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La prison d’Abou Ghraïb, sanctuaire de l’horreur

Photos inédites sur les atrocités commises par les GI’s en irak reprise d’article Al Watan

De nouvelles révélations sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers irakiens, détenus dans les prisons américaines en Irak, ont été apportées hier par la télévision publique australienne SBS. Autant dire de suite que SBS a démenti, à sa manière, la théorie de l’acte isolé, déjà contestée en son temps par de nombreux acteurs américains.

Ainsi donc, et même si elle n’a apporté rien de nouveau, son témoignage est accablant, tout comme ceux qui ont été apportés hier ou quelques jours auparavant par des témoins de premier plan. C’est toute l’horreur d’Abou Ghraïb racontée en images. Des images inédites, tient à préciser la chaîne australienne qui refusait d’occulter les faits qui lui étaient rapportés. « Voici les photos que le gouvernement américain ne veut pas que vous voyiez », a dit l’animateur de l’émission « Dateline », diffusée hier, avant de mettre en garde les âmes sensibles.

Les photos montrent notamment un homme à la gorge tranchée, un autre avec d’importantes blessures à la tête et un troisième couvert de ce qui semble être des excréments. On y voit également un homme nu, pendu la tête en bas depuis un lit superposé tandis qu’un autre, encagoulé et ligoté dans un uniforme orange de prisonnier, est apparemment menacé par un chien. Un détenu exhibe des cicatrices sur son avant-bras gauche qui semblent avoir été dues à des brûlures et un autre gît sur une civière, couvert de sang. D’autres images, tirées d’une vidéo, montrent une rangée d’hommes avec des gestes obcènes que la morale réprouve de rapporter.

Certains des soldats déjà condamnés, dont Lynndie England, peuvent être aperçus sur des photographies. Les images ont été « prises en même temps que les fameuses photos d’Abou Ghraïb, qui avaient fait l’objet d’une fuite dans la presse en 2004 ». Elles font partie du lot de photos qui avaient été montrées au Congrès américain lors d’une diffusion privée et dont seule une partie avait paru dans la presse américaine, ajoute la chaîne.

Les autres photos non publiques ont été obtenues par l’Union américaine des libertés civiles (ACLU), principale association de défense du genre, mais le gouvernement a fait appel pour empêcher leur diffusion aux Etats-Unis, selon SBS qui ne précise par comment elle s’est procurée les images. « L’ampleur des mauvais traitements révélée par ces photos laisse penser que la torture et les abus qui ont eu lieu à Abou Ghraïb en 2004 étaient vraiment pires que ce qui est actuellement su », poursuit SBS.

Les membres du Congrès « ont été choqués quand ils ont vu sur ces images supplémentaires toute l’horreur des mauvais traitements qui ont eu lieu à Abou Ghraïb », selon SBS, qui évoque une « première mondiale ». Amrit Singh, un porte-parole de l’ACLU, a dit espérer lors de l’émission que la diffusion de ces nouvelles images pourrait accentuer la pression sur le gouvernement américain pour qu’il sanctionne les hauts gradés de l’armée, et pas seulement les sept soldats de rang inférieur comme Lynndie England, condamnés à un maximum de dix ans. La publication du premier lot d’images en 2004 avait été à l’origine d’un scandale retentissant dans le monde. Les photos montraient des prisonniers battus, menacés par des chiens et victimes de sévices sexuels. Le producteur exécutif de « Dateline », Mike Carey, a justifié la diffusion des photos par le fait qu’il « est d’un intérêt public important que toute l’histoire des sévices à Abou Ghraib soit dite ».

Même les enfants Des Américains ont utilisé des enfants pour faire craquer leurs pères, des prisonniers irakiens qu’ils voulaient faire craquer, a témoigné mardi un militaire américain. Le sergent Samuel Provance, qui a été rétrogradé après avoir témoigné sur les sévices d’Abou Ghraïb, a raconté lors d’une audition à la Chambre des représentants le sort réservé au général irakien Hamid Zabar et à son fils de 16 ans, détenu avec lui pour le faire craquer. Citant le récit d’un de ses collègues, Samuel Provance a raconté que plutôt que de maltraiter Zabar, « c’est son fils de 16 ans qui avait été victime de sévices, afin de faire parler le général ». Provance a précisé que le fils avait été placé en détention avec des détenus de droit commun alors même qu’il ne lui était rien reproché, et que ceux de « droit commun » étaient connus pour se violer les uns les autres. L’adolescent avait également été victime d’aspersion à l’eau glacée sous les yeux de son père, selon Provance, qui a estimé que les mauvais traitements infligés à des enfants étaient monnaie courante pour « amollir » leurs pères.

Cette technique aurait toutefois été inopérante avec le général Zabar, « brisé » par le sort réservé à son fils au point de ne plus pouvoir témoigner, selon Provance. Ce témoignage, censuré par les militaires qui ont caviardé la plupart des noms d’Américains évoqués par Provance dans son récit, a été livré lors d’une audition d’une sous-commission de la Chambre des représentants portant sur les représailles, dont ont été victimes les dénonciateurs de fautes commises par des responsables américains. De quelle manière réagira le commandement américain déjà mis en cause lors des premières révélations ? Parlera-t-on encore de cas isolés ? Et encore, la situation n’est guère meilleure dans les autres zones, notamment dans le sud où est déployé le contingent britannique, lui-aussi mis en cause dans une autre série de photos où ses soldats maltraitent de jeunes manifestants irakiens.


 
P.S.

Source : El Watan

 
 
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