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Que cherche donc Rice ?

Par Ahmed Saïfi Benziane
Le Quotidien d’Oran du 05 octobre 2006

Après avoir été déclarée persona non grata à Beyrouth lors de l’aventure criminelle d’Israël, et pour cause, Candoleezza Rice reprend son pèlerinage à travers les pays arabes « amis » des USA pour « relancer le processus de paix au Proche-Orient ».

Dans sa mallette, deux idées prédominent : la chute du Hamas palestinien et l’application de sanctions à l’encontre d’un Iran fort de son nucléaire et qui refuse d’arrêter l’enrichissement de son uranium. Traduisons. Le peuple palestinien aurait eu tort de se conformer aux principes de la démocratie occidentale en élisant un gouvernement qui refuse par principe de reconnaître l’Etat hébreu et il en paie le prix par une guerre civile programmée. Plus d’aide européenne, plus d’aide arabe et un bouclage des territoires palestiniens transformés en un immense camp de concentration. Un autre Auschwitz. Matériellement, un mur d’isolement qui devient aussi une immense prison pour Israël. Derrière le mur, un carnage au quotidien, une famine et un peuple qui se déchire. En périphérie, une résistance qui refuse d’abdiquer.

Du côté arabe, une Arabie Saoudite qui tremble au moindre feu d’artifice, une Egypte et une Jordanie officielles qui jouent aux réconciliateurs, sachant que personne ne les écoute plus depuis l’avènement du Hezbollah libanais. D’ailleurs, plus personne n’écoute les discours des gouvernants arabes sous perfusion prolongée pour cause d’inventaire de leurs échecs politiques. En l’absence d’interlocuteurs, quel processus de paix est donc possible ?

Rice se déplace de capitale en capitale arabe à la recherche de marchés d’armement en brandissant le spectre d’une guerre, dont on sait maintenant qu’elle n’est en fait que le prolongement d’un conflit qui ne prendra fin qu’avec la fin de l’illusion de la légende de la « terre promise ».

Au menu de la stratégie américaine, le Hamas doit baisser les bras, la Finul doit occuper de plus en plus le Sud Liban pour qu’une nouvelle attaque du Hezbollah contre le Nord israélien ne soit plus possible. L’Iran doit être découragé dans sa guerre contre le dollar devenue inquiétante pour les bourses occidentales et les Palestiniens doivent se remettre à la table des négociations avec leurs bourreaux s’ils comptent payer leurs fonctionnaires et... manger comme des êtres humains.

Rice cherche donc une situation parfaite à la circulation des capitaux américains dans la région en annonçant la construction d’un mur, un autre, entre le Mexique et les Etats-Unis. Mais les choses ne sont pas aussi simples qu’elles le paraissent. Que dira dorénavant la secrétaire d’Etat à Hassan Nasrallah ? Ou même à Siniora ? Après tout, elle ne perd rien à essayer de dire.


 
P.S.

Proposé par : Le Chris

 
 
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2 commentaires
  • > Que cherche donc Rice ? 9 octobre 2006 14:16, par Le Rouget de Lille

    Dans les années 90, résident canadien, je vivais avec une compagne Russe (docteur en chimie inorganique spécialisée dans les teintures et payée, à sa plus grande satisfaction... au taux d’une secrétaire.

    La Secrétaire d’Etat américaine de l’époque était une ancienne et brillante Hongroise qui avait connu les affres des régimes nazi et stalinien, Elle !

    Nous habitions dans une très belle région du Québec l’Estrie, frontalier avec les "états", comme l’on dit la-bas.

    Un dimanche, alors que nous nous promenions le long du lac Memphré-Magog, apparu sur la carte, la frontière américaine.

    Curieuse comme une fouine, elle m’a obligé à emprunter un chemin (certainement réservé aux contrebandiers) pour aller voir à quoi ressemblait la frontière américaine !

    Elle fut réellement déçu de voir un couloir déboisé sur 10 mètres de large, ponctué de bornes et une chaîne en travers du chemin avec un panneau : "Frontière des États-Unis, vous devez passer par.... pour effectuer les formalités légales de passage" !

    Rien de plus !

    Elle se fit photographier devant le panneau et envoya le cliché à ses parents resté en Russie.

    Personne ne la crue, là-bas ! Pas de barbelés, de grillages de ligne électrique, de chiens, de patrouilles...de murs ! A l’évidence, ce ne pouvait pas être une frontière !

    Vivant aujourd’hui sur une îles des Antilles, je me demande ce qu’est devenu ce coin de nature. Cette chaîne et ce panneau...qui devait amuser les passeurs de cartouches de cigarettes détaxées, les irréguliers en situation délicates...

    Y-a-t-il un mur, maintenant ? Mis à part celui que l’on a dans sa tête !

  • > Que cherche donc Rice ? 9 octobre 2006 18:43, par Le_Chris

    Réponse au Rouget de l’Isle
    A part les murs que l’on peut avoir dans la tête, il existe celui de la haine que nourrit la politique arrogante et belliqueuse étatsunienne.
    Cette haine que voue le monde musulman à l’égard des Etats Unis sera nourrie tous les jours que Dieu fait par les agissements criminels des dirigeants américains. Et cette haine là, rien ne pourra la faire disparaître dans le coeur et l’esprit des peuples bafoués, martyrisés et voués à une vie de sous hommes, comme peuvent l’être les palestiniens enfermés dans le plus grand camp de concentration qui existe depuis la deuxième guerre mondiale et ce avec la bénédiction et le soutien des USA.