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Le pouvoir : Faut-il obéir ou résister ?

Petit rappel des articles précédents :

Postulat : Les pouvoirs presque depuis toujours et presque tous, se comportent comme des pères ou mères abusifs, empêchant les peuples d’atteindre l’âge adulte. (article 1). Si les pouvoirs, dans les pays proclamés « démocratiques » sont légitimes au regard du droit écrit par et pour eux-mêmes, ils ne sont pas légitimes par rapport au « droit moral ». (article 2 & 3). L’exercice du pouvoir actuel, en France et dans quelques autres pays, n’a rien à voir avec la légitimité morale lue avec le support du « droit moral ». (article 4) La résistance est légitime puisqu’il s’agit de retrouver notre « souveraineté » perdue. (article 5). Si la résistance est légitime, il faut choisir entre la non-violence et la violence. (article 6). Il y a parallélisme entre le colonialisme et la mondialisation financière et marchande. (article 7).

Quelques pièges du pouvoir « père abusif ».

Tous les parents abusifs, père ou mère, usent de toutes sortes de stratagèmes pour conserver le pouvoir sur leur progéniture au travers de phrases sensées la garder prisonnière de la volonté parentale. Voici quelques exemples :
1) Les mérites du parent : Te rends-tu compte de tout ce que j’ai fait pour toi ? - Je me sacrifie pour toi. - Tout ce que je fais, je ne le fais que pour toi. - Tu me dois tout.
2) Le chantage : Si tu ne fais pas ce que je te dis, je te coupe les vivres. - Tu peux quitter la maison, mais tu ne remets plus les pieds ici.
3) Les reproches : Tu es un incapable ! Tu ne réussiras jamais en rien ! - Tu n’es qu’un égoïste !
4) La culpabilisation : Tu me rends malade ! - Je regrette de t’avoir mis au monde, c’est la pire bêtise que j’ai faite...

Il y a bien sûr une infinité de possibilité. Le but recherché est toujours la culpabilisation de la victime pour ficeler ce fils, cette fille ; tout de suite après ce sont des paroles débordantes d’amour pour mieux jeter le trouble... Lorsqu’il s’agit de garder le pouvoir sur un être, l’ingéniosité est sans limite. Il en va de même pour le pouvoir. A cet égard, le général De Gaulle usait, lui aussi, de phrases semblables, notamment au moment des référendums. Bien entendu, plus l’intérêt qu’on trouve à un pouvoir augmente, plus les méthodes sont dures ou raffinées. C’est souvent, comme pour les parents, un mélange de culpabilisation puis des discours sensés montrer notre grandeur. Les schémas sont identiques.

De l’utilité de la notion de « nationalisme ».

Dans le domaine des subtilités, mais qui sont de véritables grossièretés, les Etats, donc les pouvoirs, depuis toujours et partout, ont inventé et imposé des signes et des notions de ralliement obligatoires pour leurs populations. De cela est né le nationalisme et le patriotisme. De cela ont découlé les drapeaux et les hymnes nationaux. De cela est né le sentiment de supériorité et pour une part au moins, le racisme. Je sais que je vais en choquer plus d’un, mais il faut tout de même que les choses soient dites. Ces points, beaucoup d’autres avant moi les ont également décrits pour les stigmatiser et sans doute mieux que je ne saurais le faire. Mais il est important de les rappeler pour la démonstration que je tente.

Quelle est la valeur des notions de nationalisme et de patriotisme ?

Si l’on peut comprendre que ces notions eurent une utilité dans les temps reculés, au moment où certains bâtissaient des nations toujours plus grandes, l’intérêt personnel des « bâtisseurs » n’était tout de même pas absent, qu’il s’agisse de l’orgueil ou du besoin de fortunes pour assurer leur pouvoir. Par voie de conséquence, cela induisait la spoliation des masses. Les peuples n’auraient pas suivi ces « chefs, princes, rois » sans un puissant moteur agissant comme nos propagandes actuelles. Quel intérêt pouvait donc trouver un fils issu du monde paysan ou citadin, ou leur équivalent il y a deux mille ans et plus, à aller se battre contre d’autres ? Bien sûr, souvent, ils s’enrôlaient volontairement. Mais il fallait tout de même une motivation puissante pour accepter de risquer l’intégrité de son corps ou sa vie. Il y avait, certes, la solde, mais ce n’était pas suffisant. On inventa donc « la gloire du combattant », la beauté des victoires, l’ingéniosité, la grandeur et donc le respect absolu des chefs, et pour finir la supériorité du peuple qu’on asservi pourtant. Que ne dit-on pas pour acheter les foules ? Il y avait aussi, en ces temps, des compensations offertes aux guerriers (cela arrive encore dans nos guerres dites modernes) : Le pillage et les viols...

Pour unifier l’esprit d’un pays, les « princes » de tous les temps ont inventé, puis imposé, peu à peu, l’idée de nation dérivant fatalement sur le nationalisme et le patriotisme. Lorsqu’on y songe, toutes ces notions ne sont que de terribles pièges. Pour que les peuples se laissent manipuler plus facilement, il fallait leur faire croire que leur nation était la plus glorieuse, la plus puissante, qu’elle était « un tout sacré ». Il fallait que chaque individu comprenne et accepte, au besoin par la force, que sa vie n’avait pas d’importance, qu’il devait l’offrir si « la nation » la réclamait. Qu’importaient la famille, la femme, les enfants. Il fallait, au nom de cette abstraction tout sacrifier. Au fil du temps, le nationalisme et le patriotisme se sont transformés en véritables obsessions, en hystérie tragique. Sans ce maudit nationalisme, ce misérable patriotisme, les dernières guerres mondiales n’auraient pu avoir lieu. Des foules immenses d’hommes, de femmes, se sont jetées les unes contre les autres dans d’effroyables carnages alors que les combattants ne se connaissaient pas, alors qu’ils n’avaient rien à se reprocher mutuellement. N’est-ce pas, là, le sommet de la stupidité humaine ? Si, à mon sens, si. Bien entendu, je parle pour l’essentiel des guerres d’agression, comme celle qui se déroule en Irak actuellement. Les données changent lorsqu’on est attaqué. Mais nul besoin du nationalisme et de son folklore criminel pour défendre les siens et toutes les contrées attaquées par des fous ou des voleurs.

Après la dernière guerre mondiale, les rescapés ont tous affirmé que cela ne devait pas se reproduire. Moyennant quoi les pouvoirs glorifièrent leurs soldats, exaltant encore plus le nationalisme le plus souvent trempé dans un racisme glauque. Et les guerres ont repris partout sur la surface du globe...

L’explication est schématique, bien sûr, mais c’est bien le principe de ce qui s’est passé et dont nous ne sommes pas encore débarrassés. Jean Jaurès, qui avait une très grande vision de l’homme, très en avance sur son époque, a tout tenté pour abattre cette folie qu’est la guerre au nom du nationalisme. Cela lui a coûté la vie... Ce fut à la base, l’intuition qui permit de construire l’Internationale. Malheureusement, cette notion magnifique fut rapidement récupérée par d’autres pouvoirs qui n’allaient pas tarder, à leur tour, à devenir dictatoriaux et totalitaires.

Pour mieux enferrer les peuples dans les notions criminelles que sont le nationalisme et le patriotisme, la religion institutionnalisée pesa de tout son poids, chez nous, comme ailleurs. Combien de fois fut prononcée cette injure à Dieu qui affirmait, de chaque côté des exaltés et des fanatiques : « Dieu est avec nous » ! Quand comprendrons-nous, pauvres fous que nous sommes, que si Dieu existe, il est pour tous, intégralement pour tous ! Quand je pense à ces bénédictions d’armes, comme on en a encore vues aux USA récemment, ces armes destinées uniquement à tuer des frères vivants ailleurs, des femmes, des enfants, des vieillards, des hommes, j’ai envie d’hurler de rage tant c’est monstrueux et manipulateur des esprits. Rien que par rapport à ce genre de fait, il est évident que les peuples ne sont pas majeurs, sinon, ils rejetteraient puissamment toutes ces folies qui aboutissent toujours à des actes criminels.

De l’utilité des gadgets que sont les drapeaux et les hymnes nationaux.

Bien des gadgets furent inventés pour enrôler les peuples et les conserver intacts dans les « congélateurs d’idées monstrueuses ». Les drapeaux firent cet office, les hymnes nationaux également.

Tout laisse penser que le pouvoir, en France, à l’exemple des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, prépare les guerres prochaines contre le monde arabe, ces peuples magnifiques. Ils tiennent visiblement à la théorie du « choc des cultures, choc des civilisations » ; beaucoup d’indices montrent qu’ils veulent nous jeter les uns contre les autres. Les plus fanatiques dans le domaine du nationalisme veulent nous imposer, à nouveau, l’esprit nationaliste sectaire. Et pour cela, il faut remettre en vigueur les colifichets qui ont si bien servi dans le passé. C’est ainsi que les députés UMP ont décidé que la « Marseillaise » devait à nouveau être apprise à l’école. Il faut donc, pour ces « élus », enfoncer dans la tête de nos enfants, dès le plus jeune âge, un chant barbare qui veut affirmer notre supériorité, ce chant qui veut que «  le sang impure abreuve nos sillons  ». Mais pourquoi le peuple entier, debout comme un seul homme, n’ordonne-t-il pas que ce chant d’un autre temps ne soit jeté dans les oubliettes de l’histoire ? Vous rendez-vous compte de la monstruosité de telles paroles ? « Un sang impur » ! Réalisez-vous l’immensité du racisme abject que délivre une telle phrase ? Réalisez-vous la manipulation éhontée qui se pratiquera, lorsque ce chant servira à nous jeter contre nos frères arabes ? Passe encore qu’il ait été écrit il y a plus de deux cents ans pour motiver les soldats de cette époque, mais aujourd’hui, quel recul du mental !

Ce même groupe UMP, de plus en plus extrémiste dans ses décisions et lois, veut imposer à nos maîtres et professeurs d’enseigner « les valeurs de l’œuvre coloniale française » en Afrique du Nord, là où, pour l’essentiel, il n’y avait que mépris, haine, exploitation et crimes. La colonisation comme œuvre civilisatrice ? Non, ce ne fut et ce ne sera toujours qu’œuvre de mort au profit de quelques castes monstrueuses. Mais, réalisez-vous que de telles lois sont faites pour nous préparer, collectivement, à la haine accentuée, toujours accentuée, contre les peuples arabes ? Il est urgent de le comprendre.

Par ailleurs, le même groupe de députés extrémistes veut rétablir la discipline dans les écoles. La discipline, dans de telles bouches, issue de tels cerveaux, ne peut être qu’une discipline du type militaire avec tout l’autoritarisme que cela suppose. Bien sûr, tout cela est enrobé des meilleures intentions du monde... comme toujours... Seulement, il faut se rappeler qu’à la guerre on interdit aux gens de penser, il faut juste qu’ils obéissent aveuglément !
Enfin, le ministre des Armées, issu toujours du même groupe, sous le prétexte de lutter contre le chômage, veut « ouvrir » l’armée aux jeunes afin qu’ils puissent préparer des métiers en son sein. Oh combien une telle mesure est pratique pour disposer de futures « chaires à canon » !

Tout ce qui tourne autour du nationalisme n’est qu’un piège mortel pour les sociétés ; tout cela empêche les peuples de devenir adultes. Sur ces exemples, on peut comprendre combien il est urgent que nous devenions collectivement adultes pour enfin chasser définitivement les monstres naturels que sont la majorité des pouvoirs.

Parce que notre pouvoir veut à nouveau nous soumettre à sa seule loi, je le répète, probablement en vue de prochaines guerres, et l’Iran est « bien » placé dans cette optique criminelle, mais aussi pour mieux nous maintenir en enfance, tout ce que je viens d’écrire me rend passible du Tribunal et de la prison. N’avoir pas plus de respect pour le drapeau que moi, c’est-à-dire considérer qu’il ne s’agit que d’un chiffon parmi d’autres, peut me valoir la même sanction. Et alors ? Etre homme, être adulte, nécessite d’assumer ses actes. Faut-il pour faire avancer l’humanité vers son âge adulte payer le prix de la prison ? Oui, il faut l’accepter car là il ne s’agit plus d’un acte motivé par un intérêt personnel, quel qu’il soit, mais d’un acte en faveur de la vie et de la paix des peuples. C’est le principe du combat non-violent...

Je crois comme quelques autres, que donner sa vie pour soutenir les seuls intérêts de quelques puissants, de quelques pouvoirs abusif, est d’un absurde consommé ; mais donner sa vie, la risquer pour la cause de l’humanité, la fin de toutes les guerres, donc la fin de tous les nationalismes, est la seule cause digne d’un adulte véritable. En fait, lorsque je dis la seule, cela signifie que seules les causes qui font avancer l’humanité entière, c’est-à-dire tous les humains sans exception, sont dignes de l’adulte véritable.

Que sont donc les nationalismes et les patriotismes au regard de l’infini de l’univers ! Une insulte à la sagesse ! Un crachat à la beauté de la vie !

Nationalisme et mondialisation

Trouve-t-on du nationalisme dans la mondialisation financière et marchande. Un premier réflexe me faire dire que non. Mais cela vaut la peine d’y regarder de plus près. L’argent n’a pas d’odeur et l’on peut dire qu’il n’a pas de nationalité... Seulement, une nation a décidé que sa monnaie valait plus que tout autre : l’Amérique. Nous subissons depuis des décennies le diktat du dollar. Et il se trouve que c’est de cette même nation que vient l’essentiel de l’idéologie néolibérale qui écrase l’humanité de ce temps. Nous subissons de plein fouet le nationalisme américain, au travers de sa monnaie, de son idéologie et de son armée. Le rapace dévore tout, veut tout ; lui d’abord et les autres ensuite, s’il reste quelque chose... Toute la destruction sociale actuelle a été entreprise pour redonner son obésité monstrueuses à la finance américaine, qu’elle se trouve aux mains de l’administration, des entreprises, des banques ou de certains individus.

Anti américanisme primaire crieront certains ! Non, constatation de faits vérifiables. Le fait que l’idéologie américaine soit partagée par de nombreux profiteurs sous toutes les latitudes, ne change rien. C’est la nation américaine, aujourd’hui, comme les nations anglaise et française dans le passé, qui domine le monde du haut de sa morgue. Il s’agit donc bien d’un nationalisme exacerbé qui se croit tout permis au nom de son unique grandeur, nation, selon ses chefs, « choisie par Dieu ». Là, nous atteignons le sommet du délire et c’est à partir de ce point qu’on peut être certain que le reste du monde est en danger.

Et comme tout pouvoir abusif, imitant un parent abusif, celui-ci se permet de faire la leçon au reste de monde tout en voulant, par la force, la manipulation et les crimes, imposer à tous les hommes sa façon de penser, sa culture, sa vision, pourtant atroce, du monde. Le reste du monde n’ose pas bouger, n’ose guère se dresser devant ce « père abusif ». Il courbe l’échine et dit oui à tout... L’exacte réaction d’un enfant victime d’un parent abusif...

Source : altermonde-levillage.com


 
 
 
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2 commentaires
  • Bravo ! Mille fois, pour cet article !

    Mais combien le liront ?

  • > Le pouvoir : Faut-il obéir ou résister ? 7 décembre 2005 17:48, par Karim B.

    Avec toi, nous sommes déjà deux

    Bravo pour la démonstration.

    Chacun de nous a besoin d’analyses qui synthétisent tout ce que nous percevons par ailleurs afin de relayer le message sur la nécessité de réagir et non de se laisser entrainer à l’abattoir.
    J’ai bon espoir qu’avec ces aides à la lucidité, nous parviendrons à renverser le rapport de force et deviendrons nous aussi des adultes à part entière.

    Ha ! Peur de grandir ou de mourir, quand tu nous tiens !

    Bon surf et vive internet.

    Karim B.

 
 
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