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Clearstream : Trop tôt pour un règlement de comptes.

On pourrait légitimement s’attendre à ce que nos gouvernants s’occupent des affaires de la France dans l’intérêt des Français. Or, il n’en est rien. Au sommet de l’État, le Président finissant Jacques Chirac et son acolyte de Premier ministre Villepin nagent lamentablement dans la fange qu’ils ont eux-mêmes répandue dans l’espoir de salir Sarkozy. On assiste, dans la presse, aux tentatives maladroites des deux compères pour se dépêtrer de cette magouille politique qui tourne très mal pour leurs instigateurs.

Le couple exécutif (Chirac et Villepin), après être passés pour des cons avec le CPE, sont maintenant la risée des Français et des observateurs étrangers avec l’affaire Clearstream. Au fil des jours, il apparaît clairement, preuves à l’appui, que Villepin a demandé au Général Rondot d’enquêter sur Sarkozy, et ce à la demande expresse de Chirac. Les notes manuscrites saisies au domicile du Général, par la police sur instruction des juges, ne laissent planer aucune équivoque. En prenant ses instructions de Villepin le 9 Janvier 2004 au Quai d’Orsay, le Général a noté : "Enjeu politique : N. Sarkozy. Fixation sur N. Sarkozy (ref. conflit J. Chirac/N. Sarkozy)". L’ordre lui était clairement donné de se concentrer sur Sarkozy.

Le doute n’est plus possible, en dépit des dénégations frénétiques de Villepin et de Chirac, car le Premier ministre a été contraint, ces derniers jours, de faire quatre mises au point dans la presse. Et même l’Élysée s’est fendu d’un communiqué, chose rare. La nasse se referme inexorablement sur le couple Président/Premier ministre, pris la main dans le sac comme deux vulgaires malfaiteurs. Clearstream est bel et bien une affaire d’État, un scandale qui salira la fin du quinquennat de Chirac, qui n’en avait guère besoin tant cette fin de règne est lamentable.

Sarkozy, qui avait promis qu’il accrocherait à un croc de boucher le coupable, devra simplement trouver deux crocs côte à côte et y accrocher les deux zozos qui sont censés gouverner la France. Mais avant l’heure, ce n’est pas l’heure, et cela vaut aussi pour les règlements de comptes au sommet de l’État. Sarkozy sait maintenant que Villepin et Chirac ont voulu sa peau et ont joué un rôle majeur dans l’affaire Clearstream. Mais le ministre de l’intérieur et futur présidentiable n’a pas intérêt à ce que Chirac change maintenant de Premier ministre. Les magouilles continuent donc, et avec elles le statut quo qui gèle le gouvernement de la France. Sarko essaie de faire bonne figure et fait semblant de ne pas en vouloir à Chirac et Villepin, car si un nouveau Premier ministre était nommé, il lui pousserait des ailes à quelques mois de l’élection présidentielle et ça ne ferait ni l’affaire de Sarkozy ni l’affaire de l’UMP. Et si Sarko démissionnait maintenant, outré du rôle de Chirac et de Villepin dans l’affaire Clearstream, il deviendrait observateur extérieur et perdrait son statut de ministre et son aura de politicien agissant dans l’intérêt du bon peuple. Si bien que l’hypothèse que Chirac remplace Villepin par Alliot-Marie ou Borloo ne restera peut-être qu’une hypothèse, en dépit du fait que les députés et l’opinion s’attendent à un changement de gouvernement.

En attendant, Chirac essaie de donner le change avec ses projets sur les addictions et ses six projets de développement technologiques. Il aura été lamentable et en dessous de tout jusqu’au bout. Ceci dit, s’il est trop tôt pour un règlement de compte, il aura bel et bien lieu le moment venu. Probablement que Sarko fera pêter le pétard à la rentrée, se posant en victime et faisant passer aux yeux des Français Chirac et Villepin pour ce qu’ils sont, des manipulateurs, comploteurs, et des tristes sires sans foi ni loi.

Quant à Villepin, c’est un perdant : Il aura raté le CPE, foiré ses manipulations dans l’affaire Clearstream, et même échoué avec le CNE, car les Prud’hommes de Longjumeau viennent, dans un jugement qui fera jurisprudence, d’estimer que l’ordonnance du 2 août 2005 créant le CNE est "contraire" à la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par la France, et est donc "non valable" et "privée d’effet juridique". Cette convention prévoit qu’un salarié ne peut être licencié "sans qu’il existe un motif valable de licenciement" et "avant qu’on lui ait offert la possibilité de se défendre". Or, le CNE exonère l’employeur de l’obligation d’effectuer un entretien préalable au licenciement et de motiver la lettre de licenciement, rappelle le tribunal dans son jugement.

Le CPE est mort, le CNE va mourir, tout comme Villepin et Chirac dont le sort est scellé. Ce qui lie ces deux hommes, parvenus aux plus hautes fonctions au sommet de l’État, ce n’est pas le désir d’oeuvrer pour la France. Les Français se rendent à l’évidence, désabusés et écoeurés par le triste spectacle que leur offrent leurs pitoyables dirigeants. Ce qui lie Chirac et Villepin c’est un pacte sordide et minable : comploter contre un autre qui veut leur place. J’ai besoin d’air !

Ashoka.


 
 
 
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13 commentaires
  • > Clearstream : Trop tôt pour un règlement de comptes. 28 avril 2006 23:39, par Cristobal

    Fin de régime, fin de cycle, fin de la 5° République. Les institutions tournent à vide, les politiques tournent en rond, préoccupés de leurs carrières et de leurs petites magouilles, pots de vin et autres privilèges.

    Panier de crabes, bouillie de médiocres, impuissants à bien gouverner. Menteurs et affabulateurs, ils sont au sommet de l’Etat et ils en sont en même temps la lie, la boue pourrissante et infertile.

    Quand je contemple, de (très) loin en (très) loin ces guignolades, je me surprends à ne même plus grimacer.

  • Majuscules de majesté ? 29 avril 2006 08:48, par Alain

    Pourquoi des majuscules à "Président" et à "Premier ministre" ?

  • Intéressante, votre analyse, malheureusement elle n’est pas très originale par rapport à ce qui se dit sur Internet depuis trois jours.

    Hier vendredi, Renaud Dely, rédacteur en chef de Libération, a répondu aux questions des internautes sur Clearstream.

    Le " chat " se termine comme suit :

    "maddy : Et si le corbeau était luxembourgeois ? Avec pour objectif d’étouffer la vraie affaire Clearstream...
    Il est vrai que la manipulation politique, c’est-à-dire l’affaire dans l’affaire, a eu le mérite pour la banque Clearstream d’écarter les médias importants de ses pratiques. La justice, elle, suit son cours.
    Sarkozy : D’après vous, Sarkozy a t-il les mains si propres que cela, en référence a ses amis Balkany, Pasqua, Schuller..."

    Réponse de Renaud Dely :" Et si la réponse se trouvait dans votre question ?"

    En effet ...

  • Alain,
    Les majuscules sont nécessaires pour l’othographe et elles seraient justifiées si les deux individus qui occupent ces fonctions le méritent. Évidemment, actuellement, tant les locataires de l’Élysée que de Matignon méritent plus de prendre la porte que de bénéficier de majuscules...

  • Botrange,
    Je ne me suis intéressé dans mon article qu’au scandale politique du fait qu’un Président de la République et son Premier ministre complotent contre un autre ministre de leur propre gouvernement pour défendre leur intérêt personnel dans la prochaine élection présidentielle. C’est ça le scandale avéré, et pas le fond de l’affaire Clearstream, à savoir si Sarko et d’autres personnalités politiques ont touché de l’argent et avaient bel et bien des comptes. Rien ne permet de le supposer et la justice n’a rien trouvé. Accuser Sarko sur la base de ses amis comme Pasqua est faux et délétère. Je ne m’y risquerais pas car aucun élément n’existe dans ce sens. S’il fallait être accusé de quoi que ce soit parce qu’on a des amis pas clairs, on serait tous en prison, non ? Vous aussi.

  • Tout à fait d’accord, Cristolal, ce qui se passe au sommet de l’État ne fait pas l’affaire des Français et c’est écoeurant.

  • Et si c’etait l’oeuvre de Sarkozy pour éliminer d’un seul coup deux adversaires.

  • Bonjour,

    Bien sûr, on ne peut accuser sans preuves formelles mais ce que l’on peut dire c’est que ce sont des magouilles dont, après le ridicule entêtement d’un 1er ministre et de son C.P.E., on aurait bien aimé se passer ! Qu’ils soient, tous, la risée des Français, non Ashoka, je ne le pense pas ! Ceux qui aiment la France, la plupart d’entre nous, n’ont pas envie de se moquer, c’est triste !!! Le gouvernement est à l’agonie, tiendra-t-il jusqu’en 2007, rien n’est moins sûr ! On ne leur demande pas d’être des humanistes, simplement d’aimer leur Pays, d’être loyaux, de penser à ceux qui sont dans la précarité mais c’est sans doute trop demander à ces messieurs qui préfèrent se battre pour une situation convoitée !!!

  • Compte tenu de ceux qui sont à l’origine, comme Gergorin (ami de Villepin) et Lahoud (lié à Gergorin), le coup viendrait plus de Villepin que de Sarko. Mais bien sûr cette affaire fait l’affaire de Sarko. Un beau cadeau qu’on lui a fait !

  • Nouna,
    S’ils aiment leur pays, ils ne le montrent guère car aux postes qu’ils occupent ils pourraient oeuvrer pour l’intérêt de la France au lieu du leur.
    Si ce gouvernement doit tenir encore un an pour ne rien faire, autant qu’ils démissionnent tous !

  • .... mais bien sûr que non, Ashoka, ils n’aiment pas leur Pays : ça ne fait aucun doute ! ils sont bien trop préoccupés par le "prestige" que leur procurent leurs fonctions, leurs intrigues douteuses pour se pencher sur les réels pbs ! Sûrement qu’il faudrait des élections anticipés mais ces messieurs ne lâchent pas aussi facilement leur place et leurs avantages !

  • > Clearstream : Trop tôt pour un règlement de comptes. 5 mai 2006 17:57, par gérard miguet

    je ne comprend pas pourquoi on fait tout un flanc de cette histoire.!
    quelqu’un présente des documents comprométants à villepin (ou chirac) bon ok ...
    pourquoi villepin n’autrait il pas le droit de faire vérifier.?
    et si çelà avait été vrai ? et si c’était vrai ? qu’y a t-il de mal à faire vérifier la véracité par la justice ?

  • Villepin était ministre de saffaires étrangères. La vérification devait être faite par d,autres ministres : ou celui de l’intérieur ou de la défense, ou surtout le ministre de la justice étonnemment silencieux aujourd’hui. En fait ce qui est répréhensible c’est que Villepin ait agi en qualité de bras armé de Chirac.

 
 
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