{id_article}
 

5 mai : élections en république bananière

Certains journalistes se sont subitement découvert des vocations de vulcanologues, d’autres de météorologues : "un séisme", "coup de tonnerre dans le paysage potilique français", "tremblement de terre" etc.. Aucun n’a osé se trouver de liens avec ce noble métier de pompier : le 21 avril, ils n’étaient plus en position de pouvoir éteindre un feu qui a pris, en partie, grâce à leur irresponsabilité.

Il était à deux doigts de se faire parmi, comme disent les Suisses, le camarade Le Pen au soir du 21 avril. Dame, après des années de galère, le fumier qu’il a utilisé comme engrais, "donne". L’insécurité et bien sûr ceux qui en sont la cause, qu’ils soient résidents des cités de banlieues ou grands ordonnateurs de destruction de tours américaines, ou simples barbus d’Algérie ou d’Afghanistan, constituent le terreau par excellence. Gilles Lestrade dans Oulala, l’explique très clairement. La gauche a la gueule de bois, Chirac fait mine d’être affligé de devoir vaincre sans péril comme s’il ignorait que ce cas de figure inédit l’assure d’ores et déjà de l’absolution. Le bras d’honneur qu’il fait aux juges d’instruction français est tout simplement énorme. Et le 5 mai, les Français vont devoir voter entre le fascisme incarné homme et un président de la République sortant qui, depuis des lustres, a confondu mandat(s) politique(e) et cuisine interne. Le 5 mai, un président de la république française va être élu avec des scores que lui envierait n’importe quel dictateur de n’importe quelle république bananière. Le monde entier va pouvoir se gausser d’un pays, donneur de leçons à l’occasion, qui se trouvera au soir de ce 5 mai, dans les frusques ridicules d’un état à la crédibilité politique aussi affirmée que Haïti ou les défuntes républiques populaires. Il n’y a pas si longtemps, le pays des Droits de l’Homme pinçait, à juste titre le nez, en se tournant vers son voisin transalpin. Si Berlusconi est un néo-fasciste, Le Pen lui, est un fasciste historique. Ce qui donne encore plus de volume à sa présence, par la voix des urnes, (comme presque tous les dictateurs), au second tour de ces élections présidentielles. Les Italiens rient beaucoup, paraît-il, en ce moment.

Comment en est-on arrivé là ? Il existe sans doute des dizaines de pistes. Et sans doute autant de responsabilités. Les médias, radios, télés et journaux, qui ouvrent depuis des semaines systématiquement leur "une" sur des faits divers ont une énorme responsabilité dans cette situation. A se voir si beaux en ce miroir, à se gargariser de leur statut de "4e pouvoir", ils ont joué comme des enfants immatures à un jeu qui les dépassent (?) et monter en épingle des faits qui relèvent de l’épiphénomène : un fait divers n’est par définition qu’un fait divers, c’est à dire, à l’échelle d’une société, un fait mineur. Les manipulateurs de l’information ont fait de cette "diversité commune", des informations majeures, reléguant les "faits généraux", ceux qui intéressent toute l’humanité, comme les OGN, la pollution, les génocides, au rayon des accessoires.
Et le Pen peut exulter. Au soir du premier tour, commençant son discours par des bribes de celui prononcé récemment par le Pape (!), le fasciste français en a appelé à tous et chacun : "j’en appelle aux Français, à tous les Français, de toutes les races (sic) [1], de toutes les origines, de toutes les religions pour qu’ils me rejoignent" etc.. Ajoutant qu’il "était de gauche socialement, économiquement de droite et nationalement de France". Et accessoirement sodomite universel.
Tout pudeur bue, le triste sire, mangeant à tous les rateliers, vient mendier des voix comme on tapine : pour assurer le nécessaire.
La gauche socialiste aurait aussi une responsabilité dans ce marasme, si seulement on la situait.
Peut-on décemment trouver une quelconque parenté entre l’humanisme historique des grands courants politiques de gauche et quelques fâlots parmi les Lang, Fabius et autres Hollande ?
Jospin pour n’avoir pas su s’élever au-dessus des partis, se positionner clairement, peut aujourd’hui se bouffer les siennes.
Une fois encore, à trops vouloir ménager la chèvre et le choux, il est acquis qu’en général on se retrouve sans l’une ni l’autre.

Djam


Notes

[1Il faudra apprendre à Le Pen et aux nazillons de tous poils qu’il n’y a qu’une race, la race humaine qui se décompose en une multitude d’ethnies (NDLR)


 
P.S.
 
 
Forum lié à cet article

1 commentaire
  • > 5 mai : élections en république bananière 24 avril 2002 13:14, par Igmar

    "Unser National Sozialismus ist die Zukunft Deutschlands. Trotz diese Zukunft
    wirtschaftlich rechts-orientiert wird, werden unsere Herzen links orientiert
    bleiben. Aber vor allem Werden wir wir niemals vergessen, dass wir Deutschen
    sind."
    A.Hitler, 29 novembre 1932, discours de clôture du congrès annuel du NSDAP
    (National Sozialistisches Demokratisches Partei)

    Petite traduction pour les non-germanisants :
    "Notre National-Socialisme est le futur de l’Allemagne. Bien que ce futur soit
    économiquement résolument à droite, nos coeurs resteront à gauche. Mais par
    dessus tout, jamais nous n’oublierons que nous sommes Allemands"

    Sans commentaire...

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes