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Une gauche forte au pays des tulipes.

Quand la gauche se réinvente et joue le rôle qu’elle aurait toujours dû jouer, ça donne un succès contre le libéralisme et un véritable espoir au peuple. Les Hollandais avaient eux aussi rejeté massivement la constitution européenne, mais ils sont allés bien plus loin la semaine dernière.

En votant récemment pour donner trois fois plus de sièges au Parlement hollandais au parti socialiste anti-libéral, les citoyens ont tapé du poing sur la table en exigeant que le social soit enfin au centre du débat politique. Rien d’étonnant à ce succès mérité, la gauche anti-libérale hollandaise a œuvré ces dernières années pour fédérer les organisations de gauche, et elle a été fortement présente dans les entreprises et les quartiers. Ils se sont positionnés comme l’incarnation du rejet massif du libéralisme envahissant et, ce faisant, sont devenus la troisième force politique du pays.

Les mêmes aspirations du peuple existent en France, à l’identique. Le social doit faire une entrée en force en politique car quand la déferlante libérale s’abat, seule une autre déferlante peut l’arrêter. Protection sociale, emploi, logement, tout ce qui touche le quotidien des Français est au cœur des préoccupations des anti-libéraux de gauche.

Il y a souvent un décalage entre les besoins profonds des gens et leur expression pour un parti qui incarne la solution de ces besoins. Ce décalage peut se traduire en mois, voire en années. La nécessité de rendre à la politique son sens premier et sa signification la plus noble, à savoir le bien-être de tous, la défense du social et la justice économique, passe par l’avènement d’une force politique anti-libérale.

Après les signes forts des référendums espagnols, luxembourgeois, hollandais et français sur l’Europe qui ont rejeté la mondialisation, ce tremplin du « non » propulse maintenant la gauche anti-libérale vers des tâches plus structurées, occuper la scène politique pour défendre le social au cœur même du gouvernement, là ou encore aujourd’hui siègent des élus dont les préoccupations sont à 180 degrés de celles du peuple.

La gauche anti-libérale française s’organise, comme l’a fait celle aux Pays-Bas. Le sentiment d’impuissance des millions de Français pourrait reculer, si leurs besoins et leurs aspirations étaient représentés et défendus. Vu de l’extérieur, il semble que des manœuvres partisanes ralentissent encore les progrès de la gauche anti-libérale en France. Manœuvres partisanes ou débat démocratique et ajustement d’un programme cohérent, peu importe quelles raisons ralentissent l’action, il faudrait passer à la prochaine étape car avec les présidentielles dans six mois c’est l’occasion de rendre explicite une force qui s’est imposée implicitement.

À terme, il ne fait aucun doute que la gauche anti-libérale deviendra une composante majeure de la politique française. C’est inéluctable pour une bonne raison : La fonction crée l’organe. Le besoin de social exige un grand parti, fort et populaire. En attendant, et sans que trop de Français s’en rendent encore compte, le paysage politique se recompose. Ce n’est pas le phénomène Ségolène Royal qui perdurera au-delà de ces élections, c’est la poussée de la gauche anti-libérale qui marquera un tournant décisif, même si la spirale du succès n’irait que progressivement.

En attendant, l’exemple hollandais devrait servir de modèle et inspirer autant les électeurs français qui aspirent à la justice sociale que les représentants de la gauche anti-libérale française. Les premiers y verront une solution à leur problème, les seconds pourront puiser des idées pour réussir à mieux imposer leur projet.

Ashoka


 
 
 
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