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La france d’en bas a déjà enlevé le bas

La Bruyère disait :"Il y a une fausse modestie qui est vanité, une fausse grandeur qui est petitesse, une fausse vertu qui est hypocrisie, une fausse sagesse qui est pruderie. ". Le chanoine Raffarin devrait méditer...

Giscard d’Estaing (lire article 26 janvier 2002 "VGE, un very gros ego") a donné l’exemple d’une France courageuse, qui travaille, qui se sacrifie. La France d’en bas dont on exige qu’elle accepte que le coup de pouce donné traditionnellement au SMIC soit planté dans ses pauvres fondements tout en la suppliant de faire digne dans la misère.
Le prix de l’essence a dans le même temps augmenté, celui du téléphone également, ceux de l’électricité, du timbre poste, des transports itou, tout augmente donc sauf les plus bas salaires. C’est sans doute cela que nomme l’Incontestable Raffarin, "une France solidaire et juste".
Les pauvres n’ont de toute façon que faire du prix du timbre, ces gens-là écrivent si peu et quand bien même il leur viendrait l’idée saugrenue de le faire, ils seraient avisés, pauvres hères incultes, de s’en abstenir. Pour ne pas faire honte à la France de la Culture.
Quant aux carburants, ils sont par essence réservés aux propriétaires de véhicules automobiles. Et on peut s’interroger sur ce mimétisme ridicule qui pousse un misérable smicard à acquérir une voiture (mais avec quel argent, malheureux ?) comme un vulgaire nanti.
Quant à l’électricité, il suffit de lire la brochure éditée par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise d’Energie (ADEME) pour utiliser à bon escient ses conseils en matière d’économie et d’optimisation de ses appareils électriques. Quoi qu’il en soit, il reste toujours la bougie, écologique et romantique. Ces êtres frustres de la "France d’en bas", pourraient ainsi économiser quelques sous tout en se réchauffant aux courants néo-poétiques du 19e siècle.
Que d’histoire, finalement, pour quelques pour cent appliqués aux produits de base de la consommation française.

Celui qui aurait pu être Raffarin mais qui n’est que Jacques Barrot, autre rantanplan de VGE déclara récemment que si "l’UMP réussit, la démocratie française fera des progrès". L’inénarrable Barrot, homme du terroir auvergnat, comme Raffarin du Poitou, qui sait faire le dos rond, prendre des airs de chanoine modeste tout en ayant occupé une foultitude de ministères, qui a su mener sa carrière politique avec une dextérité toute sarkozyenne, cet homme là vient parler de démocratie, exhorte les Français à la discipline et aux sacrifices.
Comme son bon maître Giscard, sans doute qui, grâce à son entregent, a su se faire nommer en début d’année 2002 Président de la Convention sur l’avenir de l’Europe. Avec, nous l’écrivions ici même en janvier des prétentions financières et sociales totalement mégalomaniaques. Et carément insultantes pour les Français d’en bas.

On sait la vénération que vouent Raffarin et Barrot pour l’ex. Et c’est sans doute à la lumière de sa vie d’ascète qu’ils entendent que la France d’en bas se saigne aujourd’hui pour des lendemains qui, nul n’est besoin d’être grand clerc pour le deviner, auront la forme interpellative d’un gigantesque bras d’honneur.

Djam


 
 
 
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