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Chirac, ou le dédain du monarque.

Il est clair que Chirac se sent au-dessus de la mêlée et qu’il se conduit comme un monarque intouchable, ayant peut-être cru sérieusement être élu avec un vrai 82 % des voix en 2002. En tout cas, il fait comme si cette légitimité, notoirement factice, était réelle..

De là son attitude dédaigneuse, qui le dispense apparemment de rendre des comptes autant à sa propre majorité qu’aux Français dont certains l’ont élu et encore moins à la justice. Mais le dédain, chez lui, se double d’une réticence à agir ou à intervenir. Après deux mois de crise du CPE, il a daigné enfin prendre la parole, tout comme lors des émeutes dans les banlieues où il n’était intervenu qu’à la dernière minute.

Par contre, tout là-haut dans sa tour d’ivoire et sur son petit nuage, il se targue avec ses discours solennels d’incarner un rassembleur de la Nation, qu’il n’est pas, et joue à gouverner au gré de ses propres envies. Il s’offre une bonne tranche de plaisir égoïste, émaillé de caprices. Cela doit être le summum du pied, pour un homme politique parvenu au poste suprême, d’ignorer l’avis des autres et de n’en faire qu’à sa guise ! L’illusion de la toute puissance, l’ivresse du dirigeant intouchable, l’orgasme en quelque sorte auquel aspire quelqu’un qui se considère à des millions d’années-lumière du vulgum pecus ! Chirac aujourd’hui, c’est l’incarnation de l’orgueil suprême.

Pour son dernier mandat, c’est cela que nous offre Chirac, à vous, à moi, à nous, à la France. Une prestation, non pas celle, prestigieuse, d’un grand homme d’état qui resterait dans l’histoire parce qu’il aurait fini en beauté, mais celle, médiocre, d’un petit énarque capricieux, qui croît ainsi prendre sa revanche sur un électorat qui s’est clairsemé et sur les Français qu’il a gouvernés. Il a dû souffrir dans sa vie politique, le candidat Chirac, pour arriver là où il est. Alors, puisqu’il y est parvenu, il se comporte en parvenu, sans classe mais aigri au fond de lui-même et désireux de le faire payer à ceux-là même qui ont meublé sa carrière « professionnelle ».

Il se sera offert le luxe d’un référendum perdu, d’une dissolution lamentablement ratée, et d’avoir perdu les régionales. Mais son parti tient tous les pouvoirs de l’institution française : La présidence de la République, Matignon, le Sénat et l’Assemblée Nationale. Dès lors, pourquoi se priver ? Au mépris total des partenaires sociaux, les réformes ultralibérales et partisanes se sont succédé, sans dialogue social. Chirac aura profité des dernières années de son règne pour renvoyer l’ascenseur à ceux qui l’ont financé durant toute sa vie de politicien, les grands capitalistes qui ont misé sur un homme politique comme certains misent sur un cheval ou une martingale au casino. C’est cela aussi, la politique. Les réseaux, les renvois d’ascenseur, les magouilles, les accords secrets, tout ce que Chirac sait admirablement faire, il faut bien le dire. Et l’intérêt des Français dans tout ça ? Bof !

Chirac mérite mille fois d’être viré comme le malpropre qu’il est. Il a soigneusement préparé son après 2007 judiciaire, lorsqu’il redeviendra un simple citoyen justiciable. La justice serait de lui mettre, à ce moment-là, le nez dans la fange dans laquelle il s’est complu toute sa vie d’élu et de le punir s’il le mérite, ce que décideront les juges le cas échéant. Il le craint, et c’est sans doute aussi pour cela qu’il occulte son angoisse par le dédain de ceux qui le jugeront alors, sévèrement. Car Chirac n’aime pas les gens, qui l’ont obligé à jouer un rôle de guignol, et qui crieront haro sur lui s’il est jugé coupable, une fois son immunité levée.

Ashoka.


 
 
 
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1 commentaire
  • Bonjour,

    Citation de Ashoka :

    "Chirac mérite mille fois d’être viré comme le malpropre qu’il est. Il a soigneusement préparé son après 2007 judiciaire, lorsqu’il redeviendra un simple citoyen justiciable. La justice serait de lui mettre, à ce moment-là, le nez dans la fange dans laquelle il s’est complu toute sa vie d’élu et de le punir s’il le mérite, ce que décideront les juges le cas échéant. Il le craint, et c’est sans doute aussi pour cela qu’il occulte son angoisse par le dédain de ceux qui le jugeront alors, sévèrement. Car Chirac n’aime pas les gens, qui l’ont obligé à jouer un rôle de guignol, et qui crieront haro sur lui s’il est jugé coupable, une fois son immunité levée."

    Je ne suis pas juriste mais si la décision du Conseil Constitutionnel renforcée par un arrêt de la Cour de Cassation a rendu M Chirac "intouchable" tant qu’il sera président de la République ces deux instance ont soigneusement évité d’évoquer un problème :

    A la fin de son mandat M Chirac ne "redeviendra PAS un simple citoyen justiciable" en effet il sera membre DE DROIT et A VIE du Conseil Constitutionnel. Or rien ne semble prévu pour le cas ou un membre de ce conseil serait accusé d’un crime ou délit. Déjà les membres nommés pour 9 ans sont inamovibles pendant cette période donc pour moi Chirac (comme Giscard d’ailleurs) est intouchable pour l’éternité.

    Kimble

 
 
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