{id_article}
 

Se mordre les doigts avant de se bouffer les "choses"

La politique est un art difficile. Et à vouloir séduire tout le monde, il est à craindre qu’on ne convainc personne.

Aujourd’hui 19 avril, on ne sait qui de Chirac ou de Jospin sera président de la République. Mais l’un paraît plus habile que l’autre. Moins inféodé ?
Chirac, chef cuisinier aux casseroles innombrables, sait ménager une communauté qui vote, traditionnellement assez peu. Qui certes ne dispose d’aucun lobby mais qui potentiellement peut se radicaliser et dans un sursaut, plus de dépit que d’adhésion, peut porter ses voix sur lui. Jospin se positionne mollement sur le génocide que subit le peuple palestinien mais en revanche trouve et hausse le ton pour dénoncer des actes prétendûment antisémites. Il ne semble pas comprendre que ces jeunes des banlieues comme on dit bêtement, ont la frustration à fleur de peau. Ici, en France, où il est plus difficile que pour un jeune "Français de souche" de trouver un emploi ou un logement, de se distraire, de vivre en "oubliant" ses origines. Des origines qui, quoi qu’on en dise, n’ont jamais constitué au quotidien un "bonus" pour simplement vivre. Ces jeunes n’en demandent pas tant : ils veulent exister en tant que tel. Sans plus. Et être respectés. Alors quand ils allument la télévision, et qu’ils voient d’autres Arabes se faire massacrer, qu’ils n’entendent que des "condamnations" formelles de la part des dirigeants politiques européens, qu’ils comptent sur les doigts de la main au sein du gouvernement français les voix de ministres indignés (à l’exception notable de Hubert Védrine), alors forcément, une certaine défiance succède à l’amertume.
Et à ce jeu là, le calcul de Jospin et de ses amis notables socialistes (Strauss-Kahn, Fabius et d’autres se sont exprimés sur le drame palestinien ?) pour être très circonstanciel pourra, un jour, se révèler, calamiteux.
Aujourd’hui, ces jeunes français d’origine maghrébine, comme on dit, ne votent pas ou peu. Il arrivera, parce que ce jour est inéluctable, qu’ils prendront massivement le chemin des urnes.
Ce jour-là sans doute, certains se mordront les doigts avant de se bouffer les couilles d’avoir considéré la politique comme une science exacte. Dans tout choix d’homme, il y a une dimension affective qui parfois se révèle plus rancunière que la raison.

Djam


 
P.S.

A lire absolument l’humour décapant africain sur la Présidentielle française

 
 
Forum lié à cet article

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes