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L’instant d’après

Pour qui veut célébrer les événements de novembre 2005 d’une manière qui œuvrera au plus grand nombre, donc à l’émergence d’un mieux disant pour notre société, devra, non pas écouter béatement Nicolas Sarkosy promettre encore plus de répression ou continuer à embraser des voitures pour déclarer sa flamme à l’utopie d’une justice pour tous, mais lire avec attention ce traité du possible et y puiser les armes pour briser le cercle vicieux qui cimente l’actuelle politique de la ville, et plus généralement du pays.

Car c’est bien de lutte dont nous parle ici Bernard Aspe, docteur en philosophie, mais non pas d’un combat d’arrière garde mené tambour battant à coups de pierres sur des voitures de la force publique, mais bien de projectiles idéologiques tout aussi puissants et bien plus efficaces qu’une volée de pierres de ballast sur une compagnie de CRS. En effet, les idées bien appréhendées et menées à terme sur le champ sémantique peuvent ensuite renaître dans les actes de foi d’une politique aménagée qui aura les armes pour lutter contre les injustices. Ainsi, à bien saisir le sens des mots signifiants les maux auxquels nous sommes confrontés nous aurons plus de chance de les contrer. À commencer par ce système "parfait" qui a vu le jour dans les années 1960 et qui s’est progressivement divisé en deux : les jusqu’au-boutistes de la révolution prolétarienne d’un côté, les adhérents au capitalisme libéral de l’autre. Ces deux partie du puzzle social allant chemin faisant dans deux directions opposées, refusant de se voir et même de considérer que l’autre puisse exister jusqu’à ce que le tissu se lézarde, que Jacques Chirac évoque la fracture sociale comme la découverte du moment (sic).

L’analyse de la dernière décennie de lutte (1995-2005) voit toujours un arrêt avant l’affrontement, des manifestations aux exigences syndicales, une sorte de code de conduite semble s’être érigé en arbitre jusqu’à ce moi de novembre 2005 quand les banlieues françaises nous ont renvoyé l’image implacable de la réalité de cette société à deux vitesses. Sans doute parce que ces enfants abandonnés et révoltés ont échoué aussi dans la transition soulignée par Toni Negri, cette nouvelle forme de capitalisme issue de la recomposition originaire fabriquée dans la nécessité de répondre à la radicalisation des mouvements des années 1960-70. Oublié donc Le Philosophe et ses pauvres de Jacques Rancière ou les Manuscrits de 1844 de Karl Marx car, ni le communisme comme résultante d’une évolution prolétarienne prenant les rênes du pouvoir ni "l’apparente humanité" des nouveaux maîtres ne pourront porter à bien le projet commun. La rupture totale alors semble s’imposer, mais dans quel esprit l’invoquer et vers quels idéaux la mener ?
Paradoxalement, c’est le mouvement de novembre 2005 qui aura été le plus significatif tout en se marginalisant dans la singularité de son action et des moyens de la mener à terme ; d’autant que ce mouvement n’a émis aucune revendication. Etait-il structuré ou la réalisation d’une cristallisation spontanée d’un ras-le-bol qui n’était plus supportable ? Le résultat de cette non parole aura été un acte politique fort avec une issue concrète quoiqu’ambivalente (crédits aux associations surévalués mais renforcement, aussi, des moyens de la répression policière). Est-ce la violence qui a effrayé le gouvernement ? Mais tout n’est-il pas violence : détruire les champs d’OGM, casser des vitrines, occuper un bâtiment officiel ...

Hannah Arendt évoqua l’idée que nous courrons le risque de nous réveiller un beau matin et de nous retrouver habitants du désert, et surtout de nous y sentir bien. Et là réside le danger, car "les oasis sont ce par quoi la situation faite au monde est oubliée", et si chacun se contente de son petit plaisir personnel l’égoïsme sera érigé en religion et les hommes de bonne volonté perdus à tout jamais dans l’océan de la consommation immédiate et illusoire.
Pour éviter cela il faut construire un monde nouveau. Facile à dire, mais illusoire à l’heure actuelle. Car nous sommes enfermés dans des codes imposés par ceux-là même qui nous impose cette dictature libérale où l’esprit est conditionné par TF1 pour ne s’ouvrir qu’à l’instant précis de la page des publicités. Il faut donc détruire cette nouvelle mode de divertissements et renouer avec les fondamentaux (comme dirait Aimé Jacquet) : l’éthique.
Vaste programme car si une éthique doit donc s’imposer il faut avant tout ne pas oublier que "l’existence n’est pas sans pensée, mais dans l’existence, la pensée se trouve dans un milieu étranger" (Kierkegaard), alors que faire ? Car, de nos jours, il faut bien avouer que l’éthique est bien mal accompagnée ; elle fréquente de curieux comités, s’adonne, complice, à la censure et laisse un drôle de kantisme très institutionnel prendre le commandement de la manœuvre ... car éthique et politique ne peuvent faire bon ménage. On devra donc privilégier un usage adjectival du mot. Et s’en tenir à bien examiner le sens du discours politique en se remémorant sans cesse les mots de Wittgenstein : "C’est ce que les humains disent qui est vrai et faux ; et c’est dans le langage que les humains s’accordent. Cet accord n’est pas un consensus d’opinion, mais une forme de vie." En effet, il y a une rivalité entre les divers modes d’expression et la manière de désigner, "une vérité n’existe qu’articulée, portée par une parole, structurée par une langue." Cette manière de porter la parole donne, en communauté, à celui qui la maîtrise, une puissance hors norme qui lui permet de rallier à lui les foules interdites. Il convient donc d’être vigilant vis-à-vis de tout discours car, si la politique, comme le suggère Foucault, est à ranger dans le champ du savoir de spiritualité, reste à entendre de quelle manière il y eu guerre avec la vérité scientifique, et quelle paix s’est désormais installée.

Toute vérité est simple » : n’est-ce pas un double mensonge ?" nous alerte Nietzche. À qui Hannah Arendt répond dans un texte consacré au rapport entre "vérité et politique" : la vérité saisie sous l’angle de son essentielle fragilité peut se substituer à la vérité de fait, intangible, violente, imparable. Et trop facilement clamée comme une opposition au mensonge car seuls les énoncés sont essentiels quand ils se trament avec des actes, et c’est cet espace disjoint qu’ils composent qui forme alors celui de la vérité politique.


 
P.S.

Bernard Aspe, L’instant d’après - sous-titré Projectiles pour une politique à l’état naissant, La Fabrique, septembre 2006, 250 p. - 15,00 €

 
 
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1 commentaire
  • > L’instant d’après 28 octobre 2006 19:21, par Al Khawarizmi

    Ce n’est pas la France d’après,c’est maintenant que ça se passe...et pour encore longtemps si on ne sanctionne pas électoralement sarkozy et toute la classe politique dans son ensemble qui s’appuient,pour assouvir leur névrose dans la soif du pouvoir, sur les pouvoirs occultes à travers nos institutions politiques,économiques et merdiatiques qui constituent le lobby sioniste de notre pays,dont l’objectif défini est de créer une déflagration sociale...
    Un nouveau livre en Allemagne fait la lumière sur le programme clandestin du Mossad destiné à provoquer la violence parmi les Musulmans d’Europe Occidentale et l’organisation d’opérations sous « fausse banière » afin que les gouvernements Occidentaux en rejettent la faute sur les Musulmans.
    A savourer sans modération cet article traduit du site anglophone:waynemadsenreport.

    25 Octobre 2006.
    Le livre "Der Krieg im Dunkeln"("La guerre dans la nuit") écrit par Udi Ulfkotte, correspondant autrefois du Frankfurter Allgemeine Zeitung, fournit les détails de concernant deux unités opérationnelles Israeliennes -Metsada, spécialisé dans le sabotage, les attaques terroristes et les assassinats commis sous de « fausses banières » -et le LAP ((Lohamah Psichlogit) engagé dans la guerre psychologique .

    Le livre précédent de Ulfkotte consacré à l’extrémisme musulman, intitulé « La guerre dans nos villes » a été retiré du marché allemand « suite à des pressions légales massives de plaignants musulmans » . Ulfkotte affirme que les services secrets Allemands et Britanniques ont rencontré des agents de Metsada et du LAP en France, suscitant les violences de Novembre 2005 attribuées aux extrémistes musulmans.

    Wayne Madsen Report a rapporté que le Ministre de l’Intérieur et candidat à la présidence Nicolas Sarkozy, soutenu par la faction française pro-israelienne , a coordonné -et continue de le faire- le paiement d’agents provocateurs destinés à promouvoir la violence dans les banlieues parisiennes à prédominance musulmanes ainsi que dans les autres villes. En Novembre 2005 les émeutes se sont répandue à travers Paris , rouen, Lille, Nice , Dijon, Stabours , Marseille (ou la branche C du Mossad , responsable aussi de Paris et de Londres maintien une forte unité) Bordeaux, Rennes, Pau, Orléans, Toulouse, Lyon, Roubaix, Avignon, Saint Dizier, Drancy, Evreux, Nantes, Dunkerque, Montpellier, Valenciennes, Cannes et Tourcoing.

    Ulfkotte mentionne une source du MI 16 britannique rapportant que le but d’Israel est de promouvoir le portrait du Musulman comme menace imprévisible qui ne peut s’intégrer à la société occidentale .

    SUITE A LIRE SUR : http://www.waynemadsenreport.com/

    « 26 Octobre 2006-10-21

    WMR a reçu l’information d’un témoin concernant des opérations du Ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy destinées à enflammer la violence dans la région parisienne majoritairement peuplée par des musulmans .(banlieue). Sarkozy est candidat à la présidentielle de 2007 .

    Le 25 Septembre un convoi de policiers stationnait sur la Rive Droite de la Seine Quai des Celestins pris comme base pour un assaut sur Les Tarterets et ceci afin d’ « enflammer » les gens de la cité. Plusieurs centaines de policiers étaient enrolés par le service pour l’attaque. Seules quelques arrestations ont été opérées dans ce qui s’avêrait être une opération psychologique guerrière. ( Voir le reportage d’hier sur l’engagement du LAP Israelien dans la fomentation des émeutes de banlieues).

    L’assault pré-planifié de la police était une vengeance répondant à l’attaque de deux policiers survenue aux Tarterets. WMR a appris de la part d’une source provenant des services secrets français que l’agression des policiers étaient un coup monté par les services de Sarkozy et ses supporters qui ont totalement infiltré les services secrets intérieurs (D.S.T) et que l’on trouve en nombre croissant dans la DGSE , services secrets orientés sur l¹étranger.

 
 
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