{id_article}
 

1936 : 70 ans. Et après ?

1936, les guinguettes des bords de Marne, les bicyclettes, le bien-être... En bref les congés payés. En général c’est ce qu’on retient de 1936, il y a 70 ans exactement. Une avancée sociale extraordinaire, il est vrai. Mais qui faisait partie d’un tout : Le Front Populaire. Léon Blum et le Front Populaire restent l’une des épopées politiques fondatrices de la gauche française. L’image d’un peuple qui se rend compte qu’il a des droits et qui veut donner un sens au second terme de la devise nationale : Egalité.

Au même titre que la Commune ou que 1968, le Front Populaire a sa place au panthéon des luttes démocratiques. Si l’on peut s’interroger sur une société où l’on proclame l’égalité entre tous en 1789 et qui la réclame toujours près de 150 ans après ; on peut aussi s’interroger sur la situation actuelle. Où en sommes nous des avancées sociales acquises en 36, en 45, puis dans toutes ces années où l’on mesurait le progrès à travers l’amélioration des conditions de vie des citoyens ? Force est de constater que les années 90 ont sonné le glas de la marche en avant des acquis sociaux. Dans sa course effrénée vers le libéralisme, la droite fait table rase. Jours fériés, 35 heures, CDI, la flexibilité est de mise, les conditions de travail doivent être sacrifiées à l’autel des actionnaires majoritaires et de leurs sbires politiques.

L’esprit du Front populaire semble avoir vécu. Plus de grève générale. Les coups de boutoir libéraux n’occasionnent plus que de très molles réactions des politiques et des syndicats. La belle unité des travailleurs français a éclaté sous la pression de la précarité et de l’individualisme, les armes du libéralisme.

Les 70 ans du Front Populaire résonnent comme la fin d’un espoir : celui de l’avancée linéaire du progrès social. Comme si l’histoire se répétait à jamais : la chute du Front Populaire en France annonce la Seconde Guerre mondiale et la prise du pouvoir par Pétain. Partout le fascisme a annihilé les espoirs des élans Populaires. Aujourd’hui c’est le libéralisme, forme beaucoup plus insidieuse d’oppression, qui s’accommode fort bien de n’importe quel régime politique. Avec une petite préférence toutefois pour les tendances fascisantes qui le légitime en stigmatisant systématiquement les catégories de population qu’il abandonne.

1936, c’est aussi, c’est surtout la guerre d’Espagne. Le Front Populaire espagnol contre les hordes fascistes du général Franco aidé par les troupes hitlériennes. Sacrifié par la lâcheté des gouvernements européens qui ne voulurent pas lui venir en aide par peur de la réaction d’Hitler, le Front Populaire espagnol est devenu le symbole de la lutte du peuple républicain pour la liberté. Vu à travers les décennies de franquisme qui lui succédèrent, le Front Populaire espagnol est synonyme de gâchis, mais il reste synonyme d’espoir. D’espoir de luttes démocratiques menées par et pour le peuple au-delà des frontières. Malgré la lâcheté des gouvernements, des milliers d’hommes ont rejoint le peuple espagnol dans sa lutte. Les Brigades Internationales ont réuni tous les hommes qui en ce moment croyaient à la démocratie, à l’égalité et à la liberté. Malraux, le gaulliste et génial écrivain immortalisera cette lutte dans L’Espoir.

Cette lutte qui réunira encore gaullistes et communistes dans la résistance française à l’oppression nazie. Une lutte du peuple, là encore abandonné par ses gouvernants. Aujourd’hui la France, l’Espagne et l’Europe vont bien. Si ce n’est quelques millions de personnes de ci de là qui ne crevent de faim, cherchent désespérément un job ou n’arrivent pas à se loger. Mais que dire de tous ces pays du Sud que la soif de développement économique des pays du Nord a plongé dans la misère, l’oppression ou les guerres à répétition. Proche et Moyen Orient, Afrique, Asie, Amérique Latine, tous les continents sont touchés à un degré ou un autre par les fléaux du libéralisme hégémonique. Les luttes démocratiques sont universelles, au-delà du temps et des frontières. En France comme au Vénézuéla, en Palestine comme au Mexique, le combat est celui de la justice, de l’égalité et de la liberté.


 
 
 
Forum lié à cet article

1 commentaire
  • > 1936 : 70 ans. Et après ? 28 juillet 2006 22:54, par papa tango

    36 les guinguettes..

    40 ans..

    1976 les minguettes..

    30 ans..

    30 ans de ma vie..
    bilan à pleurer : racisme en hausse.
    communautarisme débile.

    Mais non..

    Le gamin sorti de Guantanamo est revenu intact..

    Encore un pas, pour jeter curé, imam, rabbin ou coach.
    Et marcher tout seul..

    Comme un grand.

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes