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Ségolène Royal : Vers l’heure de vérité du 11 Février.

Compte tenu de l’environnement mouvant et de la nature de la fonction présidentielle, c’est plus la qualité d’un candidat, sa capacité à réagir, à transformer une situation difficile en succès et son à-propos qui compte que son programme. Disons qu’il est sage de juger un candidat sur ces deux critères : Sa personnalité et son programme. La pauvre Ségolène Royal ne passe manifestement pas le test pour le premier critère. Reste son programme. On va bientôt savoir.

Madame Royal, dans sa grande soif de se distinguer à tout prix et trancher avec le passé, son parti et ses alliés, a choisi de concocter un programme à partir des conclusions à tirer de ses fameux « débats participatifs ». Ce faisant, elle partait battue d’avance pour une simple raison, qui démontre justement son incapacité à la réflexion stratégique. En effet, si les « débats participatifs » mènent à des propositions de programme proches de celles du PS, on conclura qu’ils n’ont servi à rien. Par contre, si ces « débats participatifs » mènent vers des conclusions éloignées de celles du PS, le programme sera à la fois critiqué et rejeté par le parti, donc scié d’avance. Il faut donc en conclure que Royal a eu tort de choisir cette méthode aussi innovante que controversée.

Les Français, qui ont vu depuis des années des générations de politiciens fantaisistes, menteurs et prometteurs, sont beaucoup plus aptes à juger si quelqu’un veut leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Et Madame Royal perdrait beaucoup s’il advenait ces prochains jours que les électeurs considèrent finalement que trop peu de leurs suggestions ont été retenues dans la mouture qui leur est présentée. Si ce qui est accouché à partir des « débats participatifs » ne reflète pas suffisamment les préoccupations confiées à la candidate ou si la présentation qui en est faite n’est pas claire, Ségolène Royal aura déjà perdu ses chances d’être finalement élue.

C’est donc maintenant l’épreuve de vérité pour celle qui, partie en fusée le jour de son investiture, pourrait faire long feu et retomber lamentablement faute de substance, trahie par le peu de consistance de ses propositions. Cette incapacité, si cela arrive, à démontrer le bien-fondé de ses propositions, aggravé par les tares (le mot n’est peut-être pas trop fort) qu’elle a montrées depuis plusieurs semaines, disqualifierait définitivement la candidate.

Avant même qu’elle soit élue comme candidate, Ségolène Royal avait elle-même mis en garde contre un possible retour de flamme, montrant par là, il faut lui reconnaître cette lueur de lucidité, qu’elle savait le risque qu’elle prenait. Elle l’exprimait alors en disant : "Les citoyens sont très exigeants et si on les trompe après avoir avancé des propositions sur la démocratie participative, le boomerang risque d’être extrêmement douloureux", avait-elle prévenu fin octobre.

Y aura-t-il un retour du boomerang, et Ségolène sera-t-elle frappée et mise KO ? On le saura à partir de dimanche. Comptons sur l’équipe Sarkozy pour dénigrer les propositions de son adversaire, et comptons surtout sur notre bon sens et notre impartialité pour trier le grain de l’ivraie.

Quoi qu’il en soit, on ne gouverne pas tout seul et Madame Royal s’est aliéné les meilleurs talents du PS, brisant les élans et castrant les initiatives. Avec qui donc gouvernerait-elle ? Ce n’est pas une bonne question, çà ? Bien sûr il y aurait Jack Lang... Ségolène Royal ferait bien de se souvenir du dicton : « Protégez moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge ». Avec Jack Lang comme « conseiller spécial », sa cote de crédibilité en prend un fameux coup. Car pour être spécial, Jack Lang l’est, assurément. Il est même trop spécial, cet olibrius. La légèreté de Royal n’est égalée que par celle de ce ludion de Lang, qu’on aurait mieux vu jouant la comédie dans un mauvais théâtre de boulevard que contribuer à solidement établir la maigre consistance de ce que le PS a cru bon d’élire pour représenter ses chances à la présidentielle de 2007. Décidemment, cette candidate est bien légère...

Algarath.


 
 
 
Forum lié à cet article

4 commentaires
  • mwarf 7 février 2007 14:46, par tony truand

    Le PS s’évertue à dire que le 11 février sera un moment de la campagne, en aucun cas un "moment de vérité". trois ou quatrième article anti-PS en 10 jours. ça devient lassant. devinette à 1 euro : Ashoka roule pour qui ?
    Tony

  • Bien que je mesure la haute teneur en tarte-à-la-crème du sujet et étant donné que c’est loin d’être la première fois que la lecture d’Oulala (et autres médias alternatifs) provoque cette impression, j’ai décidé de vous en faire part…
    Avant tout je tiens à préciser, cher Ashoka que j’apprécie votre plume et l’ensemble de vos texte, moins votre récente ségolite aiguë.

    Bien qu’elle soit légitime sur le fond, la forme m’interroge. Je dirais même que vu que vous êtes loin d’être le seul dans le cas de gauche à droite, l’acharnement soutenu des masses-médias contre Ségolène finirait presque par le rendre sympathique ! (j’ai bien écris « presque » !)
    Ce petit commentaire deviendra peut-être un grand texte adressé à tous ceux qui comme vous font feux de tout bois pour discréditer cette femme. Ici je serais le plus bref possible donc incomplet. Précisons que n’étant pas Français je n’aurais pas à prendre part à la farce électorale en vue, une certaine distance donc.

    Comprenez moi bien : il est évident qu’une critique est nécessaire et urgente ! Que Ségolène fait, selon moi, vous et bien d’autres, partie de celles et ceux qui usurpent l’idée socialiste.
    Mais par contre elle n’est pas responsable de l’incapacité des Français de gauche radicale ou non, à offrir une alternative aux électeurs. Puisque ici nous prétendrons qu’il est utile de cautionner la farce électorale en démocratie représentative (ou participative)….
    Or quand je lis et écoute les critiques formulées ici et ailleurs, étranges échos de la campagne de dénigrement des masses-médias, si je partage souvent le fond la forme prend trop souvent des accents machistes latents ou déclarés. Légèreté, naïveté, amateurisme, bourdes et long rire idiot…serait-elle idiote ? ou encore le grand classique "elle n’a pas la carrure (où l’on sent bien qu’un autre mot en paire de c.. ,brûlait les auteurs)
    Quand ce ne sont pas les considération hors-propos sur sa vie sentimentale et non professionnelle/conjugale, ses opérations de chirurgies esthétiques. Un des sommets fut sans doute atteint avec la publication par Marianne d’une comparaison vue sur Internet (Agoravox) entre la couverture du Times par Ségolène et une publicité pour le parfum Guerlain dont la perfide candidate se serait honteusement inspirée !
    L’idée en soit est déjà particulièrement ridicule, ce qui l’est encore plus se sont les arguments avancés révélant ce machisme que j’évoquais. Un des plus significatif étant l’hilarante accusation de présenter la « même cambrure de reins »…D’une part les rédacteurs doivent bouder l’opticien, d’autre part je ferais remarquer que Condie elle aussi est plutôt cambrée sans susciter pareil procès.

    Et la bravitude des bourdes ? Bien avant que les guignols ne le mettent si bien en scène, hors France nous étions déjà nombreux à penser : si c’était Sarko qui avait flatté l’esprit d’indépendance Québécois il est certain que les médias auraient souligné avec admiration le coté Gaullien d’une telle déclaration ! Or même vous vous faites le relais de telle manœuvre politicarde. C’est que Ségolène est une femme, pire une femme empreinte de féminité, gracieuse, charmante.
    Bien sûr qu’elle en use et usera de son Joker de posture féminin, comme tout homme use du sien.

    En Belgique le parti socialiste francophone a désigné deux femmes aux postes de ministre. Deux femmes féminines dont une particulièrement charmante.
    Or jamais la presse de masses ou alternative ne verse dans les dérapages machistes non contrôlés et révélateurs qui parcourent la France. Pas plus qu’au sujet des orientations sexuelles du président du parti socialiste et possible futur premier ministre, qui est ouvertement homosexuel.

    Il est possible, nécessaire de critiquer sans user d’allusions empreintes du premier des racisme : le machisme.
    Mais pourtant la première urgence que l’on décide de participer aux élections ou non, serait d’établir une stratégie pour éviter la catastrophe que serait la victoire de Sarkozy.
    A ce stade obliger celle qui se prétend socialiste à se radicaliser et donner des garanties me semble une option plus réaliste que de participer , même involontairement, à la campagne des atlantistes et néoconservateur européens.
    Pour un candidat radical au premier tour, ajuster et faire pression au deuxième.
    Car si la France est prête à faire face et à lutter contre une Ségolène présidente, je crains fort que l’atlantiste Sarko ne fasse qu’une bouchée de la démobilisation irresponsable des Français dits de gauche…

    Bien à vous.(toutes et tous !)

    Voir en ligne : activista

  • Tony,
    Ashoka ne roule pour personne. Ashoka est simplement désespéré qu’aucun candidat ne mérite de diriger notre beau pays. Ashoka roule pour les laissés pour compte, pour les Français qui se font trop facilement avoir par les promesses des politiciens.
    Ashoka roulerait pour un ou une candidate qui serait juste, qui aurait une vraie vision pour la France, qui rétablirait justice sociale et équité.
    En fait, Ashoka voudrait bien rouler pour quelqu’un mais, hélas, il devra attendre qu’une vraie pointure digne, crédible et désinterressé se présente. À ce rythme là, Ashoka ne pourra hélas jamais rouler pour personne.
    Ashoha-Algarath

  • Merci Activista et bonjour à la Belgique d’un Français émigré au Québec. Vu les moins 37 qu’il a fait ces jours-ci le bonjour est chaleureux mais ça prend du chauffage comme on dit ici.
    Oui, j’ai été frappé de ségolite aigüe et pourtant j’essaie de rester impartial, surtout que mon coeur ne bat qu’à gauche.
    Mais quand je pense qu’au lieu de proposer un programme en partie inspiré du PS et en partie mais en partie seulement concocté grace aux "débats participatifs" Ségolène Royal a voulu jouer cavalier seul. Le socialistes qui l’ont élue sont les plus grands baisés puisqu’elle n’en fait qu’à sa tête.
    Merci de votre fidélité et de vos remarques très pertinentes.
    Ashoka

 
 
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