ce sera le thème n°1 de la campagne électorale. Le sujet est délicat pour des révolutionnaires, car on ne peut se contenter d’évoquer le chômage et de « comprendre » ceux qui s’en prennent aux poubelles et aux voitures ...des ouvriers. Mais la première chose à faire, c’est d’essayer de cerner la réalité des faits, au-delà des fantasmes et de la démagogie.

Rien de bien nouveau

D’abord, pour un regard à long terme, c’est-à-dire sur deux ou trois siècles, la sécurité des grandes villes s’est considérablement améliorée. Pourquoi ? Parce qu’autrefois y cohabitaient, presque dans les mêmes quartiers, la bourgeoisie aisée et le prolétariat misérable sans protection sociale. Les vols à la tire, vols par effraction, crimes et escroqueries en tous genres fleurissaient. Les classes populaires étaient bien des « classes dangereuses » pour la bourgeoisie, et cela à un double titre, car ça allait de temps en temps jusqu’à l’émeute et l’insurrection.
On ne se souvient pas du déchaînement des commentaires alarmistes au sujet des « blousons noirs » dans les années 1960. Enfants du baby-boom d’après-guerre, à la fois jeunes et de milieu ouvrier, ils semblaient annoncer, disait-on, « l’effondrement complet des valeurs occidentales » ! Le nombre de mineurs impliqués dans un vol de voitures, par exemple, avait été multiplié par 40 entre 1950 et 1962. Il est vrai que le nombre de voitures en circulation était passé, dans le même temps, de 1,5 million à plus de 5 millions...
Les jeunes ont toujours inquiété. Socrate, qui a pourtant été condamné à mort pour non-respect des dieux et corruption de la jeunesse, disait, plus de 400 ans avant notre ère :
« Notre jeunesse... est mal élevée, elle se moque de l’autorité et n’a aucune espèce de respect envers les anciens. Nos enfants aujourd’hui... ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce, ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont simplement mauvais ».

La « grande » insécurité est en baisse

La première réalité à noter est que le taux des délits les plus graves n’augmente pas. Nous disons bien : le taux. Car le nombre augmente légèrement, et le tour de passe-passe démagogique le plus grossier consiste à oublier de le comparer à l’évolution du nombre d’habitants. Nos « sécuritaires » parlent donc plus volontiers de la « petite délinquance ». Reconnaissez alors qu’il s’agit d’une petite insécurité !
La catégorie la plus importante des homicides involontaires, ce sont... les accidents de la route. Mais, « depuis le milieu du 20e siècle, qu’il s’agisse des homicides, infanticides, coups et blessures volontaires, atteinte aux moeurs, la plupart des crimes et délits contre les personnes, en taux pour mille habitants, sont restés pratiquement stables » (La Documentation Française). Depuis 1994, le taux des homicides est en baisse.

Cannabis et sans-papiers !

Les deux courbes de statistiques policières qui, réellement, explosent sont celles des « infractions à la législation sur les stupéfiants » et des « infractions à la législation sur les étrangers ».
Plus de 70 000 personnes sont interpellées chaque année pour usage de stupéfiants. Dans les ¾ des cas, il s’agit de cannabis, dont on sait par ailleurs qu’il est moins dangereux pour la santé que le tabac et l’alcool. Et, à 90%, il s’agit d’ « hommes de moins de 30 ans ». La moitié se déclarent sans profession, les autres, lycéens, étudiants, ouvriers, employés... Les enquêtes sociologiques montrent que la consommation de drogue concerne autant, sinon plus, les jeunes des classes moyennes et aisées. Les enquêtes policières, elles, s’intéressent presque exclusivement à ceux des classes populaires.
Quant aux P.V. collés aux travailleurs étrangers pour défaut de papiers, il y en a eu environ 50 000 par an dans les années 1990. Où est l’insécurité ? Elle est surtout pour le travailleur lui-même ! Il est plus dangereux pour autrui de rouler sans permis de conduire !
Cannabis et sans-papiers, voilà ce que disent les chiffres. Or ceux-ci ont pour responsables : 1. le gouvernement, 2. les flics. Il suffit que le gouvernement légifère (loi de 1970 sur les drogues), continue à confondre héroïne et cannabis (pour les lois contre les travailleurs immigrés, demandez aux sans-papiers !), et il suffit que les policiers aient comme objectif de faire du chiffre, de présenter un beau palmarès à leur hiérarchie, pour que les statistiques explosent. Sans que la réalité sur le terrain n’ait changé, en tout cas pas du tout dans les mêmes proportions.

Les « dégradations et destructions de biens »

Les dégradations de biens ont augmenté dans les années 1970, baissé dans les années 1980, et augmenté à nouveau dans les années 1990. Saccages de locaux, incendies de véhicules, bris de glace des cabines téléphoniques et des abribus, caillassages de véhicules de police, ou même de pompiers, de bus, etc. Ces faits vont de pair avec les « outrages et violences à représentants de l’autorité ». Ils ciblent l’appareil d’Etat, les flics, et plus largement tout ce qui est fonction publique.
Personne ne s’est demandé pourquoi ces « délits » avaient baissé dans les années 1980. Un seul
rappel pour évoquer la situation de l’époque : fin 1983, la « marche pour l’égalité et contre le racisme » a le soutien de l’Elysée et culmine par une manifestation de 100 000 personnes à Paris. En clair, il y avait une sorte d’espoir, qui sera vite déçu.

D’où vient l’intox ?

Ce n’est qu’après avoir rappelé ces quelques faits qu’on peut se poser la question des poubelles et des voitures des ouvriers ! On peut se demander aussi comment et pourquoi les affirmations les plus démagogiques sur l’insécurité, l’augmentation de la délinquance et la nécessité de réagir passent si bien. Jusqu’à être complètement adoptées, depuis 1997, par toute la « Gauche ». Pour nous, la plus grande des insécurités, et en particulier pour les jeunes, reste celle de l’emploi. Nous y reviendrons.

Marc Crépin

(La plupart des informations contenues dans cet article sont extraites de « Violences et insécurités », par Laurent Mucchielli, Ed. La Découverte).

Partisan n°164
Au Sommaire :
Insécurité : mythe ou réalité ?
Femmes et religions
L’amiante en procès
Sans papiers et demandeurs d’asile à Lyon
Intervention US aux Philippines
Argentine : naissance d’un contre-pouvoir ?


 
P.S.

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4 commentaires
  • > Insécurité : mythes et réalités. 8 septembre 2002 02:49, par pas mechant

    Voilà ce que je pense sur le thème de l’insécurité, si d’actualité. D’abord je constate que le discours politique est basé aujourd’hui sur le marketing. Les homes de droite ont décidé que pour gagner des élections politiques, il faut utiliser des techniques de manipulation médiatique La preuve le bombardement médiatique sur l’insécurité avant les élections, un vrai martyr pour les cerveaux délicats. Du matin au soir, toutes les chaînes tele, radio, bombardent avec les enfants qui tapent les professeurs et les voyous d’origine africaine. Quoi faire devant cette manipulation médiatique…garder la tête froide et se désinformer le moins possible… la vrai problématique c’est l’injustice et l’inexistence d’une égalité minimale fondamentale des être humains,

  • > Insécurité : mythes et réalités. 1er février 2003 15:19, par DONDAS Grégory

    Bonjour,

    Je suis lyceen en BAC pro(desin industriel)...et je me suis rendu sur votre site car de nos jours il faut passer par l’intox pour obtenir l’info.

    Votre site m’a permis de trouver des arguments sur lesquels fonder mon exposé sur l’insécurité et les maux des banlieux.

    A ce sujet mes predeceseurs dans cette tache,avaient une vision commune de la chose:trop tragique.
    La majorité de ma section est issue des classes moyennes,voir aisée de la société et certains d’entre eux ont peu ou pas de contact avec les gens des milieux défavorisés.
    A cause de certains media on a une considération générale, des cas extremes d’atrocités, se passant dans les quartiers de France. Tournantes,meurtres,deals...etc n’est pas le quotidien dominant des quartiers de France.

    A cause de certains on croit que les pauvres sont assez riche pour consommer et stocker les drogues qu’on vend...mais qu’ils continuent de vivre en H.L.M, se contentant du R.M.I pour le plaisir.

    A cause de certains on croit que les pauvres et les habitants des quartiers dit sensible sont tous des immigrés.
    Un grand nombre de voitures incendiés dans les milieux défavorisés, le sont aussi par de jeunes skineads,millitants du F.N, qui s’y exerçent aux heures les plus reculés de la nuit,heure ou d’ailleurs, ils collent les affiches de leurs leaders.

    Je vous remercie pour l’honneteté que vous manifesté...votre attitude assainit votre metier la où d’autres le souillent.

    Sincère salutation à tous,

    DONDAS GREGORY,
    Au nom du lycée Monge
    de chambéry,
    119 avenue M.Berroir
    73000 Chambéry
    tel:04-79-33-39-09

    • > Insécurité : mythes et réalités. 17 juin 2004 18:51, par une inconu connu

      gregory je suis tonber par asard sur ce cite,par asard sur ton message ,et je me suis apercu que je te connaiser a croire que le distin et bizard des fois bref je veut juste dire se que je pence et en auqu’un je ne reviendrer sur se que tu a dit .

      moi je pence que l’on est tous suger a prendre de la drogue ,a casser des voiture que l’on soit riche ,pauvre ou ni l’un ni l’autre .pour moi tout sa est le fruit de la soufrance et du malheur.les cites ne sont que des lotisement pour les gens qui souffre de toute sorte de chose se qui fait la différance avec les riche qui souffre eux (les riches)on toujour un amie(attention je ne dit pas que les pauvre on pas d’amies)pour les sortir de leur trou leur montrer que le bonheur peu exister ailleur.contairement en banlieu les gens souffre de la meme chose il connaise le malheur de puis qu’il sont de petit drolle et ne peuveut que partage leur haine et vouloir se vanger ensenble uni .si nous ne vivions pas dans un monde ou les gens ne vive que pour leur petite personne(malheuresement toute les monde vie pour soit meme toi et moi)l’on pourai peut etre connaitre le paradie

      une inconu connu de gregory

      • oulala, autant ton message est intéressant, autant il est illisible... j’ai jamais vu autant de fotttttes d’ortographe par mot !

        Tu devrais passer à l’émission des records...

        Un inconnu, inconnu de "l’inconu connu de gregory" et de gregory lui même (que je salue au passage)

 
 
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