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Gauche antilibérale, 17 novembre 2006 Parc des expositions de Montpellier : les 12 videos

La gauche antilibérale se serre les coudes de Clotilde Monteiro

À Montpellier, le mouvement pour une candidature unitaire a souligné l’urgence de construire une nouvelle majorité à gauche, d’autant plus après la victoire de Ségolène Royal au PS.

Au lendemain de la victoire de Ségolène Royal, le mouvement pour une candidature unitaire se réunissait, comme prévu, à Montpellier, dans l’Hérault.

Les porte-parole du mouvement antilibéral et ses têtes d’affiche, Marie-George Buffet, Clémentine Autain, José Bové, Patrick Braouezec et Yves Salesse, arrivés sur la scène du parc des expositions de Montpellier, chauffé par les trois mille cinq cents personnes présentes, au rythme du désormais classique "Motivés" de Zebda, ne pouvaient rester silencieux sur cet événement politique. Tous ont commenté dans leurs interventions le choix en faveur de la candidate socialiste. Mais ce choix avait déjà été qualifié par Marie-George Buffet, dans l’après-midi, de « mauvaise nouvelle pour la gauche », alors que celle-ci distribuait des tracts sur la place de la Comédie. La candidate communiste avait souligné l’urgence « de construire par conséquent cette nouvelle majorité à gauche ».

À la tribune, chacun s’est attaché à pointer l’ampleur du score de la candidate socialiste, signifiant pour tous "une confirmation de la mutation du PS vers un social-libéralisme". Jean-Luc Mélenchon, qui avait soutenu la candidature de Laurent Fabius, et qui était l’invité surprise de ce meeting, n’a pas "caché sa déception" en apprenant la victoire écrasante de Ségolène Royal et a déclaré appartenir à "une catégorie de socialistes qui n’a plus cours" dans le parti, celle qui "croit à l’engagement, car la France n’est pas malade d’un manque d’autorité mais d’un manque d’égalité". "Lui, au moins, c’est un vrai socialiste", commentait un militant dans le public. Le député de l’Essonne a ensuite fait part de son soutien au mouvement antilibéral : "Je souhaite le succès de votre entreprise. Il n’y a pas de victoire possible sans cette candidature commune." "Il est donc nécessaire de transcender momentanément l’intérêt des partis", a-t-il ajouté. La rue de Solferino appréciera...

Si, pour tous, le vote socialiste a le mérite de clarifier la situation, José Bové a notamment parlé de « la confrontation désormais entre deux projets à gauche ». Chacun a martelé la nécessité du programme antilibéral, dont « les cent vingt-cinq propositions répondent aux attentes de tous ceux qui sont d’ores et déjà oubliés par le projet socialiste ».

Clémentine Autain, la première intervenante de ce meeting, a qualifié la victoire de Ségolène Royal d’« arnaque », et sa modernité « de pacotille ». Elle a reconnu que cette victoire « laissait de l’espace » à gauche pour le mouvement unitaire, mais a aussi ajouté : « On ne peut se réjouir d’un échiquier politique qui se déplace toujours plus vers la droite. C’est une mauvaise nouvelle pour le peuple. » La benjamine des candidats a aussi salué la présence de Jean-Luc Mélenchon, à qui « on avait gardé une chaise au chaud », avant d’ajouter : « On en garde une autre pour Olivier Besancenot. »

Marie-George Buffet a exhorté les participants à « ne pas se résigner à être les spectateurs du bipartisme » ; « l’alternative à Nicolas Sarkozy ne peut être la gauche "Royal" », a-t-elle scandé sous un tonnerre d’applaudissements. Claude Debons a, lui, appelé à battre « dans les urnes et dans les luttes l’actuel gouvernement, qui combat les acquis sociaux » et il a mis en garde l’auditoire concernant les dangers d’un « discours blairiste, même mâtiné de "charentaise" ». L’ex-syndicaliste a également souligné « la nécessité qu’au sein de la gauche, les idées de transformation sociale soient majoritaires ».

Yves Salesse a également fait part de sa déception quant à un « vote socialiste qui n’a pas tenu compte des attentes populaires concernant les services publics et le "non" au référendum ». Le coprésident de la Fondation Copernic s’est dit inquiet du « danger de brouillage du débat politique », durant la campagne présidentielle, par le discours « blairiste » de Ségolène Royal. Il a ajouté : « Nous sommes engagés dans un combat de longue haleine et nous savons qu’il ne suffit pas de changer de majorité pour changer le monde en tirant au sort des jurys citoyens. » De son côté, l’altermondialiste Raoul Marc Jennar, applaudi à tout rompre, a exhorté l’assemblée à « ne pas se résigner à voir le drapeau de la révolte tomber des mains de Rosa Luxemburg dans celles de Ségolène Royal ». Le trotskiste Christian Piquet s’est, lui, inquiété des conséquences de la surenchère sécuritaire prévisible dans les discours de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy durant la campagne : « C’est Le Pen qui ramassera la mise », a-t-il conclu.

Lire la suite et un portrait politique de Ségolène Royal dans Politis n° 927
- www.politis.fr


Source : bellaciao.org


 
 
 
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