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A gauche toute, qu’ils disaient !

La gauche, la belle, la grande, celle de Jaurès, des révolutions portant en elles les espérances. La gauche vertueuse, noble, digne, courageuse, en un mot, entière.

La campagne électorale ronronne, comme un chat castré.
Et pour cause. Un parti socialiste qui glisse, tranquille vers la social-démocratie, avec comme porte-drapeaux, Fabius ou Strauss-Kahn, et qui traîne des casseroles aussi luisantes, ou presque, que celle du RPR. On a du mal à se reconnaître chez des gens, qui, jeunes, s’appuyaient sur Sartre et déclamaient des textes d’Aragon.

Le centre, qu’il soit de droite ou de gauche, n’est nulle part. A trop ménager la chèvre et le choux, on a, in fine, ni chèvre ni choux.

Il y a le Parti Communiste Français. Qui n’en finit plus de ramer, qui appelle et nous conjure de croire qu’il a changé. Le cordon ombilical est rompu depuis longtemps avec la doctrine totalitaire des ex républiques populaires de l’Est, nous dit-il. La preuve, on organise des sauteries place du Colonel Fabien et on s’encanaille avec des publicitaires bobo, qui plus est, ont du sang bleu qui coule dans les veines, par la grâce de l’aristocrate maman.
Le problème du PCF, ce n’est pas tant son histoire immédiate, c’est toutes ces énormes casseroles qu’il traîne comme une pénitence. Certes, on est loin du temps où on riait fort lorsque Staline, à qui on parla du Vatican, s’inquiétait de savoir de combien de divisions disposait l’armée papale.
Le prix de l’Histoire est très lourd, le PCF n’en est aujourd’hui qu’aux hors-d’oeuvres.

Chevènement, le miraculé qui se démène comme un beau diable pour nous persuader que lui seul, incarne les valeurs de progrès, de la République et qu’il constitue, à l’instar de De Gaulle, l’homme providentiel. De Gaulle dont on peut, entre parenthèses, mettre en cause "la providentialité". Le problème de Chevènement, c’est que si on ne choisit pas sa famille, on a un droit de regard sur ses fréquentations. Et celles qui gravitent autour du Ché sont, à de nombreux égards, plus que discutables.

Et Arlette ? sympathique personnage au discours inoxydable, porte-parole d’un trotskisme qui cultive le mystère à un point tel que personne, ou presque, n’est capable de mettre un nom sur les autres dirigeants de LO.

Alors ? En mai, on fait ce qu’on veut. On peut aussi imaginer qu’il fait beau le 5 de ce mois, lors du 2e tour des présidentielles. Et faire d’autres choix que de s’enfermer dans un isoloir.

Djam


 
 
 
Forum lié à cet article

4 commentaires
  • > A gauche toute, qu’ils disaient ! 10 avril 2002 00:05, par Groucho

    Facile !Facile !

    on critique, on refuse de choisir. ça ne mange pas de pain, d’argent, de temps mais pendant ce temps le capital continue son bonhomme de chemin et ses conséquences néfastes pour les travailleurs !

    on attend la retraite,bien calé dans son fauteuil avec vue sur le parc !

    on se donne bonne conscience, on se défoule sur le net ! c’est la mode.

    demain jospin ou Chirac gouverneront, on continuera à palabrer,à s’amuser, à boire des canons, et même à manifester .

    Vous avez dit stérilité et position petite bourgeoise. Militer, bof ! à quoi ça sert tout ça ...

    Le futur est plein d’avenir.

    • La révolution ne se fera pas le 5 mai ! 10 avril 2002 14:42, par L’autre Ché

      C’est la rue qui décidera de l’avenir de l’Homme et rien d’autre.
      J’en suis plus que jamais convaincu.
      Les peuples ne se sont jamais libérés avec des bulletins de vote. Nous vivons dans un système monarchique. On vous donne l’impression du choix et vous croyez avoir la chance de choisir. On vous donne l’impression de la liberté de presse et vous croyez avoir la liberté d’écrire et de lire. On vous donne l’impression de décider de votre avenir et vous vous croyez maîtres de votre destin...
      Tout n’est qu’illusion, camarades, en ce monde qui a élevé la truandise et l’arnaque au rang de valeur suprème.

      Quoi que tu fasses, Chirac ou Jospin sera élu. Et après ? Ou est la différence ?

      Entre la mondialisation light ou la mondialisation hard, tout n’est qu’une question de temps, et le temps... à l’échelle de l’humanité...

      la rue, vous dis-je. La rue...

    • > > A gauche toute, qu’ils disaient ! 24 avril 2002 14:30, par djam

      Nous sommes le 24 avril et la gauche a pris une branléee mémorable.. Facile, facile, me disais-tu cher camarade. Et pourtant, les résultats des dernières élections montrent bien le décalage entre les discours politiques et les votes eux-mêmes. Bien sûr, d’autres facteurs, au moins aussi importants ont conduit à la présence de Le Pen au 2e tour. Je l’écris par ailleurs.
      Cela dit, il est sans doute temps de se poser de nouvelles questions.
      Et d’exprimer, sans ambiguité, l’identité de la gauche.
      Salut
      Djam

      • > > > A gauche toute !!!!! 26 avril 2002 21:11, par Jiefke

        A gauche toute ce n’est pas démolir et aller bronzer à l’heure du scrutin.
        La gauche, c’est l’action, c’est militer dans un parti ou un collectif pour faire bouger les choses !!!!
        C’est aussi aller voter pour affirmer ce qu’on veut et peser dans la balance avec le même poids que chacun. Qui peut se prétendre légitime en alliénant ceux qui ne sont pas comme lui ou ne pensent pas comme lui ? Qui peut empecher l’autre de s’exprimer sous prétexte qu’il détient la vérité. le pouvoir par la rue c’est la dictature. une gauche élue c’est un humanisme généreux (quant elle est vraiment de gauche) qui reste cohérente avec l’idée qu’elle se fait du respect de l’autre.

 
 
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