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Statistiques de délinquance et politiques de sécurité

Sept points pour faire le point et déjouer les manipulations de nos élus
qui sont en train d’accroître les budgets des services de police et de
renseignement, alors que ni les statistiques ni les analyses de fond ne
confirment le bien fondé d’une telle politique.

1. « Les statistiques de police donnent toujours des ordres de
grandeurs nettement inférieurs aux estimations de l’enquête (de victimisation)
 »

Source :
www.iaurif.org

2. « Le taux national (Canada) de criminalité, fondé sur les
données communiquées par la police, a diminué pour une neuvième année
consécutive en 2000. »

Source : www.statcan.ca

3. « Le débat actuel sur le volume et l’évolution de la délinquance
oppose beaucoup d’affirmations assurées des politiques et une extrême prudence
des spécialistes et des statisticiens. Actuellement, la seule source
d’informations utilisée est constituée par les statistiques de police et l’on
n’arrive pas à déterminer si les évolutions qu’elles montrent sont dues à
des changements dans les modes d’actions et d’enregistrement policiers, à des
modifications des comportement de plainte et/ou à des changements de la
délinquance. »
Source : www.sfds.asso.fr

4. « le sentiment d’insécurité n’est pas forcément corrélé
avec le fait d’avoir été ou non victime »

Source : www.lemonde.fr

5. « Les jeunes issus de l’immigration n’ont pas seulement à
supporter plus fréquemment que d’autres le chômage paternel ; le racisme réel
ou supposé marque lourdement leur vie quotidienne ; ils ont à affronter les
conséquences de l’exil et de la dispersion familiale, la disparition des
repères traditionnels de leur culture d’origine, le passage accéléré d’un
environnement souvent patriarcal et autoritaire au laisser-faire apparent et aux
mirages de la société de consommation : cette transition douloureuse vers un
nouvel équilibre nécessite un accompagnement éclairé auquel les institutions
françaises sont très mal préparées ; longtemps minimisée pour ne pas
accroître leur stigmatisation la délinquance de ces jeunes devrait être
abordée avec le sérieux qu’elle mérite, notamment quant à la formation des
intervenants sociaux et éducatifs. »
« (…) le spectacle de la multiplication des scandales financiers, des
retombées de la compétition économique ainsi que du caractère impitoyable
des relations internationales rendrait compte d’un penchant accru pour
l’agressivité . »
« (…) le débat public se résume depuis quelques années à une stérile
opposition entre les tenants de la prévention et ceux de la répression. »
« La répression n’est rien d’autre qu’un baromètre, une réaction
inéluctable qui suit fidèlement les fluctuations du sentiment d’insécurité
sans y remédier véritablement ; la fascination pour le principe américain de
la tolérance zéro ne vaut que si l’on accepte de gaieté de cœur l’idée de
jeter en prison un nombre respectable d’individus comptant parmi les plus
déshérités de notre pays. »
« La rééducation est une entreprise périlleuse aux effets aléatoires
et peu visibles (…). »
« La prévention alors ? Mais quelle prévention ? »
Source : www.enm.justice.fr

6. « (…) le choix répressif ne répond pas
nécessairement aux attentes du public. Parce que les citoyens sont souvent
désillusionnés face aux politiques en matière de justice, il est facile d’en
conclure qu’ils sont en faveur de mesures plus répressives. Pourtant, plusieurs
enquêtes d’opinion publique montrent que, lorsqu’on leur offre le choix, les
citoyens soutiennent davantage des dépenses pour la prévention que pour
accroître les mesures traditionnelles de contrôle
. »

Source : www.crime-prevention-intl.org

7. Il ne faut pas confondre la délinquance des pauvres
avec la délinquance des riches (Chirac, Berlusconi, etc). La première
s’explique en grande partie par les conditions souvent précaires et difficiles
dans lesquelles les délinquants ont grandi. La seconde ne s’explique que par la
seule volonté de dominer et d’accroître sa richesse au détriment de la
société.
Il est frappant de constater que c’est lorsque des délinquants riches sont au
pouvoir que les média parlent le plus de la délinquance des pauvres, et en la
gonflent artificiellement, probablement dans le but de détourner l’attention de
la population et de faciliter le vote de lois permettant de réprimer les
mouvements contestataires.
Le coût, pour l’ensemble de la société, de la délinquance des riches
(essentiellement la corruption et la grande fraude fiscale) est infiniment plus
élevé que le coût de la délinquance des pauvres. En effet, la corruption
implique des politiques (économiques, sociales, etc) qui ne sont pas les
meilleures pour la société ; quant à la grande fraude fiscale, elle réduit de
façon substantielle les ressources de l’Etat permettant de financer les
dépenses publiques telles que la santé, l’éducation, les transports, ou
l’insertion sociale et professionnelle. On peut en déduire que la délinquance
des riches génère une grande partie des causes de la délinquance des pauvres.

Sources :
Criminalité
financière : "Le Monde"

Chirac
 : "Le Monde"

Berlusconi
 : "Le courrier.ch"

Arty


 
P.S.

Illustration : OLT

 
 
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2 commentaires
  • Le délire sécuritaire de la France en chiffres 4 juillet 2002 14:11, par arty

    Ce 3 juillet 2002, le premier ministre Rafarin a annoncé que les services de police engageront 13.500 personnes (!) au cours des 5 prochaines années (source : AP).

    Le financement de ces nouvelles dépenses réduira d’autant les ressources de l’Etat, au détriment d’autres dépenses telles que l’enseignement, la santé ou la mobilité.

    Le ministre a expliqué que cette mesure répondait à "l’attente des français".

    Cependant, comme l’atteste le fait suivant, l’attente des français est surtout le résultat d’un gigantesque conditionnement médiatique :

    "Entre le 7 janvier et le 5 mai 2002, date du 2e tour des présidentielles, la télévision française, toutes chaînes confondues, a consacré 18.766 sujets à la violence. Vous avez bien entendu : près de 20.000 sujets dédiés aux crimes, petits et grands, aux jets de pierre et aux vols de voiture, aux braquages et aux interventions policières. Soit une moyenne de 987 sujets par semaine et une croissance de 126 % de ces matières, et cela alors que les crimes et délits n’ont nullement progressé durent cette période. Ces chiffres proviennent d’une enquête publiée dans Le Monde. La tendance n’est pas nouvelle et n’est pas circonscrite à la France. Aux Etats-Unis, la couverture médiatique des meurtres a augmenté de 700 % en dix ans alors que la criminalité a diminué de 20 % durant le même temps. Aujourd’hui, aucun pays, aucune télévision, service public compris, n’échappe à cette tendance lourde de l’évolution médiatique" (source : RTBF, Hugues Lepaige).

    Les statistiques indiquent pourtant que la délinquance à Paris a diminué de 8,6% au mois de juin 2002 par rapport à juin 2001, tandis que les faits commis sur la voie publique ont diminué de 15% (source : AP).

    Mais le nouveau fascisme néolibéral qui s’installe dans le monde occidental depuis les attentats de septembre n’en a cure. L’objectif du pouvoir néolibéral (politiciens et big business) c’est d’asseoir son pouvoir et de se donner les moyens de réprimer violemment la révolte altermondialiste qui grandit.

 
 
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