{id_article}
 

Théories ou réels complots ?

Une flambée de violence comme encore jamais vue vient de s’abattre sur l’Irak depuis la fin septembre (388 morts) dont 48 pour la seule journée du 11 octobre et 30 pour celle du 12 octobre. De plus on nous annonçait le 9 octobre que plus de 500 cadavres avaient été découverts en 5 mois. Les sunnites et les chiites s’accusent mutuellement d’être derrière ces massacres. Une nouvelle constitution a été soumise à un référendum samedi le 15 octobre dernier et plus la date de l’élection se rapprochait, plus les violences redoublaient. Attendons maintenant le résultat final de ce référendum.

J’écrivais déjà il y a 8 mois, sur Oulala, le 22 février 2005 pour être plus précis, sur la possibilité d’une guerre civile en Irak. Voici d’ailleurs ce que je disais : « Pendant que nos hommes politiques se félicitent mutuellement d’une possible démocratie en Irak, nous petit peuple, dont l’opinion n’égratigne même pas leur ego, assistons plutôt impuissants à la naissance d’une guerre civile entre communautés religieuses. Le peuple irakien commence vraiment par avoir marre des soldats de la coalition et les Sunnites qui ont perdu le pouvoir lors de la prise de Bagdad, ont peur d’un retour en arrière, si des Chiites intégristes réussissaient à mettre sur pied une république islamique. À quoi devons-nous nous attendre ? L’avenir ne semble pas aussi réjouissant que veulent bien nous le faire croire les Blair, Bush and Cie. » Je ne sais si je me trompais à l’époque ? Mais les chiites et les sunnites n’ont pas l’air encore de danser sur le même rythme.

George W Bush a déclaré mercredi dans une interview sur la chaîne NBC ceci, « Je m’attends à des violences parce qu’il y a un groupe de terroristes et de tueurs qui veulent bloquer l’avancée de la démocratie en Irak. » De nombreux Irakiens sont aujourd’hui convaincus du contraire de ce qu’affirme le président des États-Unis. Ils sont d’accord pour accepter que sunnites et chiites se battent entre eux, mais n’acceptent pas que des terroristes identifiés par Bush, Blair and cie à Al-Qaïda existent en Irak. Les Irakiens sont plutôt persuadés que les occupants Britanniques et Américains trament des complots afin de semer une discorde, qui n’a rien à voir avec les désaccords politiques existants entre les minorités religieuses dans le pays. Non ! Cette discorde estiment certains, serait essentiellement mise en place, pour pousser les Irakiens à adopter la nouvelle constitution samedi prochain. Les irakiens considèrent même, qu’Abou Moussad Al-Zarqaoui, chef d’Al-Qaïda en Irak, n’est qu’un mythe crée de toute pièce par Washington afin d’effrayer assez les populations civiles, pour qu’elles se jettent tête baissée dans la constitution imposée par la coalition et le gouvernement fantoche à la solde des occupants. À moins du contraire, nous pouvons croire que c’est ce que les Irakiens ont fait.

Déjà des théories de complots avaient pointé leur nez sur divers sites Internet il y a quelques mois. Un article de Vladimir Alexe sur le Réseau Voltaire avait fait le tour des sites humanistes. Les théories de complots visant à diviser la population irakienne peuvent sembler ridicules vues de l’extérieur. Mais dans un pays dont les dirigeants passés, des colonisateurs Anglo-Saxons à la dictature de Saddam Hussein, ont régulièrement cherché à diviser les différentes communautés pour mieux régner, ces spéculations sont susceptibles d’être prises très au sérieux par les Irakiens d’aujourd’hui. Les théories se seraient-elles métamorphosées en de réels complots depuis ce temps ? Pour mettre en valeur le super héros du Bien, George W. Bush, la propagande états-unienne a créé des super héros du Mal : d’abord Ben Laden, puis Al- Zarkaoui. Dans les deux cas, fait observer le jounaliste roumain Vladimir Alexe, le démon est un ange déchu : un agent de la CIA qui se serait retourné contre son créateur. Une fois le mythe constitué, on lui fait endosser la responsabilité des évènements les plus disparates pour exorciser la barbarie de la Coalition.

Théories ou réalités, ces complots, pourraient se retourner contre leurs créateurs et par le fait même, nuire aux efforts des États-Unis afin de soit construire un État Irakien stable et à leur botte, ou à une partition qui ferait aussi bien leur affaire. « Abou Moussad Al-Zarqaoui, est un mythe crée par l’Amérique, pour justifier le maintien de sa présence » affirme cheikh Amer Al-Husseini, collaborateur de l’Imam chiite radical Moqtada al-Sadr. « S’il n’y avait plus de terrorisme en Irak, il n’y aurait plus de raison pour les Etats-Unis de rester et ils auraient plus de mal à imposer cette constitution aux Irakiens », a-t-il ajouté. La minorité sunnite, qui dirigeait le pays sous Saddam Hussein, renversé en avril 2003, craint de son côté, que le principe du fédéralisme prévu par la constitution à venir, ne conduise à l’éclatement de l’Irak, avec des États kurdes et chiite dans les régions pétrolières du nord et du sud, pendant que les sunnites crèveront dans la région désertique du centre. Regardons d’un peu plus près ce qui se passe vraiment à l’intérieur de ce vaste pays martyr et ce qu’en pensent les émissaires des groupes de résistance irakienne.

Un fait que l’on ne peut nier, c’est que l’Irak est devenu une énorme pétaudière où règne une violence sans borne et l’anarchie la plus totale. Le gouvernement fantoche et élu soi-disant de façon démocratique, est totalement impuissant. Si impuissant, que les Américains ont finalement accepté sinon de transiger mais de négocier avec les différents groupes de la résistance irakienne. Ces groupes sont au nombre de neuf et représentent différentes factions religieuses, ethniques, et politiques. Tous s’entendent par contre sur le départ des troupes de la coalition et sur la gérance de leur pays. Effectivement ils sont actifs et se battent contre l’occupant et les agents déguisés en flics du pseudo gouvernement, mais déplorent aussi les enlèvements et le massacre de civils. Pour en arriver au triste sir qu’est Ahmed Fadh il Nazzar Khalaylah, dit aussi, Abou Moussad Al-Zarkaoui, il n’est pas improbable que ce fumier soit un agent des États-Unis, ou du moins une de leur création tout comme Ben Laden le fut. Ce type existe, cela on ne peut le nier. Ce n’est pas un fantôme car même les Arabes connaissent son identité et son parcours qui n’est d’ailleurs pas très édifiant. En date du 19 juillet dernier, c’est récent, le Réseau Voltaire a une autre idée qui n’est pas non plus dénuée de bon sens. Paraîtrait-il qu’Israël aurait participé à divers attentats en Irak.

Les émissaires de la résistance irakienne critiquent vivement le groupe d’Al Zarkaoui. Ils qualifient ceux qui massacrent les innocents à Al-Hella, à Baghdad, Moussayeb, Hawwija ou Amarah, de terroristes qui jouent le jeu de l’occupant et de ses collaborateurs visant la partition du pays. Ces derniers se rallient de fait aux agents américains, et à une partie du Mossad. La résistance irakienne ne prend aucunement en compte le gouvernement en place ; ce dernier qui, selon elle, ne gouverne que la "Zone verte" quadrillée par les forces américaines. Elle estime que les parties de la coalition gouvernementale ne pourront plus continuer sur ce rythme. Les Américains en sont parfaitement conscients et agissent en conséquence. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont décidé de négocier avec la résistance et de faire pression afin que celle-ci participe activement à la rédaction de la nouvelle Constitution. Fait assez nouveau admettons-le. Il faut parcourir les sites Arabes sur « Internet » pour que j’ose affirmer semblable nouvelle. Ce n’est pas dans les journaux américains, que l’on peut lire semblable information.

Pour ce qui est de l’avenir, les représentants de la résistance redoutent toujours le double jeu de l’occupant. Si les coups durs reçus quotidiennement par les Américains les ont contraints à négocier, cela ne les empêche pas de poursuivre toujours leur politique visant leurs profits, soit par la stabilité ou la partition de l’Irak si nécessaire. De ce fait la vigilance des résistants irakiens reste de mise, notamment après qu’ils aient découvert que la CIA, à travers des intermédiaires arabes, a essayé de négocier unilatéralement avec un des neuf groupes de la résistance. Une tentative qui a été rapidement vouée à l’échec. Ce qui montre l’importance de la coordination existante entre les formations de cette résistance malgré leurs divergences idéologiques. Aussi je le répète, il n’est pas exclu que al-Zarkaoui soit une arme dégueulasse de plus dont les Américains se sont dotés.

Mehr Licht


 
P.S.

Illustration : Alafia

 
 
Forum lié à cet article

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes