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Clearstream. Du sens caché sociologique du processus "touy-meud"

Le moyen-âge avait ses fêtes des fous, les Iroquois avaient leurs potlachs, le monde français d’aujourd’hui, lui, a ses affaires. Elles sont, scientifiquement parlant, de grands et collectifs processus appelés "touy-meud" (en anglais on dit aussi f-affairs en insistant sur le "f"). L’occasion nous est donnée, par chance, d’en vivre un sous nos yeux au jour le jour avec l’actuelle affaire Clearstream : cent explications partielles sont avancées mais sociologiquement comme la fête des fous et le potlach précités le sens global exact du "touy-meud" reste en partie un mystère même pour les experts. Nous allons essayer cependant d’avancer un peu avec vous.

On a pu dire que le "touy-meud" en général, en particulier celui-là, reflétait politiquement les combats au sommet pour le pouvoir. Ok, Ok ! encore faut-il rajouter que le touy-meud apparaît bien sûr lorsqu’il tourne raté, quand il commence à fouarer et va démesurément s’enfler. Norbert Wiener avait noté la même chose sur les canons avec cerveaux-machins, le touy-meud sitôt qu’il est démarré a la propriété de génèrer un dérèglement total en chaîne que ce soit dans l’artillerie ou dans la politique : ça tire de tous les cotés même en coin sur les copains, tu vois donc si c’est un truc très ton. Au début tu te dis, ils perdent simplement la tête, ils cafouillent de la gouverne, c’est un cas simple de ringards primaires, on va nous les changer. Pas du tout ! trop fastoche ! on va te les garder. Apparaissent tout de suite même des aspects quasiment suicidaires (le dernier en date vient de Pascal Clément, qui veut faire toute la... clarté ! si ! sic ! littéralement !, on te raconte pas les autres ! et on te parle pas du Président par respect pour la fonction et pour la symbolique présidentielle).

Bon, laissons Clément et reprenons le fil logique : "Un canon ca comprend rien ! Or Villepin est canon, Donc Villepin aussi ne comprend rien", ce syllogisme rhétorique ou ce koan est imparable, on devrait s’en aviser.
- Notre première conclusion d’étape est en conséquence la suivante : les affaires gouvernementales et notamment les touy-meud les plus réussis relèvent pour être conceptualisés de la haute cybernétique wienérienne.

Si la gouverne politique (la grande gouverne) est malade, il faut dire que c’est aussi parce qu’il y a deux sous-gouvernes de rang inférieur qui agissent dans ce trip en bidouillant à leur façon les bulles (voir manuel du débutant d’artillerie.) de sorte que, forcément, ça n’arrange pas la grosse baderne qui prétend diriger : les outsiders ce sont la presse et la Justice qui sont des touy-meud de jure proprement inscrits dans la Constitution. Touy-meud de métier dans des genres différents, l’une et l’autre excellent à bien touiller. La presse, hein, rien à critiquer c’est son job ! La Justice de son côté a besoin elle de se racheter c’est déjà plus mauvais. Comme elle fait finalement pas le poids et qu’elle emmeude son monde au 4, boulevard du Palais, c’est Van Ruymbeck qui tout de suite là va devoir payer, ce sera pour l’exemple ! vlan ! ça leur apprendra là-bas-en-bas à respirer en tenant compte correctement de l’équilibre dû entre le yin et le yang selon la juste loi du tao.

- Deuxième conclusion d’étape. Il se surrajoute donc à la guerre homogène des politiques entre eux, la guerre de gouvernes qui sont entre elles hétérogènes.

- On suppose que vous suivez, bon ! mais c’est pas tout : alors que tant d’éléments s’entrechoquent tellement dans le touy-meud, bordel ! où est le peuple ?

Oui c’est vrai ça ! : où est le peuple et quéquifé ? eh bé le peuple, il est pas là. Les sondages le démontrent clairement : le peuple suit mais moderato-sans-se-biler. Pourtant t’as tout pour le peuple dans ce foutu machin, t’as tous ses resucés d’enfance qui viennent à la conscience, t’as l’intégrale de La Fontaine, d’entrée en effet t’as le corbeau (donc tu dois avoir aussi le renard quelque part), t’as les animaux malades de la peste, t’as Racine et t’as Corneille, t’as l’amante pure (bon, ça peut-être un amant également), qui déclenche la tuerie en série (circulaire), constitutive on le sait de la grande tragédie classique. C’est vous dire comment le touy-meud est profondément inscrit en théorie dans l’inconscient collectif !

Alors la question : Pourquoi est-ce que le peuple à ce point s’en fout-il autant, contrairement à ce qu’il devrait normalement ? La question se pose, de soi, elle est déterminante dans la compréhension du touy-meud dominant.

Avec Pierre Bourdieu, Gonçalves Oulan y Bator (l’incontournable disciple de Habermas), et avec Palo Alto de l’Unesco, iI nous faut impérativement à ce stade introduire la notion de "squeeze" technique du peuple dans la démocratie moderne.

Dans la démocratie ancienne (proto-démocratie), c’était le peuple qui déterminait par sa constante présence au pied levé, sur tous sujets, l’AOC de la démocratie. Depuis on a beaucoup progressé c’est le contraire qui s’est judicieusement établi : Les spécialistes sont arrivés. Depuis que le premier économiste a inventé l’homo economicus qui pense qu’à faire du blé, on a compris ce qu’était l’économie (pas un truc de démunis et partageux : Gracchus Babeuf ne pouvait pas inventer l’économie moderne !), depuis que le premier juriste a inventé le premier principe juridique on a compris la Justice avec un grand J, et depuis que le premier journaliste a crié "Laissez-nous faire notre métier, j’ai ma carte de presse !" on a compris ce qu’était la liberté pour tous. Les spécialistes ont donné dans le logos, dans le Vrai estampillé par leurs soins et by appointement of her majesty the queen la raison.

Donc c’était le sens du mouvement ; sur d’autres plans encore, les dentistes arracheurs de dents, les chirurgiens tailleurs de viande, et les politiciens chiropracteurs ont fait de même : ils ont défini spécialités, mérites et fins. Comme l’a exprimé Desproges si finement, on peut désormais vivre avec son cancer 7 ans plus vieux, puisque l’instestin faisant 7 métres, on est capable de t’en couper un mètre tous les ans dans la limite de 7.

Le peuple, si tu considères les choses froidement, est devenu donc organisationellement inutile à peu près pour raison forte d’incompétence. D’ailleurs "peuple", on sent bien ces derniers temps que ça ne tient qu’à un cheveu que ça puisse, en réduisant fortement les effectifs, et avec un vrai travail de fond, devenir possiblement une authentique spécialité bien formée, une compétence, une excellence (l’élection telle qu’on la connaît est un gachis si l’on y regarde de près.). Le premier truc très clair qu’on sait tous depuis 20 ans, c’est qu’il y a trop d’électeurs non-qualifiés alors que tant d’élus le sont vraiment qui ne sont pas employés à plein temps au salaire de député.

Bon, nous allons maintenant vous expliquer comment le squeeze du peuple, tout justifié qu’il soit, pose un gros problème dans l’amplification incontrolable du processus touy-meud.

Pour ne pas vous lasser, cela sera l’objet de notre prochaine leçon si toutefois vous insistez comme vous l’avez déjà fait par le passé.


 
P.S.

On pourra voir utilement si ce n’est déjà fait :

Clearstream résumée en deux points

Les pensées zaz de l’Ocséna

Ocsena, Organisation contre le système-ENA (et pour la démocratie avancée)
- http://ocsena.ouvaton.org
- ocsena.org@wanadoo.fr

 
 
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