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La voilà cette pute qui s’est laissé séduire

Le renouveau de la classe politique et de la démocratie passe inéluctablement par la fermeture de l’ENA. Comme en 1789 on a pris la Bastille, je propose qu’en 2002 l’on prenne cette institution qui, de par la consanguinité des idées qu’elle professe, est en train d’abâtardir la classe politique.
Pour sauver ce qu’il reste d’honneur à la France Chirac devra se résoudre à ce choix.

Après avoir brocardé les Belges en les rendant dépositaires de l’étalonnage de la bêtise quand elle se situe au-dessous de la moyenne (mais ou se trouve la moyenne), la France fait preuve d’une soudaine innovation en la matière.

Voilà le pays des Droits de l’Homme, celui qui a réinventé la République, aboli les privilèges après avoir raccourci son Roi, inventé les congés payés, la sécu, etc., devenu la risée du Monde, y compris la Belgique, après que ses politiciens, toutes tendances confondues se soient pris la botte fasciste dans le fondement.

Chirac, en tête au premier tour avec son tintamarre de casseroles [1]. Chirac, en passe de redevenir le Président de tous les Français avec un score jamais atteint à ce jour. Chirac plébiscité par une foule atterrée et qui ne sait plus ce qu’elle a fait et ce qu’elle va faire. Chirac qui va recevoir (allez, soyons fous, tout est possible) le soutien du Juge Alphen. Chirac porté, soutenu, encouragé par ceux qui lui avaient réservé une cellule à la santé. Chirac sauvé par un vieux fasciste sur le déclin et qui pour son dernier tour de piste se permet un bras d’honneur monumental à la face de la France mais aussi du Monde.
Chirac blanchi, lavé, absout, amnistié par la grâce de Le Pen qui lui permet d’accéder à la plus haute marche sans passer par la case prison. (Demain, moi, je me remets au Monopoly et j’arrête le Tacotac).

Le surréalisme nous gagne et, comme il arrive parfois, l’intensité du drame n’arrache plus les sanglots attendus mais un large fou-rire nerveux que plus rien n’arrête. Ce fou-rire m’a pris, je m’en excuse, au soir du premier tour et ne me quitte plus. Mais il n’a pas apaisé cette colère héréditaire, sans doute, et salutaire, aussi, d’où mon cri.

Peuple, voilà ta France, celle de Pétain, celle de Vichy, celle de l’OAS, celle des collabos, celle des chefaillons, celle des peigne-cul, celle des peine-à-jouir, celle des frustrés, celle des apeurés, celle des mal baisé(e)s, celle des grippe-sous, celle des beaufs, celle des dresseurs de pitbulls ; celle du racisme ordinaire, celle de l’intégrisme et des pêchés capitaux, celle de la haine quotidienne, celle des égoïsmes…

Peuple, voilà ta France porteuse aujourd’hui de toutes ses bassesses et prostrée quand elle réalise la portée de son geste. Prostrée, aussi, face au déferlement de toute cette jeunesse qui enfle dans les rues pour dire et crier à leurs parents, leurs grands parents qu’ils on vraiment dépassé les bornes de la connerie ordinaire en plaçant Le Pen au second tour des présidentielles. Les enfants, obligés d’éduquer les parents, tout un symbole !

Peuple, voilà ta France gavée de feuilletons à la con, gavée de « loft story » et « de bigdil » , gavée de blagues grasses et de supporters bedonnants en charentaise.
La voilà ta France qui remplit les stades en s’époumonant sur des noms dont la consonance exotique devient le cri de ralliement 90 minutes durant, mais 90 minutes seulement.
La voilà cette pute qui s’est laissée séduire par un souteneur borgne lui promettant de la protéger contre quelques loubards des banlieues.

Peuple, voilà ta France, celle de 1789 et celle de Jaurès, l’intelligence en moins, le CAC 40 en plus (je parle en anciens Francs).

Peuple, voilà ta France ! Elle est à toi pour quelques jours encore.

Elle est à toi, et à toi seulement… Fais-en bon usage.

Gilles Lestrade


Notes

[1Chrirac qui se déplace, c’est une manif argentine à lui tout seul !


 
P.S.

Illustration René BALME

 
 
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3 commentaires
  • > La voilà cette pute qui s’est laissé séduire 24 avril 2002 15:31, par Jean-Pascal Ledoux

    La Belgique ne rit pas, rassurez-vous, et ne confond pas les hommes qui veulent la gouverner avec son peuple. Ca peut nous arriver ici aussi, ça déteint déjà, mais je veux croire que nous avons encore tous une majorité de démocrates d’abord, d’hommes libres ensuite. En Belgique, nosu faisons campagne avec cette France dans la rue, j’y serai moi-même dans une demi-heure Place du Luxembourg pour refuser la venue de Le Pen à Bxl dans une heure.
    D’ici, en Belgique, nous n’avons qu’un message : "Ne Jouez Pas avec Le Pen". ET avis aux webmasters, le bandeau animé vous attend sur http://www.Allonie.com/Lepen.
    Attention, il faut vraiment se mobiliser partout parce quez ce salaud peut vraiment gagner le deuxième tour, quoiqu’on veuille nous faire croire...

    Voir en ligne : Bandeau "Ne Jouez Pas avec Le Pen"

  • > La voilà cette pute qui s’est laissé séduire 9 août 2004 04:35, par Still alive ?

    Eh bien oui !

    Vous vous attendiez à quoi ?

    Depuis le temps qu’on vous le crie nous les ch’tit bougnouls, beurs et compagnie...
    Ca finira par vous tomber dessus à force de jouer à l’intelligence du mal !

    Pff
    Moi ce jour-là. Tiens !
    J’ai faillit déménager, je me suis engueulée avec une femme au parc et j’ai vomit mon quatre heures !

    Le soir j’ai rejoint les manifestants de la première heure dans Paris silencieux, au travers des rues désertes avec quelques marmots je faisais figure de vieille mais peu importe...

    pff

    On n’était pas fiers face aux CRSS,

    "On s’est dit on fait quoi ?"

    On va pas se laisser bastonner par eux, nan mais oh.

    Bon on court ?

    Vi on court !

    Devant le cordon rassemblé pour protéger un de ces monuments officiel et imposant de la république( je ne sais même plus lequel d’ailleurs),on s’est mis à courrir.

    Valait mieux parce que les autres ils chargeaient.
    Z’avaient pas l’air commode les gars ! Sans rire des vrais guerriers, bottés et casqués.

    J’avais peur quand même.

    Je me suis dit et si ça pétait vraiment ?
    Ils nous butteraient ces cons de flics !

    Et on ferait quoi à part courrir ?

    pff

    Je me suis sentis conne.

    Conne comme jamais.

    J’aurais mieux fait de prendre un billet et de me casser loin.

    Ouais mais bof !

    Je ne suis pas lâche moi !
    Je préfère crever !
    Alors quoi !
    Si les racistes prennaient le pouvoir à la faveur d’un second tour...hein je ferais quoi ?
    Et eux ? Nous ?
    Ben quoi ?
    Je crois que je me laisserais buter comme les autres aux hasard d’une rue sombre, d’une mauvaise rencontre...
    Je crèverais là.
    Comme les juifs autrefois, comme les musulmans de Charon, comme un mouton niais et pâle...
    Je me serais jeté dans la gueule du loup, un soir de manifestation de protestation...

    Acheter un flingue ?

    pff

    Pour quoi faire ?
    Me défendre ?
    Mais je suis Française. Je suis née ici, ma mère aussi. Je n’ai pas besoin de me défendre.

    Mais s’ils prennaient le pouvoir je serais à tous le moins en danger.

    Quelle sale époque !

    J’aimerais bien ne pas avoir à me poser ce genre de questions.
    J’aimerais bien pouvoir vivre tranquille.

    Mais pour cela il faudrait que je sois lâche, ou bien inconsciente.

    Pas le genre !

    Bon alors ce soir-là tandis que nous marchions dans les rues désertes de Paris abandonné, je me suis dit que finalement pour une idée de la République même si je n’étais pas en danger personnellement je crois que j’irais me battre...
    Bon ça m’a fait du bien de savoir que je n’étais pas lâche
    Je sais aussi que je mourrais vite...
    J’ai une bien trop grande goule pour rester longtemps en vie si l’époque tournait au cauchemar comme ces résultats l’ont laissés penser ce 21 avril que je n’oublierais plus.

    Eh bien soit !
    On n’a qu’une seule vie et s’il faut la brûler autant que ce soit pour une idée juste et la démocratie en est une.

    Voilà comment de manière assez impudique je livre ici les réfléxions qui ont réussis à se frayer un chemin jusqu’à ma caboche malgré le coup reçu sur la tête ce jour -là...

    Cet article trés parlant que je découvre en ce mois d’aout 2004 me rappelle tous ces mauvais moments qu’il a fallut affronter cette année-là.
    Et combien la terreur je crois que cela se nomme ainsi a pu me saisir à la vue d’un tel résultat.

    Eh oui ! certains Français sont ainsi...
    Et malgré la bonne volonté des autres ils ne changeront plus. Ils se reproduisent. Leurs idées circulent au ras du trottoir, chez la boulangère, au supermarché, dans les campings et les hôtels des vacanciers, on a des rêves de grandeurs pour la France !
    Des idées d’"Ordre nouveau" ! Des "il faut que ça change" ! Des "y’en a marre" grommelées entre des vieilles dents blanches, des "faut faire quelquechose" !

    Quand à cette jeunesse débile qui sort de cursus nullisimes, de bacs au rabais qui permettent de trouver une place au supermarché du coin mais qui n’apprennent pas à réfléchir ni à décoder et décortiquer la politique et encore moins l’info, n’en parlons même pas !

    L’un deux me disaient récemment trés fier de lui que "90 pour cent des aides sociales étaient destinés aux étrangers" !(sic)Là ! Franchement hallucinage direct !
    D’ou sortent ces chiffres débiles qui n’ont de réalités que dans la tête de ceux qui les inventent pour justifier leur racisme profond !

    90 pour cent des aides sociales dans notre pays sont destinés aux étrangers ;
    Je vous laisse méditer sur cet abîme de nullité crasse !
    Et puis si l’un de vous à une idée de réponse n’hésitez pas !

    90 pour cent des blaireaux sont Français de souche !

 
 
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