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Déchaînement médiatique sur l’échange des prisonniers en colombie

Un « échange de prisonniers » entre les FORCES ARMEES
REVOLUTIONNAIRES DE COLOMBIE (FARC) et le gouvernement
colombien devrait être à l’ordre du jour de la réunion du G8. Le sujet ne
sera probablement abordé que brièvement mais il occupera sûrement
une place de choix dans les communiqués de presse de l’Elysée
Les médias français serviles mettent d’ores et déjà cet évènement au
crédit du Président SARKOZY DE NAGY BOCSA qui accorde ainsi
spectaculairement son appui à ALVARO URIBE un des dirigeants les plus
répressifs et meurtriers de la planète, un pratiquant résolu du terrorisme
d’Etat, un ferme soutien des escadrons de la mort qu’il accueillait dans
son ranch dans les années 80, un protecteur des trafiquants de drogue et
un des plus fidèles serviteurs des Etats-Unis.
Dis-moi qui tu soutiens, je te dirai qui tu es !

Un communiqué des FARC du 4 Juin - traduction ci-dessous - donne
une plus juste idée de la situation en COLOMBIE et de la réalité de cet
« échange ».

La tromperie

1- Avec la libération orchestrée des prisonniers, le Président cherche à masquer
sa véritable intention d’empêcher les autorités judiciaires de progresser dans
leurs enquêtes sur des parlementaires, des militaires, des personnalités et sur
son propre gouvernement au sujet de leurs relations avec la narco-parapolitique
et de sa responsabilité dans les crimes nombreux et épouvantables
contre des civils accusés de soutenir la guérilla et tout aussi inutilement il
prétend émettre un écran de fumée pour cacher l’espionnage téléphonique
qu’il a lui-même ordonné et utilisé et sa servilité chaque jour plus indigne
devant les diktats de la Maison Blanche.

2- Cette farce Uribiste est une autre tromperie vis-à-vis des familles et des amis
des prisonniers des deux côtés qui, de surcroît, falsifie les caractéristiques des
prisonniers pour gonfler les chiffres et met dans le même sac :
- des guérilleros, lesquels maintiennent leur dignité révolutionnaire en
repoussant la tromperie de la proposition et en exigeant un véritable
échange
- des déserteurs qui ont trahi les FARC et qui, de ce fait, ont cessé d’être
des guérilleros et ne peuvent naturellement plus faire l’objet d’aucun
échange
- des civils accusés d’être des guérilleros

3- L’annonce démagogique de libération unilatérale des prisonniers n’a rien à
voir avec un véritable échange entre l’Etat et l’insurrection révolutionnaire
dans lesquels seront définis : critères, dates, nombres, garanties et
mécanismes. Les FARC repoussent les fausses promesses de ceux qui
prétendent transformer l’appel national à un échange humanitaire en
propagande pour porter remède aux blessures résultant de la politique
néolibérale*(NDT [1]) et terroriste d’un régime illégal comme celui d’URIBE.

4- la concrétisation d’un accord d’échange exige réalisme politique et sérieux
de la part du gouvernement et l’abandon du double jeu officiel qui prévaut :
tandis que pendant qu’il nous distrait avec la propagande sur la libération des
prisonniers, les troupes officielles continuent de tenter des opérations de
sauvetage à feu et à sang sans accorder aucune importance à la vie et à la santé
des prisonniers. Nous réaffirmons aujourd’hui la nécessité de dégager les
communes de Flondo et Pradera pour concrétiser là- bas les termes d’un
accord humanitaire*(NDT [2])

N.B.
Ajoutons (5 Juin 2007), ce que les FARC ne précisaient pas dans leur communiqué
du 4 Juin, que certains prisonniers qui n’ont rien à voir avec les FARC sortent de
leurs prisons devant les caméras de télévision et sont conduits discrètement dans
d’autres et que la libération spectaculaire de RICARDO GRANDA, dirigeant des
FARC enlevé dans la rue à CARACAS par un commando colombien infiltré au
Venezuela en 2004 en complète illégalité enlève une belle épine du pied à URIBE.

05.06.2007
comaguer@nomade.fr


Notes

[1Dans le cadre de cette politique néolibérale les escadrons de la mort sont
utilisés non seulement contre la guérilla mais aussi contre toute personne
soupçonnée de la soutenir et contre les militants syndicaux. La justice colombienne
tente ainsi en vain de faire extrader pour les juger des cadres de la multinationale
bananière US Chiquita qui avait eu recours aux services des paramilitaires pour
faire assassiner des militants syndicaux dans les plantations

[2Les FARC font allusion à des opérations menées par l’armée
colombienne dans des zones où celle-ci suppose que sont détenus les prisonniers des
FARC et visant à les libérer par la force au risque de provoquer un bain de sang
dont, évidemment, elle rendrait les FARC responsables.
Les FARC demandent au contraire que les échanges aient lieu dans des zones
démilitarisées.


 
 
 
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