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Un coup d’état s’annonce

Les parties politiques du « 14 mars » (au pouvoir depuis juin 2005), ont donné un délai qui expire le 14 mars au président Lahoud pour démissionner.
Ils menacent de signer une pétition parlementaire pour demander cette démission.

Le « Plan »

Les parties politiques de la majorité parlementaire (72 députés sur 128), préparent une méthode juridique et « constitutionnelle » pour réduire la durée du mandat du président Lahoud. (Prolongé de 3 ans en septembre 2004).

En effet, Samir Geagea (FL, Forces Libanaises) et le ministre des télécommunications Marwam Hamadé (PSP, Parti Socialiste Progressiste) ont dévoilé un plan pour la « libération de Baabda ». [1]

Des actions juridiques, populaires et politiques devraient être mises en place pour « rendre nulle » la prorogation du mandat de Lahoud.

Le journal libanais An-Nahar évoque deux autres possibilités : une grève totale qui paralyse le Liban ou une marche populaire vers le palais présidentiel. [2]

Le journal libanais Al-Mustaqbal évoque la possibilité d’une résolution de l’ONU qui dénonce l’illégitimité de la prorogation. [3]

Mais pour changer la constitution, 2/3 des voix des députés sont nécessaires (86).

Or le Hezbollah, le CPL (Courant Patriotique Libre du général Aoun) et leurs alliés ont 56 députés.
Ces deux parties sont contre la destitution du président Lahoud.

Le général Aoun affirme que : « si la prorogation a été imposée sous la contrainte, la loi électorale l’a été aussi ». [4]

Pour lui, pas question de parler de prorogation avant des élections anticipées.

Enfin, selon la constitution libanaise, un président ne pourra partir que s’il est reconnu coupable de haute trahison ou s’il démissionne.

1 600 000 !!!
Selon Ghinwa Jalloul (députée, bloc Hariri), il y aurait près de 1 600 000 personnes pendant la manifestation du 14 février dernier. [5]

Le ministre de l’intérieure par intérim (après la démission, toujours pas acceptée, de Hassan al Sabaa) Ahmed Fatfat (bloc Hariri) parle de 1 040 000 personnes. 600 000 personnes de moins !

Le 14 mars 2005, il y avait un peu plus d’un million de manifestants, dont ceux du CPL.

Comment pouvait-il y avoir plus de personnes dans la manifestation du 14 février ?

Cela s’explique de deux façons : ils prennent les gens pour des cons (le CPL représente plus de 75 % des chrétiens, selon les résultats des élections de 2005), ou ils ne savent plus calculer.

Dans les deux cas c’est déjà inquiétant !

Avoir des ministres qui mentent ou incapables de faire des calculs simples, cela fait peur !

Le général Aoun dénonce qu’ « entre le 14 février 2006 et le 14 mars 2005, il y a une différence d’un million. Qu’on ne nous parle donc plus d’une majorité populaire. Qu’on ne nous parle pas non plus d’une majorité politique, puisqu’elle est issue d’élections législatives basées sur une loi injuste imposée de force ». [6]

Selon le journal libanais Al-Diyar, Saad Hariri aurait payé les principaux dignitaires politiques près de 38 millions de dollars pour amener les gens à la manifestation. [7]

Déclaration de guerre

Le chef des « Forces Libanaises » Samir Geagea a définit la Syrie comme « l’ennemi ».

Il dit aux manifestants : « nous savons que la mer est devant nous et que l’ennemi est derrière nous ». [8]

Il dit aussi : « la présidence de la République est à nous, et nous allons la récupérer quel que soit le prix, peu importe le temps que cela prendra ».

Le chef du PSP Walid Joumblatt, crie aux manifestants : « Tyran de Damas, c’est toi l’esclave et nous sommes les hommes libres ».

Mais aussi, il qualifie le président syrien de « terroriste » et demande le départ de Lahoud : « Nous sommes venus dire qu’il n’y aura pas d’indépendance ni de souveraineté tant que le symbole du suivisme et de la vassalité à l’égard du régime syrien campera à Baabda. C’est le terroriste Bachar qui t’a fait venir et c’est le peuple libanais qui te chassera ».

Joumblatt critique aussi le Hezbollah et refuse d’admettre la souveraineté libanaise sur les fermes de Chebaa. « Nous refusons le prétexte des fermes de Chebaa ».

Il demande aussi le déploiement de l’armée libanaise « au sud et dans les banlieues ». [a href=http://blog.france2.fr/Liban/index.php/2006/02/15/19998-liban---14-fevrier-hariri-joumblatt-et-geagea-unis-comme-un-seul-homme]

Des discours provocateurs, qui n’ont de but que de jeter l’huile sur le feu.

Dans un discours a l’occasion de l’assassinats de ses 2 premiers chefs par Israël (le 16 février 1984 et 1992), Hassan Nasrallah dénonce qu’une partie du discours du 14 février était un « discours confessionnel qui met le pays au bord de la guerre civile... C’est dangereux ».

Chebaa, oh Chebaa !
Ni syrienne, ni israélienne, et ni libanaise, alors qu’est-elle ?

La Syrie annonce depuis près de 6 ans que les fermes de Chebaa ne sont pas syriennes et il est clair qu’elles ne sont pas israélienne.
Alors logiquement, ces fermes, appartiennent a qui ?

Soutien israélien a Joumblatt
Le député israélien et membre du parti Kadima, Majalli Whbee annonce son soutien a Walid Joumblatt et qu’il est prêt a le protéger. [9]

Depuis plusieurs mois, l’administration américaine a demandé au gouvernement israélien de ne pas commenter publiquement les événements du Liban, « pour ne pas déranger les plans américains ».

Condoleeza Rice affirmait dans une interview sur la chaîne libanaise LBC, le 16 février, que l’administration américaine considérait toujours le Hezbollah comme « organisation terroriste ».

Conclusion
Des échecs socials et économiques depuis juin derniers, des débordements dans des manifestations du clan du 14 mars (attaque d’une église à Achrafieh), et des assassinats qui ne cessent de continuer.

Bref, un échec total du gouvernement de la « majorité parlementaire », de cette « bande » qui est au pouvoir et qui se prononce toujours comme « opposition » !

Le mois de mars prochain sera très « chaud », surtout que les coalitions sont presque formées :
Une coalition sunnite-druze du Hariri et de Joumblatt avec les Forces Libanaise, contre une coalition chiite-chrétienne du Hezbollah et de Aoun avec le Amal.

La première voudrait prendre le contrôle total du Liban, avec un président de la république nommé par Joumblatt.
Tandis que la seconde voudrait des élections anticipées, et le général Aoun président.

Les enjeux dépassent déjà les frontières libanaises. Rice voudrait voir le Liban à « l’image de l’Irak ». (Donc un pays en sang et en guerre).

Le perdant sera, comme chaque fois, le peuple libanais.


Notes
 
 
 
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1 commentaire
  • > Un coup d’état s’annonce 20 février 2006 21:04, par Byblos

    Il y a lieu de se demander ce qui explique la véritable logorrhée qui s’est emparée du groupe haririen et de ses affidés des Forces Libanaises ou du parti socialiste-progressiste du féodal Walid Joumblat. À quoi rime la dénonciation tantôt de « l’ennemi... derrière nous », tantôt du « terrroriste » de Damas ou de son « vassal » de Baabda ?
    Le mandat -prorogé- du président libanais se termine en 2007. À peine un an encore. Où est l’urgence ?
    C’est que le plan de fragmentation du Croissant Fertile (Irak, Syrie, Liban, Palestine) a d’ores et déjà été mis en branle avec l’invasion de l’Irak. Il s’est poursuivi avec le retrait unilatéral de Gaza qui a donné à l’ange exterminateur Sharon l’image entretenue d’une colombe inoffensive et -oh ! combien- pleine de bonne volonté. Puis le meurtre -toujours inexpliqué- de Hariri a permis de mobiliser les foules libanaises sous la surveillance bienveillante de l’ambassadeur US Feltman et le zèle de quelques centaines d’agents du Mossad. Ceci a conduit au départ précipité des Syriens, à l’ébranlement du régime baassiste de Damas, et enfin à la mainmise des haririens inféodés aux USA sur le pouvoir au Liban.

    Mais le moteur connaît quelques ratés. Les élections irakiennes ont eu pour résultat d’écarter le candidat des USA Allawi, et de donner la majorité à un parti chiite avec lequel les USA sont obligés de composer. La chute du régime de Damas, pour agréable qu’elle serait aux Américains, pourrait entraîner un chaos aux conséquences imprévisibles et ingérables. On préfère donc surseoir.
    Au Liban, la situation n’est pas rose non plus. Car les haririens se voient maintenant menacés par l’ébauche d’une alliance CPL-Hezbollah qui n’avait pas été prévue au programme des festivités.
    Et pour comble, ne voilà-t-il pas que le Hamas, qui s’entend bien avec le hezbollah, gagne les élections palestiniennes !
    Résumons. L’Irak s’est avéré, excusez le terme, un merdier où s’embourbent les boys. L’idée s’est imposée d’elle-même que le régime syrien, renversé, est encore plus dangereux que s’il était maintenu. Enfin, si la Syrie ne semble pas avoir perdu sa carte libanaise, la voilà qui récupère sa carte palestinienne. Elle est moins isolée que jamais.
    Dès lors, il s’avère urgent de faire élire un nouveau président au Liban par l’actuelle majorité parlementaire acquise à Hariri, et donc aux USA. Surtout que l’alliance CPL-Hezbollah qui se profile à l’horizon pourrait fort bien balayer cette fragile et éphémère majorité à la faveur de nouvelles élections.
    Et voilà pourquoi votre fille est muette. Je veux dire voilà pourquoi un coup d’État préventif est devenu urgent au Liban.
    Un exemple de plus de la Démocratie à la sauce texane.

 
 
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