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Après les femmes, les homosexuels. Ensuite ?

Les séminaristes qui présentent des tendances homosexuelles « profondément enracinées » ne devraient pas être ordonnés prêtres, affirme un document très attendu du Vatican publié aujourd’hui, qui suscite des réactions mitigées au sein de l’Église catholique. En passant, j’aimerais bien qu’on m’explique ce que sont des tendances homosexuelles profondément enracinées. Y aurait-il de faux homosexuels ? Des types qui se plairaient à jouer les gays ? Connaissant des homosexuels, je sais combien difficile cela a été pour eux que d’avouer leur homosexualité. Je n’ai pas l’impression que l’on puisse jouer avec son orientation, quelle qu’elle soit.

Le pape Benoît XVI a approuvé l’« instruction » de la Congrégation pour l’Église catholique le 31 août, et a ordonné la publication de ce qui est l’un des premiers documents majeurs de son pontificat. Quand on constate la bêtise de son premier document, on n’a vraiment pas envie de connaître le second.

Il réaffirme la position de l’Église selon laquelle les tendances homosexuelles profondément enracinées sont « objectivement désordonnées », mais que les homosexuels doivent être traités avec respect et ne pas être la cible de discriminations. Si ce n’est pas de la discrimination que d’exclure ces gens-là de la prêtrise, je me demande bien ce que cela pourrait être ?

« L’Église, tout en respectant profondément les personnes en question, ne peut admettre au séminaire ou dans les ordres sacrés ceux qui pratiquent l’homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu’on appelle la "culture gay" », souligne le document de neuf pages. Les hommes dans cette situation ne peuvent être ordonnés prêtres car ils ne peuvent avoir « une relation juste avec les hommes et les femmes ». Comme si les prêtres avaient le droit aux yeux de l’Église catholique, d’avoir des relations sexuelles, que cela soit avec des hommes ou des femmes. Des homosexuels dans un monde d’hommes, pourraient inciter davantage des rapports sexuels entre individus de même orientation me direz-vous. Hé ! Ho ! Il y a des religieuses qui servent ces messieurs aux Vatican et dans les évêchés. Et que fait-on de la brave bonne du curé ? Autrement dit, il est mieux vu même chez le clergé, de forniquer avec une femme qu’avec un homme ? Quelle communauté de sectaires que ce clergé ! Pire que dans la société laïque.

L’instruction vaticane opère une distinction pour des tendances homosexuelles passagères, « qui ne sont que l’expression d’un problème transitoire, par exemple celui d’une adolescence pas encore surmontée ». « Toutefois, de telles tendances doivent être dépassées au moins trois ans avant l’ordination diaconale », précise le document. Savent-ils ce dont ils parlent tous ces prélats ? Comme si les homosexuels avaient des tendances passagères. Et si c’était le cas, cela ne serait pas des homosexuels.

Le préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, le cardinal Zenon Grocholewski, a présenté le document comme le reflet sans ambiguïté de l’enseignement de l’Église, et a estimé qu’il y avait dans le monde actuel « une certaine confusion » sur la question de l’homosexualité. À qui le dis-tu Zenon !

Il a également souligné que l’instruction s’appliquait aux candidats au sacerdoce, et non à un prêtre qui « découvre son homosexualité après avoir été ordonné ». Un prêtre dans cette situation « doit essayer de vivre dans la chasteté », a expliqué le cardinal. « Il aura peut-être besoin davantage de soutien spirituel que les autres, mais je pense qu’il devrait (exercer son sacerdoce) de la meilleure manière possible. » Pourquoi un hétérosexuel aurait-il plus de force à vivre dans la chasteté qu’un homosexuel ? Que de sottises dites en si peu de mots.

L’instruction avait été éventée il y a une semaine, une agence de presse catholique italienne ayant diffusé une copie sur son site internet.

Depuis cette fuite, des réactions contrastées se sont fait jour au sein de l’Église. Les catholiques conservateurs ont estimé que le document pourrait aider à mettre fin à une « culture gay » dans de nombreux séminaires tandis que les catholiques progressistes, notamment aux États-Unis, estiment que les restrictions imposées risquent d’accentuer la crise des vocations et de créer des problèmes moraux. Ce n’est pas le fait d’exclure les homosexuels de la prêtrise qui turlupine ces bons apôtres mais l’inquiétude qu’ils ont de voir de moins en moins d’appel au sacerdoce. Quelle horrible homophobie !

Certains observateurs se sont également interrogés sur la définition d’une « tendance homosexuelle profondément enracinée », qui n’est pas précisée dans le document. Comme si l’homosexualité n’était que temporaire. Le père Timothy Radcliff, ancien supérieur de l’ordre dominicain, estime dans le Tablet, hebdomadaire catholique britannique, que la formule pourrait s’appliquer aux hommes présentant une « orientation homosexuelle permanente ». « Mais ce n’est pas juste, car il y a de nombreux prêtres excellents qui sont homosexuels », affirme-t-il. Tout comme je n’hésiterai pas à confier à un couple d’homosexuels, des enfants à élever.

« Ayant travaillé avec des évêques et des prêtres (...) dans le monde entier, je n’ai aucun doute que Dieu appelle des homosexuels au sacerdoce, et (les prêtres homosexuels) sont parmi les plus dévoués et impressionnants que j’ai rencontrés », écrit-il. Alors où est le problème votre sainteté Benoît XVI ? Il vous faudrait peut-être écouter l’ex-supérieur des dominicains ? J’ai d’ailleurs remarqué que les homosexuels sont bien plus souvent prédisposée à l’écoute des autres et certainement moins intolérants que bien d’autres.

Le document était en préparation depuis des années nous dit-on, mais son existence n’est apparue au grand jour qu’en 2002, au plus fort du scandale de pédophilie qui a éclaboussé l’Église catholique aux Etats-Unis. Comme si la pédophilie avait quelque chose à voir avec l’homosexualité. Je trouve cette prise de position de l’Église Catholique, comme une hostilité systématique envers les homosexuels. Les femmes étant déjà exclues de la prêtrise, les homosexuels suivent ce courant infâme. À qui le prochain tour ? J’ai plutôt l’impression qu’il existe dans cette Église une prépondérance à l’hypocrisie. Un homosexuel serait-il plus dangereux pour l’image de l’Église, qu’un type qui là dirige et qui a été formé par les jeunesses hitlériennes ?

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P.S.

Illustration : R. B.

 
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