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Elections en France

PCF, mondialisation, guerres : un regard personnel.

Ayant participé à de nombreux débats et rencontres en France, ayant été souvent interpellé : "Que pensez-vous de l’attitude du PCF face aux guerres ?", il me semble que ces nombreuses interrogations sont aujourd’hui plus que jamais au coeur du problème.

Personne ne saurait se réjouir de la catastrophe électorale qui frappe le PCF. Mais peut-être permettra-t-elle d’ouvrir enfin un débat clair et approfondi sur les causes profondes de cette déglingue ?

En septembre dernier, quand Bush s’apprêtait à déclencher une guerre injuste de plus, le dirigeant du PCF a déclaré : "Nous sommes tous Américains". Pense-t-on ainsi séduire la jeunesse ?

Si les dirigeants de ce parti sont restés solidaires de Mitterrand et Jospin, alignés sur Washington, lorsque les bombes frappaient les femmes et les enfants de Belgrade, de Bagdad et de Kaboul, n’ont-ils pas contribué à désorienter la jeunesse ?

Celle-ci a toujours été, dans l’histoire, aux premiers rangs des combats pour la paix. A présent, on nous dit que beaucoup de jeunes travailleurs votent Le Pen. N’est-ce pas parce qu’on a abandonné leur défense sociale, mais aussi parce qu’on a cessé de leur indiquer une orientation claire sur le terrain des luttes contre la guerre ? Parce qu’on a cessé de leur expliquer qu’un système injuste a besoin de guerres pour se maintenir ? Parce qu’on ne leur a pas montré que ces guerres (Palestine, Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Colombie, et toutes celles à venir) sont des guerres de la mondialisation ?

La même mondialisation des multinationales impose des conditions sociales de plus en plus dures, une exploitation renforcée du tiers monde et, lorsque celui-ci résiste, des guerres. N’est-il pas temps de reconstruire une alternative politique en s’opposant fermement à cette mondialisation-là et en mobilisant concrètement contre la guerre ?

Au sein et autour du PCF, j’ai rencontré de nombreuses interrogations : "Il n’y a plus de différence entre le PS et notre parti", déploraient de nombreux militants. Il est temps d’approfondir ce débat. En réfléchissant notamment à l’attitude du PCF face aux guerres. Dans les guerres, il n’y a pas trois camps. Ou bien on s’oppose aux agresseurs qui entendent dominer le monde ou bien...

Michel Collon


Pour en savoir plus sur l’auteur : 1er entretien - 2eme entretien


 
P.S.

NDLR. Il est vrai que le "parti des fusillés" s’est particulièrement compromis, non seulement par son silence, mais aussi par sa partcipation active. N’oublions pas qu’il n’a pas remis en cause sa participation au gouvernement Jospin après l’engagement "des opérations militaires en République fédérale de Yougoslavie, sur décision du Président de la République et en accord avec le Gouvernement".
Voir, SITUATION AU KOSOVO Déclaration du Gouvernement et débat sur cette déclaration

 
 
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2 commentaires
  • > PCF, mondialisation, guerres : un regard personnel 27 mai 2003 16:22, par JEAN CHARON

    PCF Un autre regard, un an après...

    Il est réjouissant de relire le texte de Michel COLLON un an après sa rédaction.

    En effet l’attitude du PCF durant cette année a démontré il me semble l’erreur d’analyse de l’auteur.

    Le PCF (mon parti) s’est toujours conduit à travers son histoire pour la libération des peuples et de plus, le fondement de son existence est l’horreur et le rejet des guerres.

    Quant à la ndrl j’aimerai que son auteur aille faire un petit tour dans les archives du PCF ou de l’Humanité sur le web ou il constatera que le PCF, PARTI DES FUSILLES, était opposé à l’intervention en Yougoslavie

    • > > PCF, mondialisation, guerres : un regard personn 29 mai 2003 10:58, par Michel Collon

      Cher Jean Charon,

      Pourriez-vous être plus précis pour expliquer en quoi je me serais trompé ?
      Je ne le pense pas du tout.

      Les militants du PCF ont effectivement toujours oeuvré contre la guerre et
      pour la libération des peuples. Mais les dirigeants du PCF n’ont pas avancé
      une stratégie conséquente permettant d’unir les peuples contre la guerre.

      Lorsquer l’Otan a agressé la Yougoslavie, ils ont passé plus de temps à
      critiquer les Serbes qui résistaient à cette agression qu’à réfuter les
      médiamensonges des services de propagande de l’Otan.

      Pareil pour l’Irak : tout en prononçant des paroles pour l’Irak, ils ont
      avancé la stratégie du "Ni, ni", qui revenait à soutenir le renversement de
      Saddam, mais par des moyens moins directs que les bombes. Au lieu d’aider le
      peuple irakien à résister. A présent, l’Irak est occupé par les USA et tout
      est pire qu’avant. Et L’Irak servira de base à Bush pour agresser la Syrie
      et l’Iran. Cette stratégie a divisé les Européens et les Arabes qui voyaient
      en Saddam, malgré ce qu’il faut lui reprocher, un résistant à l’impérialisme
      US.

      Je vous demanderai de lire le texte Saddam, les médias et nous,
      particulièrement le point 10, pour que nous examinions ensemble les ravages
      de cette ligne "Ni, ni".

      Ces dernières années, j’ai rencontré de nombreux militants du PCF. Comme
      vous ils souhaitent que se crée un front puissant contre la guerre. Mais ils
      ne sont pas satisfaits de l’attitude de vos dirigeants qui se trompent
      d’ennemi. Je prépare un livre dans lequel je vais essayer d’éclairer ce
      problème du "Ni, ni". Il me sera très utile d’entendre vos réactions à ma
      critique.

      Cordialement

      Michel Collon

 
 
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