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Joseph Delteil brille pour tout le monde

"Je suis contre l’argent, le grand Pourrissoir ("vivre de peu"). L’air gratuit, le pain gratuit, l’art gratuit". Ce prosélyte de la gratuité, c’est Joseph Delteil (1894-1978), écrivain mondain dans les années 1920 devenu chantre du retour à la terre et pionnier de l’écologie dans les années 1930. Mais qui lit-encore Delteil, l’amateur de grande santé et de plaisir ? Guy Darol l’a lu en douceur mais également en profondeur.

On ne l’enseigne plus dans les écoles et pourtant son nom figure au fronton d’établissements à Grabels et à Pieusse. La presse des livres se tait. Et c’est à peine si on le réédite. Courez avant épuisement total chez vos libraires et réclamez La Deltheillerie (ed. Grasset, collection Cahiers Rouges), Les Cinq Sens (ed. Le temps qu’il fait), Les Chats de Paris (ed. du Rocher), La Cuisine paléolithique (ed. Presses du Languedoc/Max Chaleil)ou encore Le maître ironique (ed. Grasset). Mais faites vite car l’homme n’est plus en odeur de sainteté. On ne le célèbre plus. Trop vif. Trop joyeux. Son style est celui de l’homme nu, sans apparat,sans grelots, sans gloire.

Dans Joseph Delteil brille pour tout le monde(Editions Samuel Tastet/Diffusion Jean-Michel Place), Guy Darol jette ses lumières sur ce contestataire méconnu, hostile à la guerre, au nucléaire, au binôme production/consommation et finalement à tous les championnats.
Insurgé perpétuel contre tout ce qui nie l’homme égal de la femme égale du ciel, de l’oiseau, de l’insecte et du brin d’herbe, Delteil a pris le maquis après une vie de mondanités sans joie. Il était célèbre alors. Et riche. Foin du statut et à bas l’idole, il préféra
devenir viticulteur et cultiver la bonne santé. Sabots aux pieds, il ouvre la voie à cette rurale attitude communautaire qui marqua de ses lendemains chantants l’après mai.

Oublié dans les ouvrages de référence sur l’aventure hippie (voir Jean-Pierre Bouyxou & Pierre Delannoy), Joseph Delteil est cependant une des figures majeures d’un courant qui voulait s’éloigner des mauvaises vibrations.

Dans une écriture que nous qualifierons de juteuse (comme la vraie nectarine), Guy Darol reprend le parcours de Delteil à partir de son épisode Surréaliste. On le dirait presque témoin au côté de l’homme des bois proche de Thoreau qui réinitialise la vie au temps paléolithique. Car pour Delteil, il ne faut pas y aller par quatre chemins, la seule voie sensée est celle de l’homme polyvalent (artiste et charron). Guy Darol semble avoir trouvé le chemin qui mène entre les haies vives à la demeure originelle. Et son livre est un mode d’emploi vérifié.

Joseph Delteil brille pour tout le monde

Guy Darol

Editions Samuel Tastet,15€

www.esteditura.com

www.guydarol.com


 
 
 
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