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Urgence de l’engagement politique

par Raoul Marc Jennar, Michel Onfray, Yannis Youlountas

Un autre monde est en marche. Nous le pressentions. Nous l’entendons désormais. Il vient. Non pas vers les femmes et les hommes qui l’attendent mais à travers eux. Et ce n’est qu’à travers eux qu’il pourra advenir. A travers leur implication politique et, nécessairement, leur engagement politique.

La grande leçon du premier février 2007, jour de la candidature collective de José Bové, se situe d’après nous dans la victoire de la rébellion citoyenne sur l’impasse provoquée par des appareils politiques peinant à s’unir. Les femmes et les hommes qui ont réussi ce formidable pari l’ont fait en s’impliquant dans le débat politique au moyen d’un regroupement puis d’une pétition.

Cependant, cette implication ne saurait, à elle seule, suffire à la réappropriation de la politique par les citoyens. Si celle-ci est confisquée, cela vient moins du fait des organisations politiques que de la démission d’une majorité de citoyens désespérés, et pour cause. Le surgissement citoyen de ce mois de janvier, qui nous rappelle celui contre le TCE, nous offre à tous l’occasion de remédier à cette démission. Mais il nous faut pour cela aller au-delà de la signature au bas d’un appel. Il nous faut tous ensemble passer à l’engagement politique. Si nous ne nous occupons pas de la politique, la politique continuera à s’occuper de nous. Pour que le monde change, il nous faut chacun incarner ce changement, tant dans nos actes de la vie quotidienne que dans notre participation aux affaires de la cité.. Pour nous réapproprier la politique, nous devons être la politique. Pour ne plus la subir, nous devons la réinventer. Pour ne plus la souffrir, nous devons l’aimer.

La candidature collective de José Bové dépend doublement de l’obtention des 500 parrainages de grands électeurs (maires, conseillers généraux, conseillers régionaux...). D’une part parce que c’est une obligation institutionnelle. D’autre part parce que c’est la garantie d’obtenir le remboursement partiel des frais de campagne. Nous ne sommes pas soutenus par des lobbies financiers ni ne bénéficions des largesses d’un grand parti aux caisses pleines. Nous partons de rien avec pour seule richesse celle de la profonde nouveauté et du vrai changement. Notre défi est immense : changer la politique pour changer la vie. Mais il faut pour cela nous changer nous-mêmes, c’est-à-dire assumer ce qu’autrefois nous déléguions. Cette candidature collective, c’est la nôtre.

À tous ceux qui hésitent, parmi nous, à contacter les maires et le conseiller général de leur canton, il nous faut répondre : "osez, agissez, rayonnez. Nous sommes le changement. C’est à nous d’agir. À nous seul. À nous tous".

Plus encore que les centaines de maires des grandes communes qui reçoivent presque tous les consignes d’un parti, adressons-nous aux milliers de maires des petites communes qui font battre le coeur de la Nation et qui sont le plus souvent sans étiquette. Plus de trente mille sur quarante mille n’ont pas encore parrainé un candidat. Disons-leur qu’ils sont des nôtres, que notre candidature collective est la leur également, et que notre campagne citoyenne est une reprise en main de ce que nous avons trop longtemps abandonné : notre bien commun premier à tous les autres, la politique.

Les moments que nous vivons sont passionnants. Nous sommes tout près de réussir. Cela ne dépend que de nous. Cette responsabilité est intéressante. Car elle porte en elle non seulement l’existence future de notre campagne officielle, mais aussi l’essence profonde de notre aventure collective. Il ne s’agit pas seulement d’être efficace, mais aussi d’être, tout simplement, ce que nous aspirons à devenir : des citoyens agissants qui reprennent leurs affaires en main et qui obtiennent le respect en se respectant eux-mêmes.

Il est temps pour nous tous de nous engager. Les jours passent et l’heure tourne. Nous ne pouvons plus attendre, il nous faut choisir : soit nous entrons pleinement dans le défi politique pour choisir ensemble notre avenir, soit nous en sortons pour continuer à le subir.

L’autre monde possible, celui que nous avons autrefois appelé de nos voeux avec José Bové, est aujourd’hui en marche.

Au regard des générations passées, présentes et futures,

au regard de tous ceux qui souffrent,

au regard de tous ceux qui baissent encore les bras,

il est de notre responsabilité de refuser la fatalité, dès maintenant, pour le bien de tous.

RMJ, MO, YY.


 
 
 
Forum lié à cet article

7 commentaires
  • > Urgence de l’engagement politique 9 février 2007 17:01, par EDF/GDF 100 % public

    Peut on croire que Jose Bové va pouvoir changer quelque chose...!!!!
    Utopie utopie
    Il aurait mieux valu s’entendre avec le Pc , les alters et certain Troskiste et présenter une femme comme Clémentine Autain.
    D’ailleur Bové à part les OGM et se pavaner dans les forums alter-mondialiste, quid du Darfour, des sans logis du Kosovo, des services publics....Je ne crois pas que son mon puisse rassembler....
    Cest mon avis, je pense que le Non au référendum n’a pas permis un nouvel élan de la gauche alter, les dissensions sont vite revenu sur le devant de la scène....

  • > Urgence de l’engagement politique 10 février 2007 12:11, par Cristobal

    Alors que nous assistons en direct à la disparition du parti communiste français, j’avoue ma lassitude, voire même une indifférence grandissante, devant le cirque médiatique et le morcellement inaugural des "forces de gauche".

    Assurément, les cinq années qui viennent sont celles d’une transition du paysage politique. Et s’il est plus que nécessaire que José Bové recueille les 500 signatures indispensables pour qu’existe une voix alternative dans le cirque idio-visuel, je reconnais avoir de plus en plus de mal à me sentir concerné par les enjeux politiques à venir.

    Une dynamique enthousiasmante a été brisée en décembre 2006, et le temps risque de nous manquer avant qu’une nouvelle et profonde vague ne s’élève de nouveau.

    De là à croire qu’un Sarkozy triomphant puisse émerger de tout ce fatras, il n’y a qu’un pas : les français sont capables de tout, du meilleur (le NON !!! au TCE en mai 2005), comme du pire (reconduire et installer une politique ultra-libérale dans ce pays, destructrice du droit du travail, etc, etc, etc.....).

  • > Urgence de l’engagement politique 10 février 2007 14:43, par Leila

    Raoul même toi l’auteur de « La trahison des élites » tu co-écrit un texte avec Onfray, l’un des promoteurs du chocs des civilisations et initiateur et premier signataire de la pétition de soutien sans réserve à Redeker avec Finkielkraut et autre semeurs de haine.

    Onfray, dans le comité de campagne de José Bové ? Bové qui a affirmé à trois reprise être le candidat des sans voix ?

    Quel coup de poignard !!!

    J’ai écrit une lettre ouverte adressée à Bové que j’ai publié sur mon site et que j’ai proposé à Oulala, qui j’espère sera comme d’habitude le portail des sans voix et donc ne me fermera pas ses portes et publiera ma lettre.

    Dans le cas contraire, j’invite les lecteurs d’Oulala et toi aussi Raoul à lire ma lettre publiée sur mon site :

    Http ://www.antigone-net.net

    quelle déception !!!!!!!!!

    Voir en ligne : Onfray, promoteur du choc des civilsations

  • >NON, PAS AVEC ONFRAY ! 11 février 2007 22:30, par JACQUES RICHAUD

    Cher RAOUL , comme antigone je t’exprime ma stupéfaction de te voir cosigner un texte avec Michel ONFRAY qui a déclaré à France Inter aprés l’avoir écrit dans le Nouvel Obs qu’il désapprouvait totalement toute forme de révision constitutionnelle, partisan d’un pouvoir présidentiel "fort" et opposé à tout le chapitre institutionnel de nos cent vingt cinq propositions !

    Je le dis clairement ; il nous faut rendre sa signature de soutien à Michel Onfray et lui demander de choisir un autre candidat auprés duquel il puisse faire mousser son égo bien peu reluisant.

    L’autre remarque faite suffirairt à elle seule à justifier la même conclusion ; Onfray est un islamophobe maladif qui n’a rien à faire dans les campagnes des collectifs, toutes tendances confondues...Je sais que certains cercles parisiens faisaient même de lui à un moment le candidat possible de"synthèse" de nos divergences...

    Tout cela en dis long sur l’aveuglement de certains "alters" auprés desquels je regrette que tu "grille" l’immense crédibilité qui est la tienne. Personne n’ a oublié ce que te dois la victoire du "non" dans ce pays.

    Rendre un avenir encore possible, ce n’est surement pas en se laissant instrumentaliser par un cabot faussement laïc qui n’a sans doute pas même lu les cent vingt cinq propositions avant de souhaiter se retrouver auprés de José Bové ; lui aussi devrait prendre ombrage de ce voisinage douteux.

    Amicalement, Jacques RICHAUD (collectif 31)

  • Pas Mr Onfray 13 février 2007 07:16, par Mohamed

    Bonjour,
    Je suis décu par vous Mr jennae , comment vous aussi clairvoyant et precis dans vos informations , avez vous pu co-ecrit cet article interessant avec Mr Onfray. Cet homme dont certains article montre son irrespect envers l honnetete intelectuelle. Libre à vous bien entendu mais tout de meme, il y a quelque chose qui m’echappe, vous Mr Jennar , je ne comprends pas.

    Cordialement,Mohamed

  • > Urgence de l’engagement politique 13 février 2007 16:11

    On ne serait pas en train de tout mélanger ?

    Merci et José et Raoul et les autres de faire ce travail difficile pour proposer une alternative à ceux que ni PS, LCR, PCF ou Verts n’intéresse (et j’en fait partie).

    Quand à la présence d’un philosophe médiatique dans cette campagne, qu’on s’intéroge je suis d’accord, mais que pour ce simple fait on remette en question la candidature même de José, alors non !

    Clément, Bolivarien

  • > Urgence de l’engagement politique 13 février 2007 22:05, par leila salem

    Je ne remets pas en cause la candidature de José Bové.

    La présence d’Onfray dans le comité de candidature de Bové est une douche glacée pour moi et les raisons sont expliquées dans ma lettre

    Cependant, malgré ce cheveu (Onfray) dans notre soupe anti-libéral, je tiens à affirmer mon soutiens à José Bové.
    J’ai toujours admiré son courage,
    c’est une personne au passé irréprochable et ses actions militantes en faveur des opprimés montrent que Bové est le candidat de ceux qui croient qu’un autre monde est possible et qu’ensemble nous devons le construire.

    Bové n’est pas Onfray et vice versa.

    J’ai confiance en Bové et c’est sûr, je voterai pour lui.

    Voir en ligne : http://www.antigone-net.net

 
 
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