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L’affaire de l’avion dans le Pentagone n’est qu’un arbre

Après la rumeur, il faudra se méfier du phénomène de mode dans lequel la démarche de Thierry Meyssan sera récupérée par certains. Il faudra aussi éviter de confondre l’arbre avec la forêt. Mais avons-nous encore le droit de penser différemment, ici en Europe ?

Je suis abonné au réseau Voltaire, et à ce titre, je suis « l’Affaire Meyssan » depuis le début. Je n’ai pas encore lu le livre en rupture de stock, je suis méfiant à l’égard de la presse traditionnelle depuis des années. Me voilà situé pour le lecteur de ces lignes.

Je n’ai pas attendu l’annonce de ce livre ni sa sortie pour partager les questions que m’inspire l’analyse de Thierry Meyssan. J’ai donc 6 mois d’avance sur la majorité aujourd’hui aux prises avec cette version.

Une chose m’étonne plus que tout au bout du compte : l’incapacité de la plupart des gens à envisager cette version pour ce qu’elle est, à savoir une hypothèse particulièrement bien étayée.
La réaction de la presse traditionnelle en est un exemple criant : on ne veut pas de cette version de l’histoire, si ce n’est dans les milieux dissidents.
Pourtant il y a aussi Enron. Juste un peu trop tard pour sauver le géant.
Pourtant, il y a aussi cette guerre afghane pré annoncée pour des raisons pétrolières.
Pourtant, il y a aussi ce budget de guerre US jamais égalé.
Pourtant il y a aussi ces tours revendues en juillet 2001.
Pourtant il y a aussi cet immeuble de la CIA tout à côté, qui s’écroule aussi.
Pourtant il n’y a aussi que 3.000 victimes sur les 50.000 annoncés.
Pourtant il y a aussi l’Antrax, qui n’avait d’origine qu’américaine.
Pourtant il y a aussi un réseau de 120 espions israeliens qui est démantelé aux usa.
Pourtant il y a aussi ces jeux sur des options de vente la semaine qui précède le…, et d’évidents délits d’initié.
Pourtant la commision d’enquête arrête son enquête, et classe l’affaire dès le 15 octobre.
Il y a aussi les liens financiers entre les familles Ben Laden et Bush, établis reconnus accepté, bref légaux.
Il y a aussi un entourage présidentiel qui a fait ses preuves lors d’autres présidences
Mais qu’est-ce qu’ils leur faut aux sceptiques ?
C’est le plus beau roman de l’année, même si elle ne fait que commencer !
Pardon ? Un peu de silence ?
Pardon ? Ca colle trop à la réalité ?
Ha oui, un peu de silence, qu’on mette de l’ordre dans tout ça sans perdre de plumes nous-même, sans perdre le contrôle aux yeux de nos populations blasées. Sans perdre nos prérogatives.
Olivier Delheuze mérite une médaille, il a sauvé à lui tout seul, ou presque, le potentiel des accords de Kyoto. Et ça passe sous silence, de ce silence qui laissera le nucléaire sécuriser le désert stratégique, et ses populations.

La raison ? Simple. L’Europe n’a pas les moyens de cette vérité. Ni la population qui tremble pour son emploi, ni la presse dépendante de la pub, ni les politiques.

Et soudain pourtant, la réplique ?
Personne ne semble encore relever ce qui s’est passé cette semaine en Europe. Galileo. Les européens se rebiffent-ils ? Le budget de ce projet est passé comme une lettre à la poste, 150.000 emplois nous dit le sourire du cave qui présente le JT de 22h00.
Très concrètement, nous nous offrons seulement les moyens d’une indépendance pour le GPS. Je ne vous dit pas le retard pris sur les USA.
Echelon n’est même pas désactivé, l’Otan est un instrument aux mains des américains (cfr le Kosovo), j’en passe et de bien pires.

En d’autres termes, à faire copain avec les américains pendant 60 ans, nous sommes devenu leur première colonie, ici en Europe.
Et ça arrange tellement de gens que demain, une majorité d’européens accepteront de voir les USA jouer avec le nucléaire tant que ce n’est pas contre nous.

Alors, la vérité version Meyssan dérange, nous entendrons bientôt qu’il n’est pas question de faire de la politique sur le lieu de travail, le sujet est tabou, dangereux, bientôt interdit, si ce n’est pour en rire.

Des journalistes vont démissionner dans le silence, les derniers qui y croyaient encore, et les canards traditionnels continueront à noyer leur quart de vérité dans un trop plein de fait divers sans grand intérêt.

L’analyse des faits, leur interprétation, sont les bienvenues si cela sert l’économie. Rappelez-vous la complaisance des médias à l’égard d’une autre imposture : la vague de Start up Internet dont la presse à profité toute une année durant, avant de reconnaître trop tard et fort timidement que la pub qu’ils avaient fait pour ces baudruches n’avait servi qu’à gruger les petits boursicoteurs.

La presse constate ce qui l’arrange, quand ça l’arrange, si ça l’arrange, même Le Monde…

L’esprit qui veut rester libre s’isole dans cette liberté, se retrouve en marge de ses voisins, collègues, bientôt anciens amis, et là, on commence à se faire une idée de ce que devait être l’enfer d’un allemand anti fasciste à Berlin en 1936.

Meyssan manipulé par la CIA ? Même pas, ce n’est même pas nécessaire. La majorité est acquise à la cause de la peur, celle qu’on n’a même plus pour l’autre, mais pour soi-même, celle qui nous laissera spectateur de la nouvelle politique américaine, en manifestant peut-être pour certains, mais conscient toujours plus chaque jour de notre statut d’otage économique et militaire.

Mais que font nos politiques ? Que voulez-vous qu’ils fassent ? Avec une population pareille, le thème est électoralement suicidaire.

L’explosion de Toulouse, on n’en parle plus. Moi, ça me fait penser aux tueries du Brabant en Belgique dans les années 80. L’enquête s’arrête aux portes des services secrets américains, et elle ne la passe pas.

Avons-nous les moyens d’une résistance ? Un Hitler prend la maison blanche, avons-nous les moyens de nous en désolidariser ?

Galiléo est en route, et je pense que cela constitue un début de réponse. Quand on sait que le baril vient de prendre 25% en 4 semaines, y’a de quoi penser que l’Europe entre aussi dans une pré économie de guerre…

Enfin, je ne terminerai pas cette prise de clavier sans nous mettre tous en garde envers nos sources d’information. Le cas des Chroniques de Cyberie, ça m’a particulièrement sidéré. Une source que j’appréciais jusqu’au moment où, relevant auprès de l’auteur les remarques suivantes, je me suis vu invité à me désinscrire de la liste d’infos. Pourtant, voilà comment un journaliste prétendument indépendant traite le cas Meyssan :

"Plusieurs correspondants nous ont demandé notre avis sur l’affaire, et ce depuis le tout début, en octobre dernier. Il serait inutile de reprendre ici l’ensemble des motifs pour lesquels nous n’endossons nullement cette thèse."

A bon ? Pourquoi ? Aucun argument disponible sur le site, le terme « reprendre » est inapproprié.

Et sur le pur Web aussi, ça bouge. Hoaxbuster, qui s’est donné pour mission de déconstruire les légendes urbaines et canulars du Web, reste sans réponse : « Dans une démocratie, toute question est bonne à poser. Hoaxbuster.com a donc également fait part de ses interrogations aux responsables des sites Réseau Voltaire et L’Asile Utopique. Nous attendons leurs commentaires que nous ne manquerons pas de publier. »

Le spécialiste de la rumeur ne peut se prononcer, mais il est cité pour ce qu’il est, pas pour ce qu’il dit.
Le procédé est pervers.

Europe - Canada, mêmes symptômes…

Quant à la presse traditionnelle, je ne m’étonne même plus de voir en Belgique le supplément du Soir "Victor" traiter la cas du Pentagone de rumeur il y a 4 semaines, puis de voir "Le Soir Illustré" de cette semaine titrer en couverture "Le Mensonge du Pentagone".

Vendeurs de papier, Thierry Meyssan mérite le papier qu’il noircit, ce n’est pas votre cas. J’invite donc chacun à dissocier la liberté de la presse avec ce que ces journalistes en font.

Jean-Pascal Ledoux


 
P.S.

Illustration de Frédéric Vignale, un collage par jour contre la guerre.

 
 
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