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A quoi ça tient ?

La grande Panne

Une panne d’électricité sans précédent a touché des millions de foyers en Europe de l’Ouest, pendant une heure dans la nuit de samedi à dimanche.

" L’interruption d’approvisionnement sur une ligne à très haute tension en Allemagne a déclenché des "délestages" automatiques, destinés à éviter une coupure générale, dans les pays voisins.
Dans un communiqué diffusé dimanche, la compagnie d’énergie allemande E.ON indique que l’incident pourrait être lié à la coupure, d’une demi-heure environ, d’une ligne de Basse-Saxe, dans le Nord-Ouest. "
sources Reuter sur Yahoo.fr

Toute l’Allemagne, la quasi-totalité du pays, principalement l’Est et une partie de la région parisienne, plongés dans le noir. Tous les lieux jugés prioritaires, tels que les hôpitaux et les industries, en grand danger à cause d’un système automatique de sécurité censé " répartir les coupures " ... " pour limiter les nuisances ". ... A cause d’une panne sur une ligne paumée dans un trou où je ne mettrai jamais les pieds... J’hallucine. Barjavel doit se marrer ! Lui, c’était à cause d’un avion qui se crashe sur une centrale, quelque chose dans ce goût-là. Et de fil en aiguille, ça se passe en hiver, c’est toute la civilisation qui se paralyse, et meurt, de froid. A cause d’un grain de sable dans la machine. Herbert Pagani en a tissé un très bel opéra rock, Megalopolis, on s’y croirait. Et voilà que ça arrive pendant ma vie.

Imaginons... L’incident n’a duré qu’une heure. Imaginons ce qui aurait pu se passer quelques heures plus tard :

Tous les appareils électriques sont hors-service. Plus de chauffage, plus de lumière, les congelés se réchauffent, la température diminue. Partout dans les rues les gens brandissent des lampes-torche. Ce soir, ils se parlent, c’est pas comme d’habitude. 6 heures déjà, mais qu’est-ce qu’ils font ? Dans les hôpitaux les générateurs chauffent, les services fonctionnent à moitié, pourvu qu’ils réparent vite, les urgences n’attendent pas. J’ai froid. La maison est un frigidaire, je sors, et je ne suis pas le seul.

Déjà le matin, la Panne fait tous les titres. J’ai du finir à pied jusqu’à mon bureau, ma voiture embourbée dans un gigantesque embouteillage, ni train ni métro pour absorber le flot des travailleurs de banlieue. La journée sera chaotique, ils ne pourront pas tous embaucher.

Les magasins sont fermés, pour cause de ténèbres. Les restaurants décongèlent, les charcutiers s’arrachent les cheveux, les poissonniers pleurent leur misère, partout la denrée se périt. Des queues se forment devant les portes fermées du supermarché. Je verrai plus loin, mais qu’est-ce que je vais manger ce soir ? Une heure d’attente devant la boulangerie qui travaille encore au gaz.

La nuit tombe. Dans l’immeuble éclairé à la bougie, on s’en prête encore, toutes les radios fonctionnent, il reste encore des piles, mais pour combien de temps ? " Le gouvernement a pris toutes les mesures qui s’imposent... ", tiens, c’est quoi ce camion militaire stationné au coin de la rue, " ... et engage la population au plus grand calme ". Mais comment rester calme dans le froid, assis sur mon canapé devant un plat congelé qu’il faut que je finisse, froid, j’ai pas le gaz. Je me suis enroulé dans deux couvertures mais le froid me transperce. A moins que ce soit l’angoisse qui me glace. Combien de temps je tiendrai ? Pas vu un magasin ouvert pendant mes deux heures de marche. Et comment je fais demain, ma voiture est encore coincée, et ils n’en parlent pas à la radio. Quand pourrai-je la récupérer ?

J’ai très mal dormi. A trois heures, j’ai entendu que les conditions climatiques étaient catastrophiques. Si le temps s’y met, à quoi bon me lever...

Notre monde est bien fragile. Une aile de papillon suffit à l’ébranler. Mon dieu, fasse que cette panne nous serve d’avertissement.


 
 
 
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